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Eric Naulleau : « Parler de “On n’est pas couché“ au passé, me fend le cœur »

Publié le 27 mai 2011

La nouvelle vient de tomber ! C’est désormais officiel, Eric Naulleau et Eric Zemmour ne dégaineront plus sur France 2 à la rentrée prochaine. « Je veux un souffle nouveau » avance Laurent Ruquier pour justifier l’éviction des deux « sniper » de son émission « On n’est pas couché ». Nous avions rencontré le premier nommé seulement quelques jours avant cette annonce, à l’occasion du dernier festival de Cannes.

Françis Lalanne, Mathilda May, Michaël Youn, Nadine Trintignant…, la liste des « victimes » d’Éric Naulleau s’allongeait tous les samedis soirs depuis 2007. Mais entre ces deux maisons d’éditions, « Ça balance à Paris », l’émission qu’il anime chaque semaine sur Paris Première et les diverses propositions dont il fait l’objet… l’homme est prêt surmonter ce coup d’arrêt.

Entretien exclusif.

France Dimanche (FD) : N’étiez-vous pas un peu lassé de devoir en permanence justifier votre rôle face à des personnalités qui, dans l’ensemble, ne supportaient pas vos critiques ?

Eric Nauleau (EN) : Peut-être un peu oui… En plateau, hors plateau… L’attaque est toujours la même : « quelle est votre légitimité pour dire ceci ou cela ?, etc. ». Bref, même si je me suis habitué, à la longue, c’est vrai que ça devenait usant.

FD : Quels souvenirs gardez-vous de l’émission ?

EN : (il coupe, très ému). Attention, lorsque vous en parlez au passé, ça me fait un énorme pincement au cœur ! Il y a eu tant de bons moments depuis 2007… Des trucs tout bêtes notamment mais qui m’ont marqué. Comme cette fois où nous avons reçu David Soul. J’étais comme un gosse sur le plateau ! Pour moi qui ai passé mon enfance à regarder Starsky et Hutch, me retrouver en face de « Hutch », c’était très fort ! Je n’oublierai également jamais certaines légendes, comme Charles Aznavour. Celui-là m’a vraiment impressionné ! Avec 50 ou 60 ans de chansons derrière lui, il est toujours aussi impliqué et passionné. Je garde également en mémoire mes rencontres avec ceux qui ont disparu depuis. À commencer par le regretté Bernard Giraudeau lorsqu’il était venu présenter son livre (Cher amour, Éditions Métailié). Une très grande œuvre que je vous conseille d’ailleurs. Je l’avais rencontré peu de temps avant sa mort, donc ça reste un épisode que je ne suis pas près d’oublier…

FD : Au rayon mauvais souvenirs, on pense tout de suite à votre rixe mémorable avec Françis Lalanne…

EN : On m’en reparle souvent en tout cas ! Mais personnellement, quand j’entre sur un plateau de télévision… mon but n’est pas de me castagner avec les gens ! Mais là, sincèrement, c’est la seule fois où j’ai vraiment senti que l’invité devenait incontrôlable. J’ai eu peur, car ça aurait vraiment pu mal tourner.

FD : Avec le recul, ne pensez-vous pas y être allé un peu fort en critiquant son livre ?

EN : J’ai fait mon travail. Quant à Francis Lalanne, en réponse, il a tout de même tenté à deux reprises de me casser la gueule sur le plateau ! Et il a recommencé en coulisse… Alors qui y est allé un peu fort ? Je ne pense pas que ça soit moi. Ça m’étonne toujours que le simple exercice de la critique puisse provoquer de telles réactions. D’autant que j’étais dans une sale situation… car dans ce genre de circonstances, je n’ai évidemment pas le droit de lever la main ! Donc je m’apprêtais à m’en prendre une, sans broncher…

FD : Parlez-nous un peu de votre binôme… le très controversé Eric Zemmour

EN : On s’entend très bien. Même si on ne se voit pas beaucoup en dehors, Eric est quelqu’un que j’apprécie réellement. Il est très facile à vivre et il est réglo, ce qui est primordial. Alors j’ai beau être en opposition avec presque tout ce qu’il pense et ce qu’il prône, humainement, ça colle. Et puis j’aime aussi m’engueuler avec lui… On ne s’ennuie jamais ! D’autant qu’il est très bon public, et il a ce que j’appelle avoir le sens de l’humour, puisqu’il rit à mes blagues (rires) !

FD : N’êtes-vous pas toutefois gêné qu’il est récemment été condamné pour provocation à la discrimination raciale ?

EN : Je suis allé dire à l’époque ce que je pensais au tribunal. J’ai dit au juge que si je devais faire un procès à Zemmour à chaque fois que j’étais en désaccord avec lui, je passerai ma vie au Palais de Justice ! Mais je pense que les propos qu’il tient devraient faire l’objet d’un débat public sur un plateau de télévision, mais pas par voie judiciaire…

FD : Au-delà de vos émissions, dans un tout autre registre, racontez-nous comment vous en êtes venu au métier d’éditeur

EN : L’histoire est assez belle… Ça date de l’époque où j’étais professeur de français en Bulgarie. J’avais aidé l’un de mes étudiants, un génie, à traduire un petit bouquin local. De retour en France, j’ai frappé à la porte de toutes les maisons d’édition, mais personne n’en voulait. J’ai donc créé la mienne uniquement pour sortir ce livre ! Et ça ne s’est pas trop mal passé… puisque j’en ai publié plus de 250 depuis (rires).

Florian ANSELME

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