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Emmanuelle Béart : Ses bouleversantes révélations sur son père !

Publié le 19 juin 2020

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Presque cinq ans après la disparition de son père Guy, Emmanuelle Béart lève enfin le voile sur leur relation atypique…

La comédienne ne s'était jamais vraiment exprimée sur la relation particulière qu'elle entretenait avec son père, le chanteur Guy Béart, terrassé par une crise cardiaque le 16 septembre 2015.

Une relation aussi profonde que complexe sur laquelle la comédienne de 56 ans lève enfin le voile dans une interview donnée à Version Femina à l'occasion de la sortie d'un double album de reprises tirées de l'impressionnant répertoire de son papa. Un papa pour qui elle s'est improvisée chanteuse aux côtés de sa demi-sœur, Ève, et d'une vingtaine d'interprètes tels qu'Alain Souchon ou Maxime Leforestier. Un hommage qui sera suivi par un documentaire sur la vie de cet artiste de génie et par la sortie, en septembre, de l'intégrale de son œuvre.


Pour partir à la rencontre de ce père si « mystérieux », Emmanuelle a passé des heures à « fouiller » parmi les dossiers, les carnets annotés par dizaines. Mais dans sa quête pour percer « l'énigme Guy Béart », elle s'est retrouvée confrontée à la réalité de ses jeunes années où toutes ses blessures d'enfance ont assailli sa mémoire…

Lorsqu'elle voit le jour en le 14 août 1963 à Gassin dans le Var, ses parents se sont déjà séparés. Sa maman, Geneviève Galéa, un ancien mannequin, devenue une actrice au caractère bien trempé, et le brillant ex-ingénieur des ponts et chaussées reconverti dans la chanson ont préféré rompre pour incompatibilité d'humeur. La petite Emmanuelle grandira donc chez sa maman, dans le Sud, loin de son célèbre géniteur qu'elle ne voit que de temps en temps.

Mais durant ces séjours dans la propriété paternelle de 1 200 mètres carrés, surplombant Paris, Emmanuelle, élevée dans une ambiance très baba cool auprès d'une maman communiste et fantasque, doit filer droit. Alors, pour se consoler d'avoir un papa aussi sévère, la petite fille en quête de son affection s'imagine qu'il s'adresse à elle en chanson. En écoutant L'Eau vive, elle se dit : « Mais c'est évident qu'il l'a écrite pour moi ! », alors qu'il n'en est rien. Pas affectueux pour un sou, le chanteur, qui parle à la petite fille comme à une grande personne, lui demande de raisonner en adulte alors qu'elle joue encore à la poupée. « Ce n'était pas un homme à bébés ni à enfants, et je crois qu'il lui fallait une certaine maturité en face pour susciter de l'intérêt… », analyse-t-elle avec d'indulgence.

Chez son papa, pas question pour l'enfant de paresser, au risque d'être punie. Mais une fois encore, la maman de Nelly, Yohann et Surifel ne préfère retenir que l'aspect positif de cette éducation stricte. Mieux, à l'entendre, ces « brimades », toutes relatives bien sûr, l'ont aidée à se construire. « Quand j'étais petite, mon père me disait “Apprends à t'ennuyer” et je montais dans ma chambre où je m'embêtais pendant des heures, et puis, petit à petit, je prenais un livre, des cahiers, j'ai commencé à écrire, et aujourd'hui, j'aime la solitude passionnément. »

En grandissant, Emmanuelle doit se montrer à la hauteur durant des échanges intellectuels de haute volée. « Quand j'étais chez lui, j'étais entourée d'Aragon, de Louise de Vilmorin, de Mitterrand, Cabu, Plantu, Wolinski… », se souvient-elle. Mais si cet environnement est propice à la réflexion, il favorise aussi les complexes. Pas évident d'être à la hauteur !

Il y a des jours où la jeune fille désespérée s'effondre en larmes en regrettant de ne pas avoir un papa un peu plus tendre. D'autres où, devinant ses failles, elle lui pardonne tout, grâce à ses succès qu'elle se repasse en boucle. « Je sentais la vulnérabilité d'un père qui se montrait autoritaire. Il était dur, exigeant, et écouter ses chansons d'amour me permettait d'avoir accès à la part la plus vulnérable et fragile de l'être que j'entendais », confie-t-elle.

Mais aujourd'hui, avec le recul, la comédienne engagée a compris à quel point « Guy », comme elle dit, lui a montré le « chemin ». « Mon père a toujours été un repère fort, un tuteur. Je dis souvent que j'ai commencé à me battre dans la vie parce que ma mère était une militante acharnée, mais j'ai compris les raisons pour lesquelles je me battais grâce à mon père. »

Pleine d'admiration pour ce papa qu'elle adore et avec qui elle aura su, une fois adulte, construire une relation fusionnelle, elle a su oublier les griefs de sa jeunesse pour parler aujourd'hui de lui avec chaleur : « C'était un être contemplatif, brillant, un philosophe, un mathématicien, un joueur d'échecs… Il avait tellement de passions que je n'ai jamais ressenti de regrets ni d'aigreur. » Émouvant…

Valérie EDMOND

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