France Dimanche > Actualités > Emmanuel Macron : En marche… ou crève !

Actualités

Emmanuel Macron : En marche… ou crève !

Publié le 11 juin 2018

macron-emmanuel-20180608

Un an après son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron révèle une personnalité pour le moins autoritaire.

Comment Nemo, le labrador des Macron, peut-il survivre au milieu de tous ces stakhanovistes du travail, alors que lui a besoin de ses douze à quatorze heures de sommeil par jour ?

Si une fronde se dresse contre le président afin de réclamer plus de repos, nul doute que l’adorable canidé en sera la figure de proue.

Et encore, son jeune maître ne l’emmène pas en voyage officiel ! Même Brigitte a lâché la bride et a laissé son mari aller tout seul à l’autre bout du monde, en Australie et en Nouvelle-Calédonie.

Une grande première pour la première dame qui, depuis un an, ne l’a pas quitté, de la Maison Blanche au Taj Mahal en passant pas le Louvre d’Abou Dhabi.

Cette épouse attentionnée, de vingt-quatre ans son aînée (doit-on encore le rappeler au risque de la blesser ?), serait donc à son tour victime du coup d’État de fatigue permanent imposé par le « président H 24 » tant il donne l’impression, lui, de ne jamais s’arrêter ; et donc de ne jamais dormir.


Déjà, quand il n’était « que » ministre de l’Économie, François Hollande et Bernard Cazeneuve s’étaient moqués de lui en comparant leurs horaires d’envoi de SMS et en avaient déduit que « Manu » ne devait dormir que de 3 heures à 7 heures du matin en moyenne !

Un rythme qu’il s’impose toujours à l’Élysée sans que cela le dérange. Lui.

Car côté conseillers et ministres, le burn-out guette !

En fait, depuis l’interminable campagne présidentielle, le fondateur de La République en marche (LREM) a conservé le même train de bourreau de travail.

Et qui dit bourreau dit victimes.

Une fois n’est pas coutume, c’est la providentielle Brigitte qui, l’avant-veille de Noël, a eu pitié de la garde rapprochée et a tancé son jeune époux en les surprenant à 2 heures du matin au premier étage du palais autour d’une table croulant sous les dossiers.

En un éclair, elle a envoyé tout le monde se coucher !

Puis c’est elle qui leur a imposé de respecter la trêve des confiseurs entre Noël et le jour de l’An.

Durant ce repos forcé, plus rien ne figurait à l’agenda présidentiel !

Sa Majesté S’impatiente

Une mesure exceptionnelle et indispensable selon l’ancienne prof de français, afin que ce petit monde puisse se ressourcer et laisser de côté ses boîtes de Guronsan, un médicament effervescent à base de vitamine C et de caféine qui aide à tenir.

Car si cet abattage intensif coûte peu au président, ses équipes commencent à accuser le coup.

Ainsi, lors des voyages officiels, le staff médical de l’Élysée repère régulièrement les symptômes du surmenage chez certains d’entre eux et s’inquiète de plus en plus pour leur santé.

Seulement, à l’heure du numérique, ce n’est pas parce que vous ne vous trouvez pas en réunion avec « le boss » que vous ne devez pas être sur le qui-vive.

Car ce chef d’État veut se tenir au courant de tout et peut avoir besoin de tous à toute heure.

Exigeant avec lui-même, il maîtrise tous ses dossiers et impose la même chose à ses collaborateurs, à qui il reproche régulièrement : « On peut faire mieux ».

En marche forcée, la troupe fidèle ne peut jamais décrocher.

Et ne surtout pas quitter son téléphone, véritable « fil à la patte » moderne !

Car Emmanuel Macron est un vrai maniaque du clavier.

Le roi du SMS : Sa Majesté S’impatiente.

En créant des groupes sur les applications WhatsApp et Telegram, il est toujours en lien avec ses équipes.

Pas forcément pour les harceler, les surveiller ou les secouer, mais pour leur poser LA question : « Comment tu sens les choses ? »

Seuls les ministres d’un âge certain comme Gérard Collomb (Intérieur) et Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères) sont exemptés de répondre dans la nuit, en se donnant eux-mêmes l’autorisation de ne se réveiller « qu’à » 6 heures du matin.

