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Éric et Ramzy : Ils disent merci à Michel Drucker !

Publié le 9 mars 2016

À l’affiche de “La tour 2 contrôle infernale”, suite encore plus déjantée que le premier opus, les deux humoristes Éric et Ramzy expriment leur � reconnaissance  à l’homme qui a su leur tendre la main.

«Bonjour, voilà la pizza de Monsieur Drucker ! » Un simple carton trouvé dans la rue a permis à Éric Judor et Ramzy Bédia d’entrer pour la première fois dans les bureaux de la société de production du célèbre animateur.

À la fin des années 90, les deux compères Éric et Ramzy écrivent déjà des sketches. Ils se sont produits sur différentes scènes parisiennes, comme le Casino de Paris ou le Bec Fin. On les entend sur Radio Nova, puis bientôt sur Fun Radio. Mais leur rêve, c’est d’être invités chez Michel Drucker.

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Dans un entretien accordé à VSD, le tandem de comiques a raconté les difficultés rencontrées à leurs débuts. « Ce jour-là, raconte Éric, j’ai même cru qu’on était foutus. Je te parle d’un temps où Internet n’existait pas. On avait toqué à la porte de DMD, la boîte de production de Drucker. »

Après avoir avoué qu’ils n’étaient pas livreurs de pizzas mais humoristes, ils ont enchaîné avec un, puis deux sketches devant Nathalie André, une ancienne collaboratrice de Michel. Elle les trouve « sympathiques » et les convie à passer dans Studio Gabriel la semaine suivante.

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Tétanisés

Mais, en arrivant sur le plateau, le stress les gagne. « C’est la catastrophe. On est tétanisés », précise Éric. Son complice Ramzy ajoute : « Lorsque l’émission a été diffusée, des rires avaient été ajoutés. De la part de Michel, c’était plutôt classe. Ce jour-là, il m’a donné le meilleur conseil : “La télé, ce n’est pas grave. Une émission en efface une autre. Le plus important, c’est de susciter la sympathie. Pas d’être drôle à tout prix.” Je l’ai toujours gardé en tête. » Pour ces joyeux pitres : « Michel, c’est le ministre de la sympathie. »

Bien qu’ils soient souvent ingérables sur un plateau de télé ou dans un studio de radio, ils savent se montrer sincèrement reconnaissants envers leurs pairs. Et ils n’hésitent pas une seconde à dire : « Merci Michel ! » Ils n’oublieront pas de sitôt que voilà près de vingt ans, celui qui n’était pas encore le pape du Paf leur a donné une chance de faire rire les téléspectateurs. Et grâce à lui, Éric et Ramzy ont cessé de douter de leur talent.

Avec raison car leur carrière décolle quelques mois plus tard. On les retrouve dans la série H, diffusée sur Canal + de 1998 à 2002, avec pour partenaire Jamel Debbouze. Ce programme lancera la carrière des trois comédiens. Aujourd’hui, rediffusés sur France Ô, les 71 épisodes n’ont pas pris une ride !

Car le quotidien de ce personnel des urgences d’un hôpital est de plus en plus loufoque. On y retrouve avec délices le responsable du standard, Jamel, et ses fameuses répliques : « Tut’suite » ou « Dites-moi pas qu’c’est pas vrai ! ». Mais aussi, Aymé l’infirmier (Éric), qui transpire des pieds et ne contrôle pas son hypersexualité. Et bien sûr, Sabri (Ramzy), le brancardier pas très futé, qui deviendra le barman du café voisin.

En 2001, dans le même esprit et avec le même humour absurde, Éric et Ramzy se lancent dans leur premier film, La tour Montparnasse infernale, réalisé par Charles Nemes, à qui l’on doit aussi 19 épisodes de H. L’accueil de la presse est assez tiède. Mais avec le temps, ce long-métrage deviendra culte et attirera au total 2 millions de spectateurs, grâce à son humour potache.

Depuis le 10 février, ils sont de retour dans les salles obscures. Quinze ans après, le célèbre duo vient de terminer la promotion La tour 2 contrôle infernale. À 46 ans, Éric Judor a mis en scène et réalisé ce prequel (suite évoquant le passé des héros du premier film), qui retrace l’histoire des pères des deux laveurs de carreaux qu’Éric et Ramzy incarnaient dans leur parodie de Piège de cristal, le thriller avec à l’affiche un certain Bruce Willis. Cette fois, il s’agit de suivre les mésaventures de deux brillants pilotes de l’armée française, devenus de vrais crétins suite à un accident de centrifugeuse.
Un scénario qui ne semble pas avoir facilement convaincu les producteurs. Éric a été obligé de se battre pour trouver les financements nécessaires. Heureusement pour nos zygomatiques, il a fini par trouver les fonds, car les gags et les dialogues hilarants ne manquent pas dans ce « film de gogols », comme aime à le présenter son réalisateur. Son conseil, pour apprécier cette comédie déjantée ? Laisser son cerveau au vestiaire avant d’entrer dans la salle !

Anita Buttez

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