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Enrico Macias : Il veut émigrer en Israël !

Publié le 6 mars 2015

C’est une incroyable révélation qu’a livrée le célèbre chanteur Enrico Macias, excédé par la montée de l’antisémitisme en France, lors d’un voyage en Terre promise, Israël…

« Bientôt, j’émigrerai vers Israël »… Les journalistes de la chaîne de télévision israélienne d’informations continues i24news n’en reviennent pas ! Ce mardi 10 février au soir, dans les studios du port de Jaffa, Enrico Macias, alors en tournée internationale, vient de leur livrer en direct un scoop historique auquel ils ne s’attendaient pas.

Lui, l’un des chanteurs les plus populaires de France, l’homme aux 50 millions d’albums vendus et aux 40 tubes, a décidé « depuis longtemps » de faire son « alyah ». Ce terme désigne le retour en Israël des Juifs expatriés dans le monde entier. En France, ce sont 7 000 personnes qui sont parties dans l’urgence en 2014, un chiffre qui explose depuis les attaques de début janvier…

Panache

Mais pourquoi diable Enrico Macias, viscéralement attaché à notre pays, a-t-il pris cette décision qui va radicalement boule­verser sa vie ? Sa réponse ne se fait attendre : « Face à la haine de certaines personnes, nous avons l’État d’Israël. Je ne suis pas surpris du climat actuel en France à l’égard des Juifs et je n’ai jamais été étonné de voir l’anti­sémitisme se développer. Face à cela, je pense que la meilleure solution, tôt ou tard, est de venir de son plein gré en Israël. » Et il ajoute, d’une voix étranglée par l’émotion : « C’est comme si je retournais dans ma famille… »

Comment ne pas le comprendre ? Gaston Ghrenassia, fils de Sylvain et de Suzanne Zaouch, est issu d’une famille juive d’Algérie. Toute sa vie, depuis son enfance à Constantine jusqu’à son engagement pour la cause juive, en 2008, en passant par son installation à Paris, en 1962, l’homme a toujours souffert de l’antisémitisme.

Le 29 juillet 1961, lorsque sa famille quitte précipitamment l’Algérie, c’est à cause de l’exil des pieds-noirs, certes, mais aussi et surtout en raison de la haine farouche que certains extrémistes du FLN vouent à ses coreligionnaires. Une Algérie adorée que Enrico Macias ne pourra jamais revoir…

Ainsi, en décembre 2007, alors qu’il projetait d’accompagner son ami le président Nicolas Sarkozy lors d’un voyage officiel à Alger, il a dû y renoncer, en raison de menaces de mort et de la franche hostilité du gouvernement, opposé à la visite d’un « sioniste » !

En mars 2012, Enrico avait déjà été très ébranlé par les tueries de Mohamed Merah. Souvenez-vous : ce terroriste avait abattu dans une école juive de Toulouse trois jeunes élèves à bout portant. Insupportable, pour l’interprète de Malheur à celui qui blesse un enfant ! Puis sont arrivées les provocations lancées par le sinistre Dieudonné, pathétique « comique » qu’Enrico fustige en ces termes : « On lui donne trop d’importance. Moi je véhicule l’amour. Dieudonné véhicule la haine. Je combats ce qu’il véhicule. »

Dans ce contexte explosif, les récents massacres de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes ont été les horreurs de trop pour un artiste à fleur de peau, qui déclare, les yeux noyés de larmes : « Je vis avec Israël, quand je m’endors le soir mon cœur bat pour lui et quand je me réveille aussi. »

Enrico Macias profilMême si sa décision de quitter l’Hexagone est définitivement prise, le chanteur Enrico Macias n’en garde pas moins une immense affection pour la France et son Premier ministre : « Manuel Valls a été à la hauteur. » Tout comme il refuse de quitter notre pays dans la précipitation : « Je partirai quand tout ira bien en France, pour ne pas que l’on puisse associer ma décision au climat antisémite actuel. »

Bref, Enrico, dont le courage physique et moral n’est plus à démontrer, n’est pas le genre à fuir lâchement… Il partira, certes, mais avec panache et fierté, la tête haute, en temps et en heure. Quant à ces intégristes et autres fanatiques qui propagent la mort et la désolation, le chanteur, avec la philosophie d’un sage de 76 ans arrivé à l’automne de sa vie, leur prédit un bien sombre avenir : « Les gens qui ont suivi la voie de la haine ont toujours été anéantis. L’Humanité entière ne suivra pas la haine de ces gens-là… »

En attendant l’exil définitif, le chanteur a annoncé qu’il se rendrait au 66e anniversaire de la création de l’État d’Israël pour une série de concerts à Tel-Aviv, Haïfa et Beersheba. Sur scène, il se produira avec ses musiciens et l’orchestre Tom Cohen, pour jouer des mélodies arabo-andalouses qui, selon Enrico : « sont mes racines mêlant le judaïsme et l’Orient »…

Lionel Coutat

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