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Emmanuel Macron : “Ils vont finir par me buter !”

Publié le 25 juillet 2022

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Le président au sang-froid légendaire a exprimé pour la première fois son angoisse d'être la cible d'un attentat…

Le couple présidentiel s'était réfugié à la Lanterne, près de Versailles.

À tout juste 44 ans, l'actuel chef de l'État semble aborder son deuxième quinquennat avec le même sang-froid, le même mental d'acier que lors de sa première élection en 2017. En jeune et fringuant homme politique, débordant d'énergie et de convictions, le fondateur du mouvement En Marche ! apparaît toujours aussi confiant devant ses électeurs, prêt à affronter les plus lourdes tâches qui incombent à sa haute fonction.


Et le moins que l'on puisse dire, c'est que depuis cinq ans, des crises sans précédent ont déferlé sur le pouvoir. Citons la pandémie de Covid-19, qui reprend d'ailleurs de plus belle ces jours-ci, ou la guerre en Ukraine, qui force toute l'Europe à réagir. Autant d'événements funestes capables d'entamer son précieux flegme.

Mais s'il est une catastrophe qui a vraiment ébranlé la force de caractère et la résistance morale de l'ancien ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique de François Hollande, c'est le mouvement des “gilets jaunes” qui, peu après la prise de fonction du natif d'Amiens à la tête du pays, l'aurait plongé dans l'angoisse !

Au point de redouter le pire pour lui et son épouse ! « Ils vont finir par me buter, et pour Brigitte, ce sera pire », aurait un jour déclaré un Emmanuel Macron au comble de l'inquiétude. C'est en tout cas ce que révèlent Louis Hausalter et Agathe Lambret, dans L'Étrange Victoire, Macron II, l'histoire secrète, un livre enquête paru en juin aux éditions de L'Observatoire.

Violence Souvenez-vous, nous sommes à l'automne 2018, et nombre des plus modestes d'entre nous, alors étranglés notamment par la hausse des prix du carburant, commencent à bloquer les ronds-points un peu partout en France, vêtus des fameux gilets jaunes à haute visibilité rendus obligatoires dans tous nos véhicules. De samedi en samedi, les manifestations se répandent telle une traînée de poudre, enflammant les carrefours et bloquant les routes. Les revendications s'élargissent et très vite, alors que de jour en jour le nombre de manifestants progresse, la plus vive violence succède à la simple contestation.

À Paris, l'Arc de Triomphe est saccagé ; en Haute-Loire, c'est la préfecture du Puy-en-Velay qui est incendiée ; lors des rassemblements, plusieurs milliers de personnes sont blessées, aussi bien du côté des forces de l'ordre que des manifestants… Les attaques brutales contre l'État, tenu responsable des difficultés rencontrées par les Français, ne tardent pas à se diriger vers celui qui le représente et le symbolise, Emmanuel Macron lui-même ! Le 24 novembre, ils sont des centaines à se presser aux portes de l'Élysée, menaçant d'y entrer et de tout saccager.

Par chance, le président et sa femme ne sont pas présents, le couple s'est, comme chaque week-end, installé à la Lanterne, la résidence secondaire des locataires du palais, située à l'orée du parc du château de Versailles.

Mais, évidemment informé de cette situation extrêmement critique, le président semblait perdu, « fébrile et physiquement angoissé », ne sachant comment réagir face à ces hommes et ces femmes en colère qui, à défaut d'aspirer à en découdre avec lui, sont bien décidés à se faire entendre. « On ne comprend pas ce qu'ils veulent », répète-t-il à ses proches, selon les auteurs de L'Étrange Victoire, Macron II, l'histoire secrète.

L'heure est venue pour lui de demander de l'aide. Au début du mois de décembre 2018, il déjeune avec Nicolas Sarkozy. Sans doute persuadé que celui qui a occupé les mêmes fonctions présidentielles saura lui prodiguer de judicieux conseils lui permettant d'« éteindre la colère ».

Selon Alain Minc, éminent conseiller politique, au sujet de cette rencontre : « Sarko a remis Macron sur son cheval. » Un cavalier lancé au galop qui, malgré les crises, tient encore fermement les rênes de l'État… 

Clara MARGAUX

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