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Eva Green : “Je me sens nulle à côté de ma mère !”

Publié le 6 novembre 2014

C’est à Los Angeles
que la fille de Marlène Jobert,
Eva Green,
nous a accordé cet entretien,
où elle nous parle longuement
de leur complicité.

Entre deux tournages, Eva Green n’en finit pas de subjuguer avec son talent et sa beauté la communauté hollywoodienne. Dernière preuve en date, un rôle de « mante religieuse flingueuse » dans Sin City : j’ai tué pour elle.

Miss Green a même fait rougir le comité de censure aux États-Unis. Son crime : avoir posé en tenue transparente sur l’affiche de ce film. Son châtiment : un passage sur Photoshop pour cacher le galbe de ses seins. Une tempête dans un verre d’eau, selon elle.

France Dimanche (F.D.) : Avez-vous le sentiment d’avoir changé depuis que vous êtes arrivée dans la Mecque du 7e art ?

Eva Green (E.G.) : Je ne sais pas. J’ai toujours beaucoup d’appréhension quand je dois faire la promotion d’un film. Comme je manque de confiance en moi, chaque fois c’est une épreuve.

F.D. : Pourquoi ne vous êtes-vous jamais installée à Los Angeles ?

E.G. : J’y vais pour le travail, mais y vivre, ça, jamais ! D’une part, j’exècre les embouteillages, car c’est une perte de temps. D’autre part, il y a cette pollution qui vous pique le nez et vous irrite les yeux. À L.A., les gens prennent leur voiture pour faire des sauts de puce. Ça me consterne.

F.D. : Votre mère, Marlène Jobert, vous a-t-elle inspirée en temps qu’actrice ?

E.G. : Elle est si spontanée et intuitive ! Récemment, je suis allée au Cinematic. Ils passaient Nous ne vieillirons pas ensemble, de Maurice Pialat. C’était incroyable de la revoir sur grand écran. Elle est tellement douée ! Je me sens nulle à côté de ma mère. Elle est tout ce que j’aimerais être. Tellement dans l’instinct ! Moi, j’ai tendance à être trop dans ma tête. Elle est merveilleuse et totalement charmante.

Eva + MarlèneF.D. : Elle a dû être enchantée quand vous avez décroché le rôle de la James Bond girl dans Casino Royale, en 2006, parmi 2.000 autres candidates !

E.G. : Oui ! Mais elle m’a aussi mise en garde contre les pièges qu’on pourrait me tendre. Son principal conseil, c’était : « Fais ton boulot le plus sérieusement possible, mais ne te prends jamais au sérieux ! » Les acteurs évoluent dans un monde cruel, où tous les coups sont permis. Tant que vous plaisez, on vous garde, mais dès que vous ne plaisez plus, on vous largue !

F.D. : Votre maman a été un sex-symbol. Vous a-t-elle donné des conseils sur les hommes ?

E.G. : Non, jamais. Et c’est tant mieux ! J’ai aimé découvrir ces choses-là par moi-même. De plus, je ne supporte pas ces mères qui jouent les copines avec leurs filles. La mienne a cessé de tourner quand elle avait une quarantaine d’années. Avant, elle était constamment devant les caméras. Puis, à un moment de sa vie, jugeant que le monde du cinéma était en train de devenir fou, elle a voulu se consacrer à ma sœur et moi. Je crois qu’au fond elle ne supportait plus le regard des autres ni leurs jugements. J’espère sincèrement qu’elle reviendra devant une caméra, car elle était si unique au cinéma !

F.D. : Quel type d’hommes trouve grâce à vos beaux yeux ?

E.G. : Je les aime introvertis, vous savez, ceux que vous devez quasiment cuisiner pour qu’ils décrochent un mot. Je ne suis pas non plus contre une bonne dose d’humilité, de discrétion et de féminité ! Je me fiche du pedigree et des états de service. Je peux aussi bien vibrer pour un homme venant de la Lune que de la rue d’en face. Ce qui est vital pour moi, c’est sa capacité à me faire rire et à m’émouvoir !

F.D. : Est-il vrai que c’est Isabelle Adjani qui vous a donné envie de faire du cinéma ?

E.G. : Oui ! J’ai toujours rêvé de devenir actrice, mais secrètement ! Je ne voulais pas que les gens se disent : « Cette fille veut exercer le même métier que sa mère pour être connue. » Jusqu’au jour où j’ai découvert Adjani dans L’histoire d’Adèle H. Je suis tombée en extase devant sa prestation !

F.D. : Votre mère vous a-t-elle pistonnée ?

E.G. : Jamais ! J’ai dû lui prouver, et me prouver, que je savais jouer. En revanche, elle a toujours répondu présent lorsqu’il s’agissait de me faire réviser mon texte. Elle est très patiente avec moi. Je ne vous cache pas non plus qu’elle est vraiment effrayée par mon choix de carrière.

F.D. : Marlène Jobert écrit aujourd’hui des livres pour enfants. Quel est votre préféré ?

E.G. : L’arbre qui pleure. Ça raconte l’histoire d’un bûcheron qui s’apprête à abattre un chêne jusqu’à ce qu’il découvre que l’arbre en question ne veut pas mourir. Maman a aussi écrit une autobiographie, Les baisers du soleil, qui vient de sortir chez Plon.

Eva familleF.D. : Quel métier exerce votre sœur jumelle, Joy ?

E.G. : Elle s’occupe de chevaux. Elle s’est mariée avec un comte italien et lui a donné un fils, Giulio, 3 ans. Joy mène une vie formidable, qui n’a rien à voir avec la mienne.

F.D. : Quel est votre style vestimentaire ?

E.G. : J’aime le confort. Et le noir, parce que ça me permet de ne pas avoir trop à réfléchir quand je m’habille le matin. Mais c’est vrai que, sur les tapis rouges, j’aime être extravagante, comme une petite fille qui se déguise.

F.D. : Vous êtes superbe à chaque apparition…

E.G. : C’est parce que je fais toujours amie-amie avec les maquilleuses et les coiffeuses ! Sans elles, je ne serais pas aussi glam !

Franck Rousseau

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