Mais difficile de dormir sur ses deux oreilles avec toutes les réformes en cours, pour lesquelles l’autoproclamé « maître des horloges » a besoin d’avoir l’approbation des uns et des autres.

« C’est le week-end et le soir qu’on y passe le plus de temps. Je dors peu, mais ça me coûte peu », a avoué le président à Laurent Delahousse sur France 2.

Et comme il exerce un vrai magnétisme sur ses troupes, ça passe : « Au pouvoir, vous n’êtes pas censé dormir », glisse Christophe Castaner, le délégué général de LREM.

« Il faut accepter la règle qu’on vous envoie un message à 1 heure du matin et qu’on doive y répondre à 3 heures », poursuit-il dans L’Express.

Mais ça, c’est ce qu’on dit dans les journaux.

Car en coulisses, cette première année va laisser des traces.

La fatigue et le sommeil restent des sujets obsessionnels dans l’entourage présidentiel.

Certains doivent regretter leur place, et leur salaire, dans le privé.

Et que dire d’un Nicolas Hulot qui avait l’habitude de se faire réveiller par les mouettes dans sa maison de bord de mer à Saint-Lunaire (Ille-et-Vilaine) !

Sans compter que tous ces « heureux élus » sont désormais privés de leur famille.

Même si la coutume maison veut que ces forçats de l’Élysée soient autorisés à aller embrasser le soir leurs chères têtes blondes avant de revenir travailler rue du Faubourg Saint-Honoré vers 22 h 30 !

Comme le résume le plus proche collaborateur du président, le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler : « Ici, il n’y a pas de répit, ça ne s’arrête jamais. »

Aussi, quand vous travaillez avec (ou pour ?) l’infatigable locataire de l’Élysée qui vient de fêter sa première année de bail, vous devez disposer d’une vraie capacité de travail, d’une bonne résistance physique, mais également d’un mental à toute épreuve.

Car Macron ne laisse rien passer.

Sous son regard de velours, son sourire de jeune premier et sa bienveillance de DRH se cache un « tueur ».

Un « intouchable » en a déjà fait les frais en début de mandat : le général de Villiers, chef d’état-major limogé pour avoir osé critiquer le budget alloué à l’armée !

Idem pour François Bayrou, le rallié qui n’a pu profiter qu’un seul mois de son maroquin de garde des Sceaux après l’affaire des emplois fictifs du Modem.

Pas question de sortir du rang !

Tout le monde a bien intégré la menace.

La consigne est répétée en conseil des ministres : ici, on débat de tout, mais dehors, pas un mot aux journalistes !

Sous-entendu : ici, vous n’êtes pas chez François Hollande et sa présidence bavarde.

« Ses colères sont froides, rapporte un proche dans Paris Match. Il exprime son mécontentement de manière chirurgicale, avec des jugements très durs. »

Pas de seconde chance

Le journal Le Monde surenchérit en affirmant que « le président impose un management sans affect à ses équipes. Aucun écart n’est toléré vis-à-vis des consignes ».

En cela, l’ancien étudiant qui a travaillé sur Machiavel en master de philosophie politique diffère de ses prédécesseurs : « Nicolas Sarkozy, qui piquait parfois des colères terribles, était dans les faits un faux dur […]. Quant à François Hollande, il ne faisait peur à personne et détestait les conflits », poursuit le quotidien du soir.

Les macronistes, cette « brigade de jeunes gens affamés de pouvoir et d’amitié » chère au Prince de Machiavel, le savent : « En cas d’écart ou de désaccords publics, il n’y aura pas de seconde chance. Ce sera la porte ! », témoigne l’un d’eux dans Le Monde.

Pouvoir absolu, manières oppressives, abus d’autorité conférée par sa fonction, toutes les caractéristiques du « tyran » définies par le Larousse – sauf la prise de pouvoir par la force, quand même ! ­– seraient donc réunies ?

En fait, ce jeune président jupitérien au tempérament d’acier considère qu’il ne doit rien à personne.

Au contraire de ses jeunes affidés qui lui doivent leur tremplin politique.

Attention à l’atterrissage !

Mais ont-ils d’autre choix que d’accepter ces méthodes de management vertical sur un mode… « en marche ou crève » ?

Une vraie vie de chien !

Pierre-Antoine BRIONNE

À découvrir