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Elizabeth II : Chassée de Buckingham !

Publié le 10 juillet 2015

Alors que son palais tombe en ruines, la reine Elizabeth II est sommée de faire ses� valises�.

Les soirs où la reine Elizabeth II arpente les longs couloirs de son palais londonien pour regagner ses appartements privés après avoir reçu un hôte illustre dans les salons d’apparat, elle a le cœur qui saigne. C’est en effet à la lueur du soleil couchant qu’elle ressent jusque dans sa chair le délabrement de cette demeure si chère à son âme.

La peinture écaillée, le plancher qui s’affaisse, le plafond qui par endroits menace de s’effondrer sont en effet autant de signes que la résidence de la souveraine et de ses glorieux ancêtres est en train de sombrer.

Ce naufrage, « Lilibet » n’en a que trop conscience. Lorsqu’elle pénètre dans sa suite, les neuf pièces qu’elle occupe avec son époux, le prince Philip, elle, si frileuse, ne peut en effet réprimer un frisson. Les fenêtres qui ferment mal laissent passer l’air et la pluie. Quant aux chaudières, elles ont plus de 60 ans !

Fuites

Mais, ce qui inquiète le plus la reine, c’est l’état déplorable de la toiture du château. Des fuites dans la fameuse galerie des tableaux nécessitent d’y installer des seaux dès qu’il pleut ! Quel drame si les magnifiques toiles de Rembrandt, Van Dick, Rubens, ou encore Vermeer, acquises avec amour par ses ancêtres, venaient à disparaître, irrémédiablement endommagées par l’eau qui s’infiltre dans les murs ?

Sa Majesté n’est pas la seule à s’alarmer de l’état catastrophique du plus célèbre monument de Londres. English Heritage, l’organisme issu du ministère de la Culture britannique, chargé de la protection du patrimoine historique en Angleterre, a récemment tiré la sonnette d’alarme.

Résultat : le palais de Buckingham doit subir un monumental et très onéreux chantier de rénovation. Le coût des travaux à mener sur l’imposante demeure de 775 pièces est évalué à 211 millions d’euros !

Si elle se réjouit que l’on donne un coup de jeune au vénérable bâtiment, Elizabeth II est néanmoins aujourd’hui en grande souffrance. Car, comme l’a annoncé le porte-parole de Buckingham, la souveraine va devoir faire ses valises et s’installer au château de Windsor – lui aussi en piteux état – jusqu’à la fin des travaux.

Un véritable crève-cœur pour Sa Majesté. Car cette perle de la Couronne n’est pas seulement l’épicentre de la monarchie britannique depuis l’accession au trône de la reine Victoria en 1837, c’est avant tout son sweet home, une maison peuplée de souvenirs et de cris d’enfants.

Elizabeth II« Lilibet » n’a que 12 ans lorsqu’elle s’installe avec ses parents à Buckingham Palace. Elle y coule des jours heureux avec sa sœur Margaret jusqu’à son mariage avec le duc d’Édimbourg en 1947 et revient y vivre après la mort de son père le roi George VI en 1952. Buckingham, où Elizabeth élève ses quatre enfants, est depuis le théâtre de tous les événements familiaux, baptêmes et mariage, et son fameux balcon face au Mall reste le lieu mythique où les Windsor se rassemblent pour saluer la foule lors des grandes occasions.

Les travaux de rénovation prendront plusieurs années et la souveraine qui soufflera ses 90 bougies le 21 avril prochain redoute peut-être de n’être plus de ce monde lorsque le château ouvrira à nouveau ses portes.

De plus, d’autres nuages s’amoncellent à l’horizon. Un groupe d’activistes antimonarchistes du nom de Republic exige que le palais soit transformé en musée et que la reine s’installe à la résidence Saint-James. « Buckingham Palace appartient à la nation et non pas à la famille royale. Ce sont eux qui l’ont laissé se délabrer parce qu’ils ne voulaient pas payer les travaux », a récemment fulminé le président de ce groupe, Graham Smith.

En cette période de crise, de nombreux Anglais qui doivent se serrer la ceinture après l’annonce de nouvelles mesures d’austérité par le Premier ministre, David Cameron, sont révoltés par l’insolente prospérité et le train de vie fastueux de leur famille royale.

Profitant de l’explosion des prix de l’immobilier, les revenus issus des domaines de la reine ont atteint la somme record de 400 millions d’euros l’an dernier, selon le Crown Estate, la société privée qui gère le patrimoine royal. Outre les palais de Balmoral ou Sandringham, la monarchie contrôle en effet la quasi-totalité de Regent Street et la moitié de Saint-James, l’un des plus prestigieux quartiers de la capitale.

Rien d’étonnant donc à ce que certains sujets de Sa Gracieuse Majesté estiment que c’est à leur reine, l’une des femmes les plus riches du monde, de puiser dans sa cassette pour payer les travaux de rénovation de Buckingham Palace ainsi que ceux – estimés eux à quelque 4 milliards d’euros – du palais de Westminster, lui aussi en ruines.

Espérons que la souveraine Elizabeth II, qui supporte depuis tant d’années sa lourde charge, pourra surmonter ces nouvelles épreuves…

Catherine Venot

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