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Elizabeth Taylor : La dernière reine !

Publié le 21 avril 2021

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Disparue il y a dix ans, Elizabeth Taylor a été l'ultime star de l'âge d'or de Hollywood. Sa beauté lui assura de belles victoires sur les cœurs et les spectateurs avec des rôles mythiques.

On croyait Queen Elizabeth immortelle. Après tant de fausses alertes, la nouvelle de sa mort est tombée pour de bon le 23 mars 2011. Elle avait 79 ans. C'est alors un pan de l'histoire du cinéma hollywoodien qui s'éteint en même temps qu'une vie dédiée au vertige de l'amour. D'un battement de cils – qu'elle avait en deux rangées à cause d'une anomalie génétique –, cette reine de beauté au regard d'améthyste et teint de tanagra était une invitation à l'empire des sens. En près de cinquante films dont certains règnent encore sur les foules sentimentales, cette actrice tout en instinct, tour à tour ensorceleuse, bombe sexuelle, femme amoureuse, star sublime était le dernier Géant d'un âge d'or hollywoodien révolu. Le parcours de cette incarnation de l'hypersensualité et figure de proue des tabloïds est à la mesure d'un 7e art qui magnifiait sa magie et incarne aussi celui de l'émancipation des femmes en faveur d'une sexualité assumée et désirée.

Elle naît le 27 février 1932 dans le riche quartier de Hampstead, dans la banlieue de Londres. Fille d'un marchand d'art et d'une comédienne contrariée reconvertie en mère à temps plein, elle suit des cours de danse et de chant. Visage de chérubin, chevelure de jais et regard scintillant implorant les étoiles, elle a tout de la petite fille modèle. L'ange noir a l'âge de raison lorsque la guerre la contraint à rallier l'Amérique. Sa mère veut faire de sa fille une enfant star. Son père ouvre une galerie d'art à Los Angeles, permettant de côtoyer le gotha. Le patron de la Metro Goldwyn Mayer recherche une petite beauté qui fasse la paire avec un colley. En 1943, elle est la vedette de La Fidèle Lassie, avec le chien mascotte. Puis elle fait ses classes avec un autre animal, un cheval dans Le Grand National, avant d'incarner la fille idéale pour Mon père et nous et de s'affadir en blonde dans la première version des Quatre Filles du Docteur March.

Elle grandit vite, chasse l'enfance à mains nues. À 17 ans, elle forme un couple avec son homonyme, Robert Taylor, dans Guet-apens. Sa féminité explose avec Le Père de la mariée en 1950. Elle se fait objet de désir. « Je devins consciente de mon corps. En une seule journée, j'appris à être aguichante, à prendre des poses provocantes. Bref, j'acquis du sex-appeal », dit-elle lors d'une séance photo pour Life. Sa libido se déboutonne.

Elle tient son premier grand rôle de vamp dans Une place au soleil en 1951 où elle séduit Montgomery Clift. La femme se dessine et se fait ravageuse. En costume d'époque dans Ivanhoé, elle s'offre de l'exotisme avec La Piste des éléphants et est partenaire de James Dean pour son dernier film, Géant. Hollywood est sa maison. Elle est reine en ce royaume : visage en gloire, goût de l'insolence, esprit bravache et caractère de tigresse. Elle rugit à plaisir.

Ses avances adoratrices sont notoires avec déjà deux maris à son tableau de chasse. Son corps volcan s'enorgueillit d'une surexploitation. Elle attire dans ses filets le producteur Mike Todd. Il lui révèle son potentiel sexuel, l'inspire dans ses choix professionnels, la couvre de bijoux. Sur la pellicule, elle forme un couple incendiaire avec Paul Newman dans La Chatte sur un toit brûlant, d'après Tennessee Williams. Le tournage est vite funeste : la faucheuse entre dans son histoire d'amour, Mike Todd se tue en avion. Elle a mal à la vie mais intègre encore l'univers tourmenté de Tennessee Williams dans Soudain l'été dernier. Elle réconforte Monty Clift, se mesure à Katharine Hepburn. Elle reçoit un Golden Globe mais manque l'Oscar raflé par Simone Signoret.

