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Emmanuel Macron : Renversé par une voiture !

Publié le 16 juin 2019

Non seulement Emmanuel Macron n’en a pas voulu au conducteur, mais il a aussitôt tenu à lui présenter Brigitte…

Ce dimanche 27 mai, à 20 heures, c’est une véritable douche froide qui s’est abattue sur le chef de l’État lorsqu’il a découvert les résultats des élections européennes. Son parti, La République en marche, s’est fait damer le pion par celui du Rassemblement national, conduit par sa grande rivale, Marine Le Pen. Une déception de taille pour Emmanuel Macron, qui comptait sur ce scrutin pour redorer son blason et se refaire une place dans le cœur des Français.

Il est indéniable que ces six mois de présidence passés n’ont rien eu, loin s’en faut, d’un fleuve tranquille. À la grogne sociale portée par le mouvement des « gilets jaunes » s’est ajouté le terrible coup du sort de l’incendie de Notre-Dame, du 15 au 16 avril. Quant au vaste chantier de reconstruction de la cathédrale, que le président a annoncé quasiment dans la foulée, il est loin de faire l’unanimité.

Heureusement, face à ses déboires, le patron de la France peut compter sur un soutien de taille. Un ami, un vrai, qui n’a pas peur de lui dire ses quatre vérités, quitte à le froisser. Cette personne, vous la connaissez tous, puisqu’il s’agit du très populaire Stéphane Bern.


C’est en 2015 que les deux hommes se sont rencontrés pour la première fois… qui a bien failli être la dernière ! Ce jour-là, en effet, l’animateur de La fabuleuse histoire sort d’un déjeuner au Sénat avec le président du département d’Eure-et-Loir. Il est volant de sa Mini Austin lorsqu’un individu, qu’il n’avait pas vu, traverse la rue. L’homme de télévision pile, évitant le passant de justesse et sort alors de sa voiture pour s’excuser. Or, ce piéton, qui, trébuchant, a failli se retrouver sous ses roues, n’est autre qu’Emmanuel Macron, à l’époque ministre de l’Économie de François Hollande !

Stéphane Bern se confond en excuses, mais le futur leader d’En Marche le met tout de suite à l’aise. Il est absolument ravi de le rencontrer ! Mieux encore, il lui aurait déclaré, comme l’ont relaté les journalistes Candice Nedelec et Caroline Derrien dans leur ouvrage, Les Macron, publié chez Fayard en 2017 : « Ah, Stéphane ! Ma femme vous adore. Elle ne me parle que de vous, elle apprécie tout particulièrement votre émission Secrets d’histoire et veut absolument dîner avec vous. »

Le fait est que, très vite, Stéphane Bern et Brigitte Macron sont devenus les meilleurs amis du monde. Au point que la « première dame » n’hésite pas à l’appeler, même tard le soir, pour discuter d’un auteur que tous deux apprécient particulièrement : Chateaubriand.

« Est-ce que les idées que tu proposes, tu les mettrais en œuvre toi-même ? » Telle a été la question qu’une fois parvenu au pouvoir, en mai 2017, Emmanuel Macron, pas rancunier, a posée à celui qui, deux ans plus tôt, avait failli le réduire en bouillie.

Et Stéphane Bern n’a pas hésité à relever le gant, en s’engageant pour la défense d’un patrimoine cher à son cœur et si souvent laissé à l’abandon. Et qu’importe si certains ont eu du mal à digérer le fait que l’on confie une telle mission à un « vulgaire » animateur de télévision. Pour une immense majorité, celui qui leur a redonné goût à l’histoire grâce à ses émissions populaires et instructives, était bien à sa place.

Et le fait est qu’il s’est démené comme un beau diable, arpentant l’Hexagone de long en large pour relever quelque 3 500 sites en péril dont 269 chefs-d’œuvre exigeant une restauration urgente ! C’est grâce à lui qu’un Super Loto dédié au patrimoine a été mis en place, en septembre 2018, par la Française des jeux. Ce qui a permis de récolter 22 précieux millions d’euros. Grâce à lui encore que ce vaste chantier, auquel personne ne s’était véritablement intéressé jusqu’alors, est devenu une véritable cause nationale.

Oui, cette mission, Stéphane Bern s’y consacre corps et âme, n’hésitant pas à clamer haut et fort ce qu’il pense, comme il le confiait en mars dernier au Parisien : « J’ai des coups de sang. Mais je suis bénévole : ça me rend sincère et libre. Quand quelque chose me déplaît, je le dis. »

Emmanuel Macron avait vu juste. Stéphane Bern et Bibi s’entendent comme larrons en foire. En février dernier, c’est ensemble et complices comme jamais, que ces deux-là ont visité le chantier de rénovation du théâtre des Bleus de Bar, à Bar-le-Duc. Leur amitié gênerait presque le chef de l’État : il faut dire que, récemment, la presse anglaise, confondant les deux hommes, n’a rien trouvé de mieux que de marier la Première dame avec son chevalier Lancelot, comme elle appelle l’animateur !

L’incendie qui a ravagé Notre-Dame a aussi permis à Stéphane Bern de constater à quel point les Français comptaient sur lui. En effet, l’intéressé a depuis reçu des milliers de lettres, accompagnées de chèques, libellés parfois à son nom, comme le relate L’Obs : « Pour être sûr que l’argent soit bien utilisé », a écrit l’un de ses émetteurs ! Ou bien, comme se plaint une autre, pour blâmer « l’État qui confond politique culturelle et politique de divertissement et de communication ». Ou encore, comme lui rappelle une troisième : « Vous allez créer un fonds pour reconstruire mais n’oubliez pas l’adresse postale. On est des milliers de 60, 70, 80 ans sans Internet. On compte sur vous. »

S’il est proche du couple présidentiel, l’animateur n’en garde pas moins sa liberté de penser. Lorsque Emmanuel Macron, évoquant le chantier de reconstruction de Notre-Dame, a parlé d’un « geste architectural », il a été choqué. « Ce devrait être une grande leçon d’humilité et ce n’est pas le cas du tout. Ça me rend dingue. » Y aurait-il de l’eau dans le gaz entre l’animateur et le chef de l’État ? Lors de la réunion de crise à l’Élysée, organisée juste après l’incendie, Stéphane Bern est en effet apparu très agacé de voir qu’en à peine une journée plus d’un milliard d’euros avaient été levés, tandis que lui s’échine à trouver les fonds nécessaires pour rénover ces centaines d’églises, prieurés et abbayes français menaçant de s’écrouler. « Tu vas fâcher le président », l’a prévenu un des participants. La réponse de l’animateur a fusé : « Lèche-lui le cul si tu veux, mais ne compte pas sur moi. »

Il est pourtant permis de croire que le président continue d’accorder toute sa confiance à Stéphane Bern. Comme l’a confié tout récemment monsieur Patrimoine au Journal du Dimanche : « Il faut qu’on utilise à bon escient toute cette émotion patrimoniale pour sauver un maximum de monuments. » Ce n’est pas Emmanuel Macron qui le contredira…

Lili CHABLIS

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