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Emmanuel et Brigitte Macron : Visés par un drone !

Publié le 24 août 2018

Le survol au-dessus de la résidence d’été d'Emmanuel et Brigitte Macron a fait dégainer les policiers chargés de la sécurité du fort.

Après une année « vraiment intense », le couple Macron aspirait à des vacances reposantes, si tant est qu’un président de la République en exercice puisse bénéficier d’un réel congé estival.

D’où la sortie alambiquée de son entourage au moment où il s’apprêtait à rejoindre le fort de Brégançon le 3 août dernier : « Il va prendre du repos tout en continuant à travailler dans une ambiance calme. »


D’ailleurs, à peine avait-il déposé ses bagages dans sa chambre avec vue sur mer, que Theresa May, la Première ministre britannique, le retrouvait pour une réunion et un dîner privé en compagnie de leurs conjoints respectifs, durant lesquels il a sans doute été question du Brexit.

Ce devrait être la seule rencontre internationale du président lors de ses quinze jours passés au fort.

L’Élysée a d’ailleurs tenu à préciser au sujet du chef de l’État que ses « sorties sont toutes privées ».

Casse-tête

Mais ce mot a-t-il vraiment un sens le concernant ?

Car dès que les Macron mettent un bout de tong hors de Brégançon, ils sont forcément épiés et entourés.

D’autant que, d’après Le Canard enchaîné, le président a l’intention de
« multiplier les sorties pour aller à la rencontre des Français ».

Il l’a d’ailleurs prouvé, dès le lundi 6 août, en s’offrant un bain de foule à Bormes-les-Mimosas, parlant de tout et de rien avec les anonymes venus à sa rencontre.

Même si cela tourne au casse-tête pour leur service de sécurité, Brigitte et Emmanuel ont tranché et pris les devants.

Pour eux, un président travaille à l’Élysée, passe ses week-ends à la Lanterne, à Versailles, et ses étés, à Brégançon.

Et ils ont bien l’intention d’y faire venir leurs enfants et petits-enfants sans pour autant les obliger à barboter dans la Méditerranée.

D’où l’idée de la fameuse piscine qui a fait couler beaucoup d’encre bien avant d’être remplie d’eau chlorée.

Un petit bassin hors-sol en bois de 10 m sur 4 et profond de 1,2 m, construit pour la modique somme de 34 000 euros. 

Une dépense financée, selon la présidence, par la boutique du fort et les visites du public et amortie par les économies sur la surveillance à hauteur de 60 000 euros « soit le prix de deux embarcations de gendarmerie, d’ordinaire dévolues au sauvetage en mer, qui sont mobilisées l’été pour la protection du président ».

Tant pis pour les paparazzis campant jour et nuit sur la plage publique située à 200 m, à portée d’objectifs.

Mais c’était peut-être compter sans l’inventivité de ces photographes et sur les progrès de la technologie.

Car, même si la famille Macron a tout fait pour rester à l’abri derrière les hauts murs de la forteresse ou sous les nombreux oliviers, pins, cyprès et mimosas du grand jardin, leur sécurité a été menacée dès le début de leur séjour !

Il semblerait en effet que l’on ait voulu porter atteinte à l’intimité du président !

Ainsi, le lundi 6 août, un drone a survolé le fort malgré l’arrêté interministériel du 14 mars 2008 qui a créé une zone réglementée interdisant le survol, par tout aéronef, à moins de 3 300 pieds (environ 1 000 m) et dans un rayon de 3 km comprenant le fort de Brégançon pour la période du 3 au 28 août 2018.

Cette inquiétante infraction renvoie à celle de janvier 2015, lorsqu’un appareil du même type avait survolé l’Élysée pendant quelques secondes.

Cette fois encore, une enquête a été ouverte par le parquet pour « conduite d’un aéronef non conforme avec les règles de sécurité ». 

L’engin volant est tombé à l’eau après avoir été neutralisé par un brouilleur d’ondes, d’après les informations délivrées par la préfecture du Var.

A-t-il été récupéré ?

Les photographes sont-ils bien les instigateurs de cette opération ?

Là encore, l’enquête est moins transparente que la Grande Bleue.

Aucune piste n’est écartée pour l’heure, car on se souvient aussi que l’an dernier un jeune homme de 23 ans a été arrêté après avoir écrit sur Internet vouloir acheter une Kalachnikov pour tuer le président lors du défilé du 14 juillet !

Une tentative avortée faisant écho à celle de Maxime Brunerie, un jeune étudiant d’extrême droite qui avait commencé à viser Jacques Chirac avec une carabine 22 Long Rifle lors d’un même défilé en 2002.

Le pilote du drone n’avait peut-être pas d’intentions meurtrières, mais il reste pour l’heure à l’identifier.

Superman

Quoi qu’il en soit, on imagine la stupeur éprouvée par les membres de la famille Macron.

Car ce genre d’incident ne doit surtout pas être pris à la légère.

Que serait-il arrivé si ce drone avait été chargé d’explosifs comme les deux utilisés le samedi 4 août lors d’une présumée tentative d’assassinat contre le président vénézuélien, Nicolas Maduro ?

Si le chef d’État sud-américain s’en est sorti indemne grâce au sang-froid de ses gardes du corps, sept militaires ont été blessés lors de cette attaque inédite. 

Et cette menace aérienne ne concerne pas que les personnalités.

Pas plus tard que le 3 juillet, un drone en forme de Superman a survolé la centrale nucléaire de Bugey, près de Lyon, avant de s’écraser contre le mur d’enceinte.

Une façon pour les militants de Greenpeace de prouver la vulnérabilité de ces sites à hauts risques.

Et la preuve que désormais, pour les hommes politiques comme pour les simples citoyens, le danger peut tomber du ciel… 

Pierre-Antoine BRIONNE

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