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Évelyne Dhéliat : Elle perd un être cher !

Publié le 5 décembre 2018

Avec Nicolas, qui savait si bien murmurer à l’oreille des fleurs et des téléspectateurs, Évelyne Dhéliat a passé six merveilleuses années.

En ce mercredi 21 novembre, le temps était pluvieux dehors, mais aussi dans le cœur de la cheffe météo de TF1. Car ce jour-là, Évelyne Dhéliat apprenait la disparition, à 89 ans, de Nicolas le Jardinier. Un compagnon délicieux avec lequel elle a vécu de longues années dans la même maison, partagé de nombreux fous rires et une certaine philosophie de l’existence : l’amour et le respect de cette nature sans laquelle nous ne serions pas.

C’est un peu par hasard si Raymond Mondet, de son vrai nom, s’est retrouvé à transmettre aux téléspectateurs sa passion pour le jardinage. Jeune, ce fils de maréchal-ferrant, natif de Romainville, en Seine-Saint-Denis, se destinait en effet à une carrière dans les assurances.

Profession pour laquelle il n’était visiblement pas fait puisqu’il en est rapidement renvoyé. Il décide alors de s’inscrire à la prestigieuse école Du Breuil, établissement de la ville de Paris spécialisé dans l’horticulture. Après quatre ans d’études, il en ressort jardinier quatre branches (une sorte de doctorat ès jardins).

Nous sommes en 1948. Cette même année, à Cologne, en Allemagne, un bébé pousse son premier cri. Cette petite fille qui se prénomme, vous l’aurez peut-être deviné, Évelyne, jouera un grand rôle dans la vie du jeune diplômé qui s’appelle encore Raymond, mais cela, bien sûr, l’un comme l’autre l’ignorent…


Écrire, partager son amour pour les arbres, les fleurs, les fruits, les légumes, voilà la nouvelle tâche que s’est fixée Raymond. Il entre au magazine Rustica, où il fait ses premières armes comme journaliste avant d’en devenir, en 1958 et pendant vingt-cinq ans, le rédacteur en chef. En 1969, l’éditeur d’Astérix et d’Achille Talon, Georges Dargaud, rachète Rustica. C’est lui qui attribue alors à Raymond ce pseudonyme de Nicolas le Jardinier qui ne le quittera plus.

La petite fille, elle, a grandi. Devenue une charmante jeune femme, d’abord speakerine à l’ORTF puis présentatrice sur la première chaîne, elle se voit proposer d’animer, au côté de Jean Lanzi, une toute nouvelle émission intitulée La maison de TF1, en 1982. Il n’y est pas seulement question d’intérieur. On y cause aussi jardin, et la Une fait appel à un expert en la matière : Nicolas le Jardinier. Avec Évelyne, qui incarne la maîtresse des lieux, le courant passe tout de suite. Simplicité, sourire, sérieux, ils ont tous deux la même façon de concevoir leur métier. Rien d’étonnant donc à ce qu’ils se soient aussi bien entendus ! Comme elle le disait en introduction de l’émission : « Et je crois qu’on va bien s’amuser ! »

À n’en pas douter, la célèbre moustache de Nicolas, que relevait son éternel sourire, ses proverbes devenus sa marque de fabrique – « Pour la Saint-Joseph, chaque oiseau bâtit son château » ; « À la Saint-Vincent, tout dégèle ou tout fend » – contribuaient à cette partie de plaisir.

« Ç’