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Elizabeth II : Exfiltrée de Buckingham !

Publié le 2 avril 2020

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Jusqu'au bout, la souveraine a voulu tenir, ne pas céder à la panique et ne pas s'avouer vaincue face au coronavirus. Hélas, pour celle qui fêtera ses 94 printemps le 21 avril, c'est maintenant une question de vie ou de mort...

Face à la terrible pandémie qui fait des ravages partout dans le monde, la Reine aura résisté jusqu'au dernier moment… Pour cette femme d'honneur et de devoir, il était en effet hors de question de déserter Buckingham Palace pour se mettre lâchement à l'abri, et abandonner ses sujets à leur triste sort. Hélas, au Royaume-Uni comme ailleurs, le nombre de personnes infectées ne cesse de progresser. Ce lundi, un bilan officiel annonçait 1 950 contaminations et 55 victimes. En réalité, le gouvernement britannique estime le nombre de cas à 55 000.


Autre sujet d'inquiétude, la stratégie mise en place par Boris Johnson pour lutter contre l'épidémie. Alors que la plupart des pays d'Europe ont opté pour des mesures radicales, dont le strict confinement des habitants, le Premier ministre britannique avait, lui, pris le parti, risqué, de « l'immunité collective ». Il estimait en effet qu'en laissant le virus circuler en toute liberté, la population finirait par s'auto-immuniser…

Face la progression effarante du Covid19, il a toutefois enjoint ce mardi ses concitoyens à « mettre fin à tous les contacts sociaux non essentiels et à tous les déplacements non indispensables ». Mais ceux-ci restent libres de circuler, dÕaller au pub, au théâtre, au restaurant, puisque tous les lieux recevant du public demeurent ouverts… Depuis quelques jours déjà, la Couronne britannique avait décidé de prendre des mesures afin de protéger la souveraine particulièrement vulnérable face à la maladie au regard de son grand âge. Pour cette quarantaine loin de Londres, plusieurs options avaient été envisagées.

Dans un premier temps, c'est le château de Windsor qui avait été privilégié comme base de repli, puis ses conseillers lui avaient suggéré d'aller se terrer dans sa résidence secondaire de Sandringham qu'elle affectionne tant. Une propriété beaucoup moins impersonnelle dans laquelle elle pourrait se sentir comme dans un cocon. D'autant qu'elle y retrouverait son époux, Philip, 98 ans, pour lequel elle se fait beaucoup de souci. En effet, comme l'indiquait le Sun : « Le duc, en mauvaise santé, est le plus souvent cloué au lit. »

Mais pour Elizabeth, le devoir passe avant tout, même sa vie de famille. Imaginer qu'elle puisse quitter le palais en ces temps de crise ? C'était bien mal la connaître ! Elle, qui a donné toute sa vie à son pays… Elle, qui n'avait pas hésité à s'enrôler dans l'armée britannique en pleine Seconde Guerre mondiale. Elle, la battante, la guerrière, déserter lâchement le front ? Sûrement pas ! Qu'on se le dise une fois pour toutes, elle n'abdiquerait jamais même au plus fort de la bataille.

Déjà à l'adolescence, son sens du devoir était sa seule ligne de conduite. En 1940, Londres est bombardé par les Allemands. Buckingham Palace est frappé par un avion ennemi, mais la famille royale, refuse de quitter la capitale malgré les recommandations du gouvernement. De septembre 1940 à mai 1941, les bombes vont dévaster Londres. Les quartiers populaires de l'Est, le palais de Westminster, la cathédrale Saint-Paul et même la chapelle de Buckingham sont touchés. Ces attaques, loin d'abattre la reine Elizabeth, épouse du roi George VI et maman de la future Elizabeth II, renforcent au contraire sa volonté de ne pas battre en retraite.

Inspirée par cet exemple, la jeune Lilibeth n'a plus qu'une obsession : s'engager dans l'armée ! Mais on lui interdit formellement d'endosser l'uniforme, par devoir envers la Couronne qui lui intime l'ordre de ne pas mettre sa vie en danger. La frondeuse insiste auprès de son papa, le roi George VI, qui a servi dans la Royal Navy et la Royal Air Force durant la Première Guerre mondiale. Mais celui-ci refuse tout net de céder à ce qu'il considère comme un caprice.

Or, la princesse rebelle a de la suite dans les idées. Pendant un an, elle le presse de la laisser participer à l'effort de guerre. Comprenant que sa fille ne lâchera rien, le roi cède. Peu avant son dix-neuvième anniversaire, la jeune femme rejoint les auxiliaires féminines de l'armée de terre.

En février 1945, elle obtient le grade de sous-lieutenant. Sa silhouette gracile sanglée dans une combinaison kaki, elle devient mécanicienne. Bientôt, les rouages des moteurs n'ont plus de secret pour celle qui conduit aussi des ambulances ou des camions comme personne, jamais la dernière à appuyer sur le champignon. Et une fois promue capitaine honoraire, la princesse est remplie de fierté…

Le 8 mai 1945, jour qui sonne la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, Elizabeth en compagnie de sa sœur Margaret se mêlera anonymement à la foule en liesse dans les rues de Londres…

Mais c'est hélas une autre guerre que Lilibeth doit mener aujourd'hui. Une guerre où le courage consiste justement à ne pas prendre de risques. La souveraine, qui fêtera ses 94 ans le 21 avril prochain, est en danger de mort, cible privilégiée d'un virus particulièrement létal pour les personnes du troisième âge. Et pour ce peuple auquel elle s'est consacré durant tout son long règne, il est essentiel qu'elle reste en vie. Alors, la mort dans l'âme, la reine s'est résignée à écouter ses conseillers qui la suppliaient de se mettre au vert. Comme l'expliquait une source royale : « Buckingham Palace est au milieu de Londres et dispose également d'un personnel plus important que d'autres domaines, il est donc considéré comme un endroit beaucoup plus dangereux. Le palais accueille un flux constant de visiteurs, notamment des politiciens et des dignitaires du monde entier. »

Depuis ce jeudi 19 mars, c'est donc à Windsor, bien plus proche de Londres que Sandringham, que la souveraine exerce désormais ses fonctions. Exilée oui, mais pas confinée. En effet, elle entend bien honorer ses rendez-vous, comme les audiences prévues avec Boris Johnson et l'évêque d'Hereford. Du fond de ce château, entouré d'un parc immense, Elizabeth continue de régner, plus que jamais proche de ses sujets. God Save the Queen !

Valérie EDMOND et Lili CHABLIS

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