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Dominique Farrugia : "J'ai l'impression d'être un boulet !"

Publié le 25 octobre 2021

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Atteint de sclérose en plaques depuis l'âge de 29 ans, Dominique Farrugia révèle l'étendue de son calvaire dans un livre confession…

Ils étaient quatre. Comme les Mousquetaires, mais en plus drôles… Et puis un triste jour de la fin des années 80, l'un d'entre eux s'éteint, victime d'une infection liée au sida. Le choc est si terrible pour Dominique Farrugia qu'il s'écroule et développe quasiment en même temps une sclérose en plaques. La « SEP ».


Cette maladie neurodégénérative, qui détruit peu à peu la capacité de se mouvoir, l'oblige depuis cinq ans à se déplacer en fauteuil roulant, après une chute qui a rompu les ligaments croisés de son genou. Ce calvaire, il le raconte dans Elle ne m'a jamais quitté, publié aux éditions Robert Laffont, témoignage bouleversant, plein d'humour et de pudeur, d'un homme qui garde un moral d'acier face aux épreuves. « Je suis convaincu que la mort, en 1989, de Bruno Carette, l'un des fondateurs des Nuls [avec Chantal Lauby et Alain Chabat, ndlr], a été déterminante dans la déclaration de ma maladie, a confié le producteur au Parisien Magazine. Il n'avait que 33 ans. J'en avais 27. Ça a été […] d'une grande brutalité. »

Si, les premières années, le réalisateur de Sous le même toit, sorti en 2017, a préféré cacher la vérité au public, une chute, en 1998, l'oblige à recourir à l'aide d'une canne, et à se dévoiler : « Tout à coup, les gens ont compris pourquoi je titubais. Avant, il m'est arrivé d'être traité de soûlard dans la rue. Quelques années plus tard, je suis contraint de passer à la béquille, puis à deux. Et la maladie devient visible. »

Cela n'empêchera pas celle qui partage aujourd'hui sa vie de tomber amoureuse de ce personnage à l'incroyable force de caractère, qui lutte à chaque instant contre son mal : « J'ai rencontré ma femme il y a dix-neuf ans, a-t-il encore expliqué à nos confrères. Elle est d'une importance capitale dans ma vie. Elle m'a épousé en sachant que j'avais cette maladie et elle m'aide par son amour. On a fait deux enfants [Mia, née en 2008, et Zoé, en 2010, ndlr], après s'être assurés que la maladie n'était pas héréditaire. Être un papa qui ne fera jamais de vélo, qui n'ira pas courir au parc, c'est compliqué. Ma famille doit s'adapter à ces besoins. Alors oui, j'ai parfois l'impression d'être un boulet. »

Un « boulet » qui, en trente ans, n'a malgré tout jamais cessé de se donner à fond dans toutes ses activités. Et même si, comme Dominique Farrugia l'affirme avec regret dans les pages du Parisien, il ne peut pas tenir la main de sa femme en marchant, cet incroyable boulimique de travail qui a fait de la bonne humeur une philosophie de vie a abattu des montagnes. Malgré son handicap, il a accompli de belles prouesses : « J'ai produit des films, j'en ai réalisé, j'ai créé les chaînes Comédie ! et Cuisine TV, dirigé Canal… Ce sont des étapes fondatrices. Ma vie est faite de passion et de rire. »

Après trente années passées à vivre au rythme que la sclérose en plaques a choisi de lui imposer, le comédien a aussi voulu témoigner pour tous ceux qui, comme lui, n'ont pas la chance de marcher sur leurs deux jambes : « Ils [les politiques, ndlr] disent qu'ils vont s'occuper des 12 millions de Français touchés par le handicap. Mais ils nous laissent de côté. On nous parle de ville inclusive. Regardez Paris. C'est super pour les vélos. En fauteuil roulant, c'est bien moins praticable. Sur les 300 stations de métros, seules les treize de la ligne 14 sont accessibles. » Et ce courageux artiste d'ajouter : « Et si tout le monde se prenait en main pour essayer de faire quelque chose de différent pour une partie de la population qui paie ses impôts, qui vit en France et qui a envie d'exister ? »

À l'heure où la campagne électorale pour l'élection présidentielle a déjà commencé, puissent les candidats entendre son message…

Clara MARGAUX

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