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Donald Trump : L’homme qui divise les femmes !

Publié le 24 novembre 2016

Malgré des déclarations vulgaires et misogynes tout au long de sa campagne, � 42 % des Américaines � ont voté pour Donald Trump. Qu’est-ce qui fait courir les femmes derrière lui ?

Avec son côté vieux beau botoxé et peut-être teint, Donald Trump a quelque chose de Hugh Heffner, le créateur de Playboy : 100 % macho, alignant fièrement les conquêtes, toujours entouré de femmes trophées sculpturales affichant en moyenne 50 ans de moins que lui. Mais comme tous les machos, Trump ne supporte pas qu’une femme lui résiste ou le contrarie.

C’est non seulement de l’ingratitude (Trump pense comme un papa gâteau, voire comme un parrain de la Mafia), mais en plus, cela blesse profondément son narcissisme. Une femme qui dit non, c’est une menace pour sa virilité. Alors, il devient sexiste, misogyne, haineux. Il jure, rabaisse, insulte, comme cette fois, où contrarié par la pugnacité de Megin Kelly, une journaliste de CNN, il a déclaré qu’elle était de mauvaise humeur car elle avait probablement ses règles (« il y avait du sang qui sortait de ses yeux et d’autres parties de son corps… »).

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Dragueur

Le paradoxe, c’est que, malgré une campagne brutale, jalonnée par les tweets misogynes, les mots salaces, voire orduriers, et les sorties sexistes, le nouveau président des États-Unis ne s’est pas aliéné les électrices américaines : elles sont près de 50 % à avoir voté pour lui.

Déjà, il a largement bénéficié du soutien de « ses » femmes. La campagne a définitivement soudé le clan. Ainsi, Ivana, sa première épouse, la mère de ses trois aînés, qui avait quand même affirmé avoir été violée par son Donald, est revenue sur ses propos, en même temps qu’elle se déclarait candidate au poste d’ambassadeur américain en Russie. Pendant toute la campagne, elle a apporté un soutien sans faille à son ex-mari…

En 2005, Melania devient la troisième femme de Donald Trump. Elle est désormais la première des Etats-Unis
En 2005, Melania devient la troisième femme de Donald Trump. Elle est désormais la première des Etats-Unis

Idem pour les filles, les sœurs, les petites-filles, toutes ont fait bloc autour de lui. Melania, sa dernière femme, jure ses grands dieux qu’elle n’a jamais eu à souffrir de son sexisme. Marla Maples, sa seconde épouse pendant six ans, la maman de Tiffany, n’a elle aussi que des mots élogieux, pour l’homme « qui a changé sa vie ». Même son de cloche pour la progéniture du nouveau président : Tiffany soutient qu’il est le meilleur papa du monde. Ivanka, son aînée, qui gère une grande partie de ses affaires, vante ses qualités professionnelles et ne semble pas s’offusquer que son père ait pu un jour déclarer : « Si elle n’était pas ma fille, je sortirais peut-être avec elle. »

Ce soutien familial s’explique facilement : tout le monde y gagne, que ce soit les généreuses pensions alimentaires versées aux ex ou l’immense gâteau qu’il reste à partager. Ce qui est plus étonnant, c’est que près de la moitié des Américaines (et 52 % des femmes blanches) se sont prononcées en faveur de Trump le sexiste.

Car si les critiques se font féroces chez les électrices de Hillary Clinton, le son de cloche est totalement différent chez celles qui ont voté pour Trump. Elles se montrent indulgentes et mettent les mots outranciers sur le compte de la campagne. En gros, il n’est pas aussi sexiste que ça, il voulait juste se faire remarquer.

« Les hommes disent parfois ce genre de bêtises, mais Donald Trump a aussi fait de grandes choses, a déclaré, Amanda, une de ses électrices. Ce ne sont que des mots et, en tant que femmes, l’émotion et la peur ne doivent pas altérer notre jugement. »

Bien sûr, ces dames, souvent issues de milieux populaires, en ont entendu d’autres. Leurs maris, leurs compagnons, leurs frères parlent souvent comme Donald Trump. Et l’image de la femme véhiculée par le nouveau président – une maman qui reste à la maison, élève les enfants, cuisine bien et passe le plumeau – ne les dérange pas trop. Autour d’elles, les hommes pensent la même chose, et elles ne semblent pas vraiment en souffrir. Dans l’Amérique rurale, dans les faubourgs des villes dévastées par le chômage, les femmes ne se sentent pas troublées par les manières de dragueur lourd du Président, elles ont connu pire.

Quand la presse a révélé des propos tenus en privé par Trump, se vantant de peloter les femmes sans jamais se faire rabrouer, Jane Biddick, une de ses électrices, a déclaré : « Eh bien, moi, j’aime ça, être pelotée. Se peloter, c’est un truc sain. C’est ce que font les couples normaux. » Sous-entendu : peut-être bien que Trump n’est pas du genre à participer aux tâches ménagères, mais au moins, au lit, il assure !

Superman

Voilà pourquoi cette Amérique traditionnelle et religieuse, qui couvre les 7/8 du territoire, a préféré la photo de famille des Trump : des gens nombreux et souriants, un grand-père et une (jeune) grand-mère, entourée d’enfants et de petits-enfants. Une big happy family (une grande famille heureuse), bien plus séduisante que celle des Clinton, où trois bourgeois compassés semblent afficher un sourire forcé.

De plus, pour certains « experts », le côté conservateur n’explique pas tout. À en croire Susan Kolod, une psychologue de New York – qu’on ne saurait soupçonner d’appartenir à la frange réactionnaire du pays –, Trump, entrepreneur prospère et vedette de la télé-réalité, correspondrait finalement à ce que la plupart des femmes recherchent (même inconsciemment) : un compagnon fort et protecteur, un bel homme, un chevalier servant toujours prêt à voler, tel Superman, au secours de sa dulcinée.

Bref, si Donald Trump a du succès auprès des femmes, c’est tout simplement parce qu’il serait un avatar du prince charmant…
Carlos Herrera

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