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Enrico Macias : Impliqué dans une violente bagarre !

Publié le 19 juin 2022

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Après une rixe d'une violence rare, le chanteur s'est retrouvé en garde à vue, tel le dernier des malfrats…

Dans un entretien accordé au Monde, le 17 avril dernier, celui qui chantait Enfants de tous pays revenait sur une enfance marquée du sceau de la mélancolie. Né à Constantine, en Algérie, le 11 décembre 1938, le petit Gaston Ghrenassia sait très tôt qu'il sera musicien. Une voie dans laquelle Raymond Leyris, figure mythique du malouf – musique arabo-andalouse – et son futur beau-père, encourage le petit garçon. Les larmes aux yeux, l'artiste se souvient : « C'était un homme aussi tendre que sévère, un peu comme le bon pain, croustillant à l'extérieur, mais avec la mie à l'intérieur. Je ne serais pas arrivé là s'il ne m'avait pas remarqué, s'il n'avait deviné le potentiel qu'il y avait en moi. »


Avant de rejoindre l'orchestre de Cheikh Raymond, il est, en 1956, instituteur : « J'ai ainsi appris à capter un auditoire. Je ne mettais pas de sanction. Mais le samedi, je donnais un petit spectacle auquel ceux qui avaient mal travaillé n'assistaient pas ! »

Les années 50 marquent la fin du temps des colonies. De 1954 à 1962, le pays connaît une guerre qui le mènera à son indépendance. Mais le 22 juin 1961, Cheikh Raymond est assassiné d'une balle dans la nuque par un membre du FLN… Un monde s'effondre pour Enrico : « Je crois à un cauchemar. Je me lève, je descends dans la rue, je vais vérifier chez Cheikh Raymond, dont la fille Suzy est ma fiancée. » Un cauchemar qui n'est que l'effroyable réalité. La famille Ghrenassia se sent, elle aussi, menacée et pense même être la prochaine sur la liste. « On avait trouvé des tracts dans la rue condamnant à mort tous les musiciens de Raymond, dont moi. On s'est sauvés. »

Et c'est sur le bateau qui l'emmène vers la métropole qu'il compose Adieu mon pays, une de ses chansons les plus emblématiques : « Chez nous, quand on est heureux ou malheureux, on l'exprime par des improvisations. […] Pendant la traversée, les larmes coulaient de tous les côtés. Ensuite, on m'a dit : “chante-la encore !” Chacun me donnait un mot, une phrase et j'ai reconstitué Adieu mon pays comme un puzzle. »

Arrivé à Paris, Enrico se rend vite compte qu'il ne s'agit pas tout à fait d'un eldorado. Son père, qui avait été musicien dans l'orchestre de son beau-père, se produit dans des cafés pas toujours bien fréquentés. Un jour qu'il n'oubliera jamais, le chanteur de la paix et de la fraternité a même levé le poing sur deux hommes qui avaient manqué de respect à son père adoré. Résultat : le musicien, couvert d'ecchymoses, s'est retrouvé en garde à vue, longuement interrogé par les policiers… Enrico, trémolo dans la voix, se souvient : « Je l'ai accompagné pour quelques concerts. Les gens l'insultaient. Je me battais pour le défendre et je me retrouvais au commissariat. » Et d'ajouter : « Des Français de souche, insensibles au malheur de leurs frères d'Algérie, m'insultaient souvent : “Toi, le frisé, retourne dans ton pays !” »

D'autres qu'Enrico Macias en auraient conçu une légitime rancœur, mais pas lui : « Je crois qu'une force nous dirige, que chacun a une mission sur terre. La mienne est de faire de la musique, de chanter, d'envoyer des messages d'amour, de paix et de fraternité. » Et cet amour, son fidèle public le lui rend bien. Ainsi, le 2 avril dernier, il donnait un concert à l'Olympia, la voix pas tout à fait remise d'une bonne bronchite : « N'importe quel chanteur aurait annulé. J'arrivais à peine à sortir quelques notes aiguës. J'ai été assez fou pour monter sur scène. J'ai joué de la guitare et le public a chanté avec moi pendant deux heures ! Les spectateurs pleuraient, à la fois malheureux pour moi et ravis de communier tous ensemble… »

Églantine LEFEBVRE

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