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Evelyne Dheliat : Cette fois, elle risque gros !

Publié le 18 mai 2020

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En se rendant à TF1 pour présenter la météo, Evelyne Dheliat vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête…

Depuis le début du confinement, Évelyne Dhéliat s'applique à garder le moral. Recluse chez elle lorsqu'elle ne se trouve pas aux manettes des bulletins météo à TF1, elle s'occupe comme elle le peut. Rangement, ménage, tout y passe. Une vraie tornade ! « Je n'ai jamais eu un appartement aussi propre… J'ai fait un tri considérable dans mes placards ! », précise-t-elle à Télé Magazine. Autant d'activités qu'elle s'impose au quotidien pour s'empêcher de penser à la triste réalité. Une attitude plus que sensée lorsqu'on connaît l'effet désastreux que l'actuelle pandémie de coronavirus peut avoir sur le psychisme. Entre la crainte d'être contaminée et l'enfermement imposé, les réactions d'anxiété et de déprime sont quasiment inéluctables et, pour éviter de sombrer, il convient de s'occuper. Multiplier, comme le fait Évelyne, les tâches ménagères, aussi contraignantes soient-elles, ne peut être que bénéfique pour chasser les pensées négatives ! À l'abri dans son cocon, elle aurait aussi la sensation de contrôler un tant soit peu la situation. Mais lorsqu'elle sort de chez elle, c'est une tout autre histoire.


 

Soudain en perte de repères, elle serait la proie des inquiétudes en lien avec le virus. En se rendant plusieurs fois par semaine dans la tour de TF1 afin de présenter la météo, elle peinerait à contenir son angoisse, car elle sait qu'ici, comme dans tous les lieux de collectivité, cet ennemi invisible nommé Covid-19 rôde. « Je suis en direct après le journal de 13 heures, mais j'enregistre le bulletin du soir en fin d'après-midi », précise-t-elle. Sur place donc durant de longues heures, l'animatrice sait qu'elle prend des risques considérables, jusqu'à mettre ses jours en danger ! Touchée voilà huit ans par un cancer du sein, Évelyne fait partie des personnes les plus exposées au risque de développer une forme grave de la maladie. En effet, tous ceux et celles qui ont eu le malheur d'être touchés par le cancer sont généralement plus fragiles face aux infections virales comme le Covid-19. Si fragiles que le risque de complications respiratoires est, selon les spécialistes, de quatre à cinq fois plus important que celui du reste de la population. Ces complications respiratoires ont ensuite de fortes chances de s'avérer fatales, surtout si le patient, comme ce fut le cas pour l'animatrice, a reçu une chimiothérapie qui a considérablement affaibli les défenses immunitaires de l'organisme. Tous les oncologues s'accordent là-dessus : ces personnes doivent impérativement prendre des précautions particulières et, pour elles, un confinement très strict est plus que jamais recommandé.

Seulement voilà, l'intéressée ne l'entend pas de cette oreille. « C'est un bonheur de pouvoir continuer à travailler », clame-t-elle. Vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête est devenu son lot quotidien depuis 2012, une année maudite où elle avait appris qu'elle avait un cancer du sein. Et la pandémie n'a fait que renforcer ce sentiment effroyable : pour elle, la survivante, chaque jour passé debout est une victoire ! Pour la présentatrice météo, le protocole de soins mis en place avait été très lourd. Elle avait d'abord dû subir une délicate intervention chirurgicale, suivie de nombreuses séances de chimiothérapie qui lui ont fait perdre tous ses cheveux. Faisant preuve d ’ u n courage admirable, elle ne s'était jamais apitoyée sur son sort. Mieux ! Elle n'avait pas déserté les plateaux de télévision pour autant. Déterminée à ne rien laisser deviner de la redoutable épreuve qu'elle était en train de traverser, elle avait même décidé de présenter la météo coiffée d'une perruque… « Pendant ce combat, j'ai été très entourée par ma famille, mes amis et je l'ai pris à bras-le-corps. Je savais que j'étais entre de bonnes mains pour me soigner et, surtout, j'ai très vite repris le travail », racontait-elle dans Gala. Revenir très rapidement à l'antenne l'avait beaucoup aidée sur le chemin qui mène à la guérison. « Le travail, c'est la vie et le signe qu'elle continue », disait-elle déjà à l'époque.

Consciente d'être en sursis, elle confiait néanmoins craindre une rechute à tout moment. Comme toutes les patientes touchées par cette effroyable maladie, elle avouait aussi affronter régulièrement bilans sanguins et scanners. « Je reste vigilante, je fais tous mes contrôles. La vie continue », disait-t-elle. Mais elle ajoutait, bravache : « Je veille sur tout, mais je ne m'écoute pas. J'avance. » Mais aujourd'hui, la donne a changé. Et alors que le virus ne cesse de faire des ravages, Évelyne, qui poursuit sa vie professionnelle comme si de rien n'était, ou presque, se met en danger à chaque fois qu'elle met les pieds à TF1. Persuadée qu'il s'agit pour elle d'une bulle d'oxygène salvatrice face à son avenir qu'elle qualifie de « gigantesque point d'interrogation », elle préfère avec fatalisme s'en remettre au destin. Réalisant qu'elle se trouve à un « tournant » de sa vie « avec un virage certes dangereux », elle n'a pas l'intention de capituler.

Comme tous les météorologues qui savent qu'après la pluie vient le beau temps, elle reste néanmoins optimiste. « Nous allons redresser la barre et on ira mieux après », a-t-elle conclu. Un formidable message d'espoir pour l'humanité tout entière…

Valérie EDMOND

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