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Elizabeth II : Le jubilé de diamant de la reine

Publié le 1 juin 2012

Impulsive, colérique, mais tellement drôle ! Elizabeth II a traversé 60 ans de règne avec une grâce toute royale et sans le moindre faux pas.

Mais dans l'intimité, c'est une tout autre personne. Portrait. Voici des mois qu'outre-Manche, les sujets de Sa Gracieuse Majesté Elizabeth II se préparent à fêter les 60 ans de l'accession au trône de leur souveraine.

Du samedi 2 juin au mardi 5 juin, des centaines de milliers de Britanniques participeront en effet aux célébrations qui marqueront le jubilé de diamant d'Elizabeth II, une reine exceptionnelle, qui a toujours assumé avec dignité sa lourde tâche. Mais derrière ce monarque respecté se cache une femme comme les autres qui, petite fille, rêvait non pas d'être reine mais d'épouser un fermier !

->Voir aussi - Elizabeth II : Ça sent le gaz à Balmoral !

Pour sa première apparition en public, le 29 mai 1926, Elizabeth n'a d'ailleurs pas le maintien royal qu'elle affiche aujourd'hui en toutes circonstances ! Au moment de son baptême, célébré dans la chapelle du palais de Buckingham, la petite princesse n'arrêtait pas de hurler. « Il a fallu lui donner un peu d'eau d'aneth pour la calmer », raconte une dame d'honneur de la reine Mary, sa grand-mère.

C'est que notre Lilibet a du caractère ! Difficile de lui résister quand elle a une idée derrière la tête ! Ainsi, un jour, alors qu'elle suppliait son grand-père de faire le cheval, le très austère George V, pour lui faire plaisir, s'est mis à quatre pattes et a henni avec conviction sous l'œil admiratif d'Elizabeth, qui le tirait par la barbe !

Enfantillages

Au cours des années qui vont suivre, la future souveraine grandit en sagesse. Il n'empêche qu'elle a parfois du mal à se contrôler. Dans son livre The Little Princesses, Marion Crawford, la gouvernante d'Elizabeth, décrit une scène qui illustre merveilleusement ce petit travers. « Un jour qu'elle s'ennuyait ferme pendant le cours de mademoiselle, Lilibet s'est emparée du gros encrier en argent posé sur le bureau et se l'est renversé sur la tête ! », raconte-t-elle.

Une scène qui ne se répétera plus. Lorsqu'en 1937 son père George VI monte sur le trône, Elizabeth comprend qu'en tant que future reine, elle ne peut plus se permettre ce genre d'enfantillages. Elle prend alors ses études très au sérieux, se passionne pour la politique et on la voit, à tout juste 12 ans, s'entretenir avec aisance avec l'ambassadeur des États-Unis, Joseph Kennedy !

La jeune Anglaise a cependant d'autres cordes à son arc ! Pendant la guerre, la princesse se passionne pour... la mécanique ! À 19 ans, elle intègre la branche féminine de l'armée britannique et apprend à monter et démonter des moteurs de camions ! Mais tandis qu'elle conduit des véhicules militaires, le cœur de la jeune femme bat pour un bel officier de marine, son cousin Philip Mountbatten, engagé dans la Royal Navy dans la guerre contre le Japon.

C'est grâce à une épidémie d'oreillons qu'elle a fait sa connaissance, à l'âge de 13 ans ! Élève du collège royal naval de Dartmouth, Philip, qui a échappé à l'épidémie, est en effet chargé de distraire Elizabeth et Margaret lorsque George VI et ses deux filles effectuent une visite sur le campus. Pour Lilibet, c'est le coup de foudre. Au cours des années qui vont suivre, les jeunes gens se revoient à Buckingham et à Balmoral et, en 1944, Philip reçoit l'autorisation de faire officiellement sa cour à Elizabeth.

Selon Marion Crawford, la princesse pose alors une photo de son amoureux sur le manteau de la cheminée de sa chambre et l'embrasse sagement tous les soirs avant de se coucher ! Le 20 novembre 1947, rayonnante de bonheur, elle épouse son bien-aimé à l'abbaye de Westminster.

Un bonheur que vit Sa Majesté depuis 65 ans, malgré quelques scènes de ménage homériques ! Alors que Philip bouscule parfois sa femme, la remet même à sa place en la traitant de bloody fool (sacrée idiote), il arrive aussi parfois à Elizabeth de perdre son calme. Un reporter australien, Loch Townsend, a été ainsi le témoin d'une prise de bec royale : « La porte s'est ouverte, le prince Philip est sorti en courant, suivi par une raquette et une paire de chaussures de tennis volant dans les airs. Puis la reine est apparue, elle a traîné son mari à l'intérieur du chalet et la porte s'est refermée en claquant », confie- t-il.

Bonne épouse malgré ces quelques disputes, mère aimante, Elizabeth est aussi et peut-être avant tout une reine écrasée par une lourde charge de travail : elle passe en effet trois heures, chaque jour, à lire des documents officiels. Quant aux audiences, gare aux bavards qui les font traîner en longueur ! Sa Majesté leur fait savoir son déplaisir en pianotant nerveusement sur son sac à main ! Et lorsque certaines réunions s'éternisent, Elizabeth feuillette discrètement un exemplaire de son magazine favori, Sporting Life, qu'elle tient sur ses genoux ! Le soir, la souveraine, qui a de l'humour, fait hurler de rire sa famille en imitant certaines personnalités politiques.

Lorsqu'elle se déplace, la reine ne voyage pas léger ! Elizabeth ne part en effet jamais sans son eau de Malvern (pour la digestion), sa bouilloire, ses confitures préférées, ses saucisses de chez Harrods et son oreiller ! Quand c'est à son tour de recevoir à Buckingham des hôtes de marque, elle se met en quatre et supervise elle-même le choix des livres et des friandises qui seront mis à leur disposition.

Mais certains invités ne bénéficient pas de ce traitement de faveur. Pendant le séjour du dictateur roumain Nicolae Ceausescu et de son épouse, Sa Majesté, qui ne voulait pas leur parler, s'est cachée derrière un buisson du parc de Buckingham en les voyant marcher dans sa direction !

Dadas

Heureusement, malgré un emploi du temps chargé, Elizabeth a un peu de temps libre qu'elle consacre à ses hobbies. Passionnée de chevaux depuis qu'elle est toute petite, la souveraine, qui a une écurie de pur-sang, adore parier. On a pu la voir trépigner comme une écolière lorsque son cheval arrivait dans la dernière ligne droite. Accro aux puzzles géants et aux mots croisés du Daily Telegraph, elle dévore également les romans policiers d'Agatha Christie et va parfois au théâtre à Windsor avec des amis.

Mais c'est le cinéma qui est sa passion. Jeune, Lilibet s'échappait d'ailleurs du palais, avec son écuyer, Lord Plunket, pour aller voir un film dans une salle proche sans être reconnue ! En tout cas, Elizabeth ne fait pas la fortune des salons de beauté ! Un coiffeur attitré, toujours le même, vient au palais une fois par semaine, et le reste du temps, elle se donne elle-même un coup de peigne. Elle utilise également très peu de cosmétiques : juste un peu de poudre et du rouge à lèvres, toujours écarlate. Seuls témoins des ablutions de Sa Majesté : les canards en plastique jaune avec une couronne qui trônent sur le rebord de sa baignoire !

Mais depuis quelques années, Elizabeth a d'autres dadas ! Ainsi, elle ne peut plus se passer de son téléphone portable, offert par son fils Andrew. « Elle le maîtrise parfaitement », a confié un habitué de la cour. Souveraine à la pointe des nouvelles technologies, Elizabeth II s'est initiée, il y a quatre ans, à l'informatique et possède sa propre page sur Facebook, où l'on peut trouver des photos officielles de la famille royale !

Catherine Venot

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