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DSK : Rattrapé par le scandale Nafissatou !

Publié le 19 octobre 2020

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Neuf ans après le Sofitel, Dominique Strauss-Kahn doit affronter les récentes révélations de la femme de chambre…

Neuf ans après le scandale planétaire qui a éclaté le 14 mai 2011 à New York, Dominique Strauss-Kahn pensait son sulfureux passé bien loin derrière lui. À la tête de Parnasse International, un cabinet de conseil financier domicilié au Maroc, dans la zone franche de Casablanca, l'ex-patron du FMI a fait fortune en conseillant les dirigeants du Togo, du Niger, du Mali et même du Congo. Heureux en affaires, l'homme âgé de 71 ans l'est aussi côté cœur, puisqu'il file le parfait amour depuis 2013 avec Myriam L'Aouffir, rencontrée lors d'un voyage en Corse.


Très épris, DSK a épousé cette femme d'origine marocaine en octobre 2017, et coulait, depuis, des jours paisibles dans son riad de Marrakech. Jusqu'au jeudi 10 septembre où, tel un coup de tonnerre, un événement imprévu est venu assombrir ce bonheur : ce jour-là, notre confrère Paris Match sort en exclusivité une interview de Nafissatou Diallo, qui parle enfin, après neuf ans de silence ! Dans les colonnes de l'hebdomadaire, elle affirme : « Si c'était à refaire, je referais exactement pareil. Ce qui est arrivé m'est tombé dessus. »

Et l'ancienne femme de chambre de 41 ans de vider son sac, sans épargner l'ancien ministre. Dévastée, elle l'affirme d'entrée au cours de cet entretien poignant dans un centre chrétien de Brooklyn : elle ne sera « jamais heureuse », car depuis l'« affaire » qui a « gâché sa vie », elle vit un véritable calvaire. « J'ai été submergée de lettres, d'inconnus le plus souvent, qui me parlaient comme si j'avais touché le jackpot et me demandaient de l'argent, se souvient-elle. Certains m'accusaient d'avoir piégé DSK, de l'avoir fait chanter. Il y a eu tout un tas de théories du complot… J'ai dû quitter mon appartement, emménager dans un immeuble sécurisé en dehors de New York. »

Autre révélation : la malheureuse garde une rancune féroce envers son bourreau, qu'elle aimerait chasser à jamais de son esprit. « Je ne veux plus penser à lui », soupire-t-elle, toujours incapable de prononcer le nom de son agresseur. Lui, c'est ce client célèbre et influent du Sofitel – hôtel très chic de Manhattan où l'immigrée venue de Guinée a décroché un job qui lui permet d'offrir à sa fille Amina une vie décente –, dont elle affirme avoir été victime le 14 mai 2011. « Ce jour-là, ma joie de vivre s'est envolée définitivement », confie Nafissatou en larmes. Depuis, elle s'efforce d'oublier, mais impossible pour elle de marcher dans la rue sans être interpellée par des anonymes qui lui rappellent malgré eux son lourd passé : « Les gens me disent des choses gentilles. Ils ne savent pas, en fait, qu'ils me replongent dans ce cauchemar. »

Mais que s'est-il vraiment passé dans la suite n° 2806 du palace new-yorkais ? Même si Nafissatou Diallo rappelle brièvement la nuit de l'agression, c'est la tête haute qu'elle réitère sa version des faits, évoquant « un accident » pour nommer cette tentative de viol et de séquestration dont elle accuse DSK à l'époque. « Je venais de nettoyer une chambre voisine, la 2820, raconte-t-elle. Dans le couloir, je demande au collègue qui sort de la 2806 si elle est libre. “Oui”, me dit-il. Conformément au règlement, je crie trois fois Housekeeping ! [ménage, ndlr]. Personne ne répond. Donc j'entre en laissant la porte entrouverte. » La femme de ménage n'y aperçoit aucun bagage. « Dans le salon, je répète Housekeeping ! Je m'apprête à entrer dans la chambre, sur la gauche, quand je vois apparaître cet homme nu. Alors, je m'écrie : “Oh mon Dieu ! Je suis désolée.” » Puis tout est arrivé… Et quand cela a été fini, je me suis enfuie en crachant partout. » Dégoûtée et profondément meurtrie, Nassifatou court ensuite raconter ce qu'il vient de lui arriver à son responsable qui alerte la police. S'ensuit l'arrestation de l'ancien homme politique qui clame son innocence, plaidant, bien plus tard à la fin de son procès, un geste qu'il pensait consenti. Mais au grand étonnement de Nassifatou, la justice pénale abandonnera toutes les charges contre son agresseur. La victime s'engage, quant à elle, à ne jamais le poursuivre en justice. Il se murmure qu'elle aurait accepté une somme d'un million de dollars en échange de son silence…

Depuis neuf ans, elle ne demandait donc qu'une chose : tirer un trait sur l'« affaire ». Mais comment oublier les horreurs qu'elle a lues et entendues ? On l'a traitée de menteuse et certains affirmaient même qu'elle avait utilisé Dominique Strauss-Kahn pour gagner de l'argent. « Je ne me remettrai jamais de la façon dont les procureurs de New York m'ont traitée. À cause de ce qu'ils m'ont fait subir, j'ai eu envie de me suicider. J'ai été traitée de prostituée ! », se souvient-elle anéantie. « J'ai dit la vérité et j'ai été privée de justice », déplore-t-elle. Malgré tout, elle tente de se reconstruire. En 2015, elle ouvre un restaurant de spécialités guinéennes Chez Amina, dans le Bronx, qui lui permet, au début du moins, de « redresser la tête », mais cette belle aventure vire au cauchemar et elle finit par fermer.

Ces révélations, tour à tour émouvantes et révoltantes, reviennent aujourd'hui comme un boomerang pour Dominique Strauss-Kahn, comme marqué au fer rouge par cette sombre journée du 14 mai 2011…

Valérie EDMOND

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