La Vénus au vison lui permet d'obtenir enfin la statuette. En 1963, elle a la force d'attraction d'un astre géant en Cléopâtre. La reine d'Égypte lui vaut un cachet d'un million de dollars. Le film shakespearien est un bide mais sa rencontre avec Richard Burton en Antoine lui fait mordre le bleu du ciel. Leurs corps se font et se défont sous la lune, les étoiles et l'objectif des paparazzis. D'une même voix, le Vatican et le Congrès américain les condamnent. Prince agité des nuits sans fin, Burton lui offre les plus beaux diamants et rubis. Leur union est féconde à l'écran.

En 1966, après Hôtel international et Le Chevalier des sables, le drame conjugal à coups de verres pleins et de querelles vidées Qui a peur de Virginia Woolf ? vaut à l'actrice un deuxième Oscar. Les amants terribles partagent ensuite l'affiche des films La Mégère apprivoisée, Les comédiens et Boom. Entre-temps, Liz Taylor devient l'icône pop d'Andy Warhol aux premières heures de la société de consommation et nourrit les affamés de gazettes sucrées-salées.

Loin de Richard Burton, son étoile pâlit : criminelle psychopathe dans Terreur dans la nuit, vedette caution d'une ridicule coproduction américano-soviétique pour L'Oiseau bleu ou dans une piètre adaptation d'Agatha Christie, Le miroir se brisa, en 1980. Elle racle les tréfonds de son âme, porte haut son autodestruction, grossit trop. En zones troubles, les années fondent comme neige pour la reine. Le temps est assassin. Elle tente de le suspendre et rajeunit au milieu des années 80.

Le cinéma la boude, la télévision la courtise : elle joue dans Hôpital central et prête même sa voix aux Simpson ! La chaîne ABC lui propose un autoportrait dans le téléfilm Une vie de star, en 1986. L'histoire d'une actrice qui a connu une vie sentimentale agitée, fait des séjours dans des hôpitaux psychiatriques et accepte de tourner une série télévisée. Impitoyable dédoublement et piètre épilogue d'une carrière dorée à l'or fin.

Les années 80 sont aussi celles de son engagement. Affectée par la mort de Rock Hudson en 1985, elle crée l'Amfar, fondation pour la recherche sur le sida. En 1988, elle publie un livre-confession et cultive ses amitiés, notamment avec Michael Jackson. À sa mort en 2009, dame Liz Taylor – anoblie par la reine d'Angleterre en 2000 – affirme : « Mon cœur, mon âme sont brisés. J'aimais Michael de tout mon cœur et je ne peux pas imaginer ma vie sans lui. » Elle le rejoindra peu de temps après, le 23 mars 2011.

Liz Taylor eut un appétit d'ogresse, en témoignent ses huit mariages et sept époux. Une collection nuptiale qui illustre le magnétisme qu'elle exerçait. À 18 ans, elle épouse Nicholas Hilton Jr, héritier de l'empire hôtelier du même nom. Le coup d'envoi d'une longue série. Elle enchaîne avec l'acteur Michael Wilding en 1952. En 1957, c'est Mike Todd qui passe devant l'autel. Il périt dans un accident d'avion en mars 1958. Elle se console en 1959 dans les bras du chanteur Eddie Fisher. Arrive enfin le grand amour : Richard Burton, rencontré sur le tournage de Cléopâtre. Ils se marient en mars 1964, divorcent en 1974, se remarient en 1975 et redivorcent en 1976. Suivront deux autres mariages, avec un sénateur républicain, John Warner, et avec un entrepreneur en bâtiment, Larry Fortensky.

Dominique PARRAVANO

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