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Elizabeth II : Son été meurtrier !

Publié le 8 septembre 2019

Ce n’est pas la canicule mais une vague de scandales qui submerge la reine Elizabeth II depuis quelques semaines.

En 1992, la souveraine avait déjà connu son « annus horribilis », une année de tous les dangers qu’elle n’est pas prête d’oublier. Vingt-sept ans après, Elizabeth II semble revivre le même cauchemar. Mais cette fois, douze mois n’auront pas été nécessaires pour faire vaciller son trône. La période estivale aura suffi pour que Sa Très Gracieuse Majesté se retrouve, bien malgré elle, dans l’œil d’un véritable cyclone.

Le dernier scandale en date, aux dimensions planétaires, a bien de quoi l’angoisser. Car les noms de son fils préféré, le prince Andrew, 59 ans, et celui de son ex-épouse, Sarah Ferguson, se retrouvent cités dans l’affaire Epstein, ce financier qui se serait donné la mort par pendaison ce 23 juillet, dans la prison où il attendait d’être traduit devant les tribunaux pour « exploitation sexuelle de mineures ».

Cet homme de 66 ans, doté d’un carnet d’adresses aux allures de Bottin mondain (qui comptait notamment Bill Clinton et Donald Trump), ne se contentait pas de suggérer à ses clients le meilleur moyen de placer leur argent. Il savait aussi pimenter leurs loisirs en leur faisant rencontrer des jeunes femmes. De très jeunes femmes même, à en croire les documents récemment rendus publics par le parquet de New York.

Et parmi les pièces déposées au dossier figurent les propos tenus par une certaine Virginia Giuffre, née Roberts, une Américaine qui accuse le duc d’York de l’avoir sexuellement abusée alors qu’elle était encore mineure. Des relations tarifées qui se seraient produites sur l’île privée d’Epstein dans les Caraïbes, ainsi qu’à Londres et à New York. Vous me direz que, compte tenu de sa profession, la victime était sans doute consentante, mais il n’en demeure pas moins vrai qu’aux yeux de la justice d’outre-Atlantique, Andrew se serait rendu coupable de pédophilie.

Une charge pour le moins sérieuse ! Et comme si cela ne suffisait pas à ses malheurs, voilà qu’une autre femme, Joanna Sjoberg, affirme que le frère cadet de Charles lui aurait peloté les seins sans lui demander sa permission. Huitième dans l’ordre de succession au trône d’Angleterre, le prince a donc de sérieux soucis à se faire.

Reste qu’en cas de coups durs, le chouchou de la reine peut toujours compter sur le soutien indéfectible de sa mère chérie. Et si, en 2011, cette dernière n’était pas parvenue à le couvrir dans un autre scandale, lorsque ses relations avec des hommes d’affaires russes proches de la mafia locale l’avaient contraint à démissionner de son poste de représentant britannique au commerce extérieur, Elizabeth compte bien cette fois le tirer des griffes acérées de la justice américaine.


Le Palais a en effet très vite réagi aux lourdes accusations pesant sur son enfant terrible : « Il s’agit d’une procédure qui se déroule aux États-Unis et qui ne concerne en rien le duc d’York, a déclaré à la chaîne NBC son porte-parole. Nous démentons catégoriquement tout sous-entendu de quelconques actes illégaux avec des mineures. » Autre preuve que la souveraine ne laissera jamais tomber son fils plongé en pleine tourmente, elle l’avait convié, le week-end dernier au service religieux dominical de Balmoral, la propriété écossaise de la famille royale. Dans un communiqué du 18 août, « son Altesse royale déplore l’exploitation de tout être humain et laisser entendre qu’il pourrait cautionner, participer ou soutenir de telles pratiques est abominable ». Ces contre-feux éviteront-ils à Andrew la honte de se retrouver traduit devant un tribunal ? Peut-être, mais sa réputation, déjà bien entachée, n’en sortira sûrement pas indemne.

Ce d’autant plus que son ex-épouse, la flamboyante rousse Sarah Ferguson, dont il est divorcé depuis vingt-cinq ans, se retrouve, elle aussi, éclaboussée par le scandale Epstein depuis qu’un article paru dans le magazine Vanity Fair en 2011 est, comme par hasard, ressorti des tiroirs. Le journal avançait que si, depuis leur séparation, le duc d’York subvenait largement aux besoins de son ex, les fonds ne sortaient pas de sa poche mais de celles, bien garnies, de son grand pote Epstein ! « La principale raison pour laquelle Andrew traînait avec Jeffrey, a expliqué un témoin, était de récupérer de l’argent pour Sarah. Il se sentait responsable d’elle. » Et la même source d’ajouter que si certains journaux estiment à 15 000 euros la somme que la célèbre rouquine aurait reçue du financier, celle-ci aurait en réalité perçu des centaines de milliers de dollars de sa part.

Que l’accusation soit avérée ou non, « Fergie » paie déjà les pots cassés. À peine quarante-huit heures après son arrivée au château de Balmoral, la reine (qui tolère d’ordinaire tout juste sa présence) l’a priée de plier bagage. Humiliée, la mère des princesses Beatrice et Eugenie a dû en plus prendre de plein fouet la vague d’insultes soulevée sur les réseaux sociaux par les révélations du magazine.

Et comme un scandale n’arrive jamais seul, une autre affaire scabreuse a refait surface dans l’hebdomadaire américain National Enquirer. Et c’est au tour de Charles d’être mis en cause. La famille de l’un de ses anciens valets, George Smith, décédé en 2005, réclame la réouverture de l’enquête sur le viol supposé du jeune domestique par l’homme de confiance du prince de Galles, Michael Fawcett. Les faits remonteraient à 1989, mais Smith ne les a rendus publics qu’en 2002.

Il racontait alors avoir accepté de boire un verre chez Fawcett, lequel aurait drogué sa boisson. Endormi, il ne gardait aucun souvenir précis de la suite des événements, jusqu’à ce qu’il se réveille avec son pantalon descendu sur ses chevilles et découvre des preuves de son agression sexuelle. À l’époque, le Palais avait tout fait pour discréditer la victime présumée, qualifiant ses allégations de mensonges d’un alcoolique, et la justice avait donné raison à Fawcett, qui, aujourd’hui encore, travaille pour Charles.

Elizabeth, l’on s’en doute, aurait préféré que personne n’exhume cette vieille histoire qui semble avoir affecté son caractère d’habitude si pondéré. En ce moment, un rien suffit à mettre en colère celle qui suivait pourtant à la lettre la devise des Windsor : never complain, never explain (ne jamais se plaindre, ne jamais se justifier). Ainsi a-t‑elle piqué une colère noire en découvrant sa résidence de Balmoral transformée en décharge publique par les hordes de touristes l’ayant visitée avant son arrivée, au point de poster sur son compte Twitter des clichés de détritus jonchant ses pelouses d’ordinaire d’un vert immaculé.

Et si la reine s’était jusqu’à présent bien gardée de manifester ses opinions, sa fureur n’épargne plus désormais le personnel politique. À en croire le Sunday Times, elle serait consternée par la qualité médiocre de ceux et celles qui gouvernent son royaume, alors que le feuilleton du Brexit se poursuit et que la perspective d’un no deal (une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord préalable) se profile désormais depuis que l’imprévisible et gaffeur Boris Johnson est devenu Premier ministre. Bref, ce n’est pas la canicule qui a fait souffrir Elizabeth cet été, et elle doit attendre les langueurs automnales avec impatience.

André MORLAIX

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