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Eurovision : C’est devenu la Monstre Academy !

Publié le 22 avril 2015

Après des satanistes, un transsexuel, et quelques autres spécimens présentés comme des bêtes de foire, le grand prix de la chanson européenne, l'Eurovision accueille cette année un groupe de � punks trisomiques � !

Dans le monde d’avant, dont il subsiste quelques traces çà et là, quand on évoquait l’Eurovision, apparaissaient spontanément le charme, le talent, la voix de chanteuses comme France Gall ou Marie Myriam, Nicole Rieu ou encore Patricia Kaas.

Maintenant, l’image qui surgit quand on pense au fameux concours, c’est la barbe de Conchita Wurst, gagnant(e) de l’édition 2014 ! Et on ne s’en étonne même plus. Car, en quelques années, ce qui était le temple de la chanson de qualité est devenu la petite boutique des horreurs.

D’ailleurs, je suggérerais bien aux organisateurs de cette consternante pantalonnade de rebaptiser leur cirque concours de l’Horrovision, tant on y voit de monstruosités.

Anxiolytiques

Cette année, ce sont nos amis finlandais, dont les froidures ont parfois tendance à geler un tantinet les neurones, qui gravissent une nouvelle marche afin de se rapprocher de l’abjection pure.

Le groupe punk que vous découvrirez sans doute en finale de l'Eurovision, le 23 mai prochain, en direct de Vienne, porte un nom à coucher dehors (ce qui n’est guère prudent sous ces latitudes), que l’on peut résumer à ses initiales : PKN, vu qu’il est parfaitement imprononçable pour des palais latins.

Après Conchita Wurst (ci-dessus), cette année c'est à un groupe de trisomiques finlandais PKN
Après Conchita Wurst (ci-dessus), cette année c'est un groupe de trisomiques finlandais PKN

Il présente la particularité de n’être composé que de garçons atteints d’autisme ou de trisomie 21 : on sent bien que leur prestation va susciter une curiosité malsaine, un voyeurisme douteux. Prestation courte, heureusement, puisque la chanson qu’ils « défendent » dure généreusement 1minute et 41 secondes.

Les Finlandais n’en sont pas à leur coup d’essai dans ce domaine si convoité qu’est la démence eurovisuelle. Souvenez-vous du groupe Lordi, en 2006, qui permettait à leur nation de remporter le concours pour la première fois : cinq énergumènes vraisemblablement vomis par les enfers, à côté de quoi les zombies de Walking Dead passeraient pour des premiers prix de beauté.

Michel Drucker, qui présentait l’émission pour la France, en direct d’Athènes, faillit en avaler son micro. Et il fallut mettre sous anxiolytiques tous les enfants de moins de 12 ans qui se trouvaient devant leur télévision ce soir-là.

Et puis, donc, il y a eu Conchita Saucisse (Wurst, en allemand), la femme à barbe qui-en-fait-est-un-homme-qui-aime-les-hommes. Et qui gagne, en plus ! Cette fois, c’est le tsar de toutes les Russies, Vladimir Poutine, à qui ça reste en travers de la gorge.

Il braille des anathèmes vengeurs contre la lauréate barbue, dans cette langue si pittoresque qui écrit les « N » à l’envers et les prononce « I ». Le comble du comble est que Mamzelle Saucisse n’hésitera pas à déclarer au monde entier qu’elle trouve Vladounet terriblement séduisant : horreur et consternation dans la toundra !

Cela dit, le tovaritch Poutine aurait pu balayer la neige devant sa propre isba avant de critiquer les femmes à barbe des autres. Car quel pays, en 2012, a présenté à l’Eurovision un groupe de huit grands-mères, plus fripées que des pommes oubliées au grenier et chantant en oudmourte, une langue dont je ne savais même pas qu’elle pouvait exister ? Eh bien, la Russie de Vladimir Vladimirovitch, justement !

Pourtant, même si l’aînée des Buranovskiye Babushki (« les grands-mères de Bouranovo ») atteignait l’âge bicanonique de 86 ans, elle était encore battue à plate couture par le candidat présenté par la Suisse l’année suivante : Emil Ramsauer, un contrebassiste de l’Armée du salut de… 95 ans !

Pour en revenir à Conchita l’Autrichienne (pays qui a donc donné au monde un dictateur à moustache et une femme à barbe), elle avait eu des prédécesseurs douze ans plus tôt : en 2002, la Slovénie envoie au concours le groupe Sestre, composé de trois drag queens nippées comme des hôtesses de l’air (enfin, plus ou moins…).

Cette année, le clou de la soirée devrait être nos punks trisomiques finlandais. Quand on sait qu’il faudra forcément, en 2016, faire encore plus dément et décadent pour « accrocher » le public de l'Eurovision, on se dit que tout ça devient limite-fout-la-trouille !

Didier Balbec

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