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Dominique Besnehard : L’homme qui aimait les actrices

Publié le 20 mars 2014

Agent de stars devenu producteur, il a fêté ses 60 ans entouré de toutes celles, devenues ses amies  qu’il a consolées, conseillées et conduites au sommet de leur art.

Dominique Besnehard livre

Pour ses 60 ans dont 40 passés au service du septième art, Dominique Besnehard a décidé de se raconter dans Casino d’hiver, publié chez Plon, avec la complicité du critique de cinéma Jean-Pierre Lavoignat. Celui qui a été directeur de casting, agent artistique chez Artmedia, comédien avec 90 films à son actif, s’est mis à son compte en 2006, et produit désormais des films avec sa société Mon Voisin productions.

Véritable découvreur de talents, il a consacré sa vie à sa passion pour les acteurs, et bien plus encore pour les actrices. Cinq femmes, cinq véritables stars de la chanson, du cinéma et de la politique ont fait battre son cœur : Nathalie Baye, l’amie de trente ans, Sylvie Vartan, son idole de toujours, Marlène Jobert, la star de sa jeunesse, Béatrice Dalle, sa sœur, et Ségolène Royal, celle qui l’a blessé…

Avec Nathalie Baye, plus de trente ans d'amitié
Avec Nathalie Baye, plus de trente ans d'amitié

Nathalie Baye, la sœur rêvée
C’est en 1981, sur le tournage du Retour de Martin Guerre, avec Gérard Depardieu et Bernard-Pierre Donnadieu, que Dominique et Nathalie Baye sont devenus amis. Une complicité qui résiste au temps. Depuis trente ans, il a été de toutes les fêtes et de tous les drames aussi dans la vie de l’actrice.
Il a partagé les Noëls dans la Creuse, la naissance de Laura, dont il est le parrain avec Eddy Mitchell. Il lui a trouvé sa nounou, celle des jumelles Green, filles de son amie Marlène Jobert. Il a répondu présent chaque fois que Nathalie a eu besoin de lui.
De son côté, elle lui a prodigué de précieux conseils, l’encourageant à devenir agent chez Artmedia, puis lui recommandant de créer, à 52 ans, sa propre société de production.
Il a poussé le sens de l’amitié jusqu’à risquer sa vie et son emploi et affronter la colère de Maurice Pialat qui, une scie à la main, menaçait de le tuer, s’il quittait le tournage d’À nos amours, pour passer le réveillon avec Johnny et Nathalie !

1989. Avec Sylvie Vartan au mariage de David Hallyday et Estelle
1989. Avec Sylvie Vartan au mariage de David Hallyday et Estelle

Sylvie Vartan, l’idole de sa jeunesse
Il a rencontré l’idole de sa jeunesse juste après le tournage du Retour de Martin Guerre, lors de son concert au Palais des Sports, en 1981, grâce à l’attachée de presse Yanou Collart.
La première fois qu’il l’avait vue sur scène, lui, le petit Normand, fils d’épiciers d’Houlgate, c’était un cadeau de sa marraine pour ses 10 ans, en février 1964. Il avait assisté à l’Olympia de Sylvie Vartan, assis dans les premiers rangs. Elle a chanté six chansons juste avant le passage des Beatles. Dominique est le seul à ne pas rester : les fans des Anglais avaient osé chahuter sa star préférée ! Il n’en avait que pour elle ! Tout son argent de poche y passait. Il possède encore tous ses disques.
Depuis leur rencontre, elle est toujours présente à chacun de ses anniversaires. De son côté, Sylvie l’a adopté : il est de tous les mariages, comme celui de David avec Estelle en 1989.« Je la défendais toujours. Quand je lisais dans France Dimanche qu’elle avait été sifflée au Cannet, j’en étais malade. »
Ils n’ont connu qu’une seule brouille légère en trois décennies, lors de l’élection présidentielle en 2012. « Elle était pour Sarkozy et moi pour Hollande. » Mais ils se sont réconciliés depuis ! Sylvie est venue à la fête donnée pour ses 60 ans, organisée chez Jean-Michel Ribes le 10 février dernier au théâtre du Rond-Point.

1981, Marlène, la star de ma jeunesse. Sur le tournage de
1981, Marlène, la star de ma jeunesse. Sur le tournage de "Une sale affaire" d'Alain Bonnot

Marlène Jobert, sa première cliente
Dans le panthéon du petit Besnehard, il y avait l’idole Sylvie Vartan et la star Marlène Jobert. Il a vu tous ses films, même ceux interdits aux moins de 18 ans, avant d’avoir 12 ans ! Au casino d’Houlgate qui faisait aussi salle de cinéma, Dominique entrait par la sortie de secours. « C’est la première actrice dont je sois littéralement tombé amoureux. C’était un sentiment presque érotique. »
Lecteur assidu de Ciné Revue, il écrivait à ses artistes préférées, toutes des actrices. Et surtout à Marlène Jobert. C’est grâce à Claude Berri et à Un moment d’égarement qu’il a croisé la route de sa star. Claude Berri est alors marié à Anne-Marie Rassam, mais a eu auparavant une longue histoire d’amour avec Marlène.
Elle sera sa première cliente : Dominique va devenir son agent et son confident. Ils deviennent intimes au point de partager la même chambre à Cannes.

2002. Avec Béatrice Dalle au festival de Cannes
2002. Avec Béatrice Dalle au festival de Cannes

Béatrice Dalle, avec elle, il voulait un enfant
C’est Dominique Besnehard qui a découvert Béatrice Dalle, en avril 1985. Pour son dernier film en tant que directeur de casting, il a repéré le potentiel de la jeune femme qui posait en couverture de Photo-Revue. « Ce fut pour moi l’occasion de faire une rencontre, dont je peux dire, aujourd’hui, qu’elle a changé ma vie ! » Le film s’appelle 37°2 le matin, et c’est la troisième collaboration de Dominique avec Jean-Jacques Beineix.
De 1985 à 2014, Dominique Besnehard ne sera fâché avec Béatrice que deux ans. Un exploit ! Il lui a conservé toute son affection, même dans les périodes les plus terribles, traversées par cette actrice passionnée. Durant ses dix ans d’amour avec JoeyStarr, comme pendant ses brèves passions pour des artistes comme Ruppert Everett ou Jim Jarmusch, qui a tenté de l’aider à se sortir de sa dépendance à la drogue, mais aussi après de mauvaises rencontres, qui ont fait passer la star de la Une des magazines people à la page des faits divers.
Cette femme qu’il a profondément aimée est la seule avec laquelle il s’imaginait faire un enfant : « Elle, je sais qu’elle aurait été une bonne mère. Et quand elle aurait été fantasque, je m’en serais occupé », a-t-il confié au Point.

Ségolène Royal, sa blessure
Il l’a rencontrée au Festival de La Rochelle de 2004, où il était venu défendre le film d’Olivier Assayas, Clean. « Elle me faisait penser à une actrice. Avec, en même temps, une force, une détermination, un courage, même, que n’ont pas toujours les actrices », écrit-il.
Pour elle, il a organisé des dîners, des rencontres pendant la campagne présidentielle de 2007, ne devenant l’un de ses intimes qu’après sa défaite. Il passe les vacances d’été 2007 à Mougins, dans le même hôtel que son garde du corps et celui de Brice Hortefeux, va à la plage avec elle et lui passe même de la crème solaire dans le dos.
Et puis est arrivé André Hadjez… Dominique a été rejeté. Ségolène l’a accusé dans la presse de n’avoir rejoint sa campagne électorale que par intérêt. Une attaque qui a été pour lui comme un coup de couteau dans le dos, à tel point qu’en plein festival d’Angoulême, il s’est déchiré un muscle. Impossible de lever le bras, le médecin qui l’a ausculté lui a demandé s’il n’était pas en deuil !
Oui, Dominique a aimé Ségolène Royal jusqu’à la déchirure.

Dominique Préhu
Avec la collaboration de Cédric Potiron
Photos : collection personnelle

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