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Éric Berger : “Tanguy est devenu un nom commun !”

Publié le 4 avril 2016

Éric Berger est devenu célèbre en squattant l’appartement de Sabine Azéma et d’André Dussollier, ses parents dans le film du même nom Tangy. Mais depuis, l’ado attardé a pris son � indépendance…

Vous ne connaissez pas forcément son nom, mais son visage ne peut pas vous être totalement étranger. Et pour cause, puisqu’Éric Berger n’est autre que l’interprète de Tanguy, le personnage principal du film éponyme, réalisé par Étienne Chatiliez, sorti en 2001. Ce trentenaire incapable de couper le cordon avec ses parents est aujourd’hui devenu une référence pour tous les jeunes qui ont du mal à quitter le cocon familial.

Âgé de 46 ans, il est désormais un acteur reconnu et un père de famille accompli. Pour France Dimanche, celui qui fut à l’époque nommé pour le César du meilleur espoir masculin revient sur le film qui a changé sa vie. Et même si sa chaîne préférée est Arte, il jure qu’il n’a rien à voir avec son personnage de l’époque !

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France Dimanche (F.D.) : Qu’est-ce que le phénomène Tanguy a changé pour vous ?

Éric Berger É.B.) : Tout ! Je suis devenu connu. C’était il y a quinze ans… mais je me souviens très bien de tout ce que cela a bouleversé dans mon existence. Forcément, ma vie n’a plus jamais été la même. Faire mon métier est devenu plus facile… même s’il est vrai que du coup, on m’a beaucoup plus proposé des rôles de type avec la raie sur le côté et le pull avec un col en V ! [Rires] Mais ça ne me dérange pas, au contraire, c’est même quelque chose que je défends.

F.D. : Vous rendez-vous compte que, depuis, le titre de ce film est devenu une expression courante ?

É.B. : C’est vrai qu’aujourd’hui, Tanguy est presque un nom commun. Et il n’est pas rare d’entendre un jeune se faire appeler ainsi quand il vit encore chez ses parents passé un certain âge. Les scénaristes, Étienne Chatiliez et Laurent Chouchan peuvent être très fiers de leur travail ! D’autant plus qu’à l’époque, ils ont réussi à mettre le doigt sur un problème alors nouveau pour notre société. Le tout avec beaucoup d’humour et de dérision… Et c’est ce qui a fait le succès du film.

F.D. : Êtes-vous resté en contacts avec Sabine Azéma et André Dussollier, qui jouaient vos parents à l’écran ?

É.B. : J’ai retrouvé Sabine avec un immense plaisir sur un tournage en juin dernier, et je croise André de temps en temps, mais sans plus.

F.D. : Et au fait, rassurez-nous… Dans la vraie vie, vous n’êtes pas un Tanguy ?

É.B : Pas du tout ! À l’époque du tournage j’avais 30 ans, et j’avais déjà quitté le giron familial depuis bien longtemps. Contrairement à mon personnage, j’avais très envie de partir de chez moi. Non pas parce que je n’y étais pas bien, mais plutôt parce que je rêvais d’indépendance et de liberté. Depuis, j’ai fondé une famille, et j’ai deux enfants, de 3 et de 7 ans.

F.D. : Quel genre de papa êtes-vous ?

É.B. : Plutôt protecteur. Je fais d’ailleurs très attention à ce qu’ils regardent à la télévision. Je veux qu’ils échappent à la publicité le plus longtemps possible. Alors, même quand je leur mets un dessin animé, je l’enregistre sur un disque au préalable. Depuis que mes enfants sont nés, je n’allume plus la télé avant 20 h 30. Je veux qu’ils grandissent sans être assommés par les images et les stéréotypes.

F.D. : Avant Tanguy, vous vous étiez fait remarquer dans le film Mon père, ce héros, en 1991, aux côtés de Gérard Depardieu et Marie Gillain…

É.B : Oui, c’était mon premier rôle au cinéma. Et je tenais déjà celui d’un intello qui faisait sciences-politiques et qui parlait de relations internationales ! Comme quoi… j’avais peut-être des prédispositions à cela [Rires]. Je n’oublierais d’ailleurs jamais mon premier jour de tournage. Dès ma première réplique, je suis face à Gérard Depardieu ! Il a été très drôle et d’une immense gentillesse. J’ai une vraie passion pour cet acteur. Même aujourd’hui, à l’heure où certains disent qu’il n’est plus au niveau, pour moi, il reste au-dessus de tout le monde.

F.D. : Il paraît que vous collectionnez les instruments de musique…

É.B. : [Il coupe.] Je suis plus un archiviste qu’un collectionneur. Mais je suis un vrai passionné. J’ai plein de trucs à la maison. Des ukulélés, un accordéon, des flûtes japonaises, des guimbardes, des guitares en tout genre et bien d’autres encore… Je joue de tout ça, mais très mal ! Un instrument, il faut toutefois le mériter. S’il est très cher, je préfère qu’il atterrisse dans les mains d’un vrai musicien. Ceci dit, je viens de m’acheter une mandoline à 200 euros [Rires] !

Florian Anselme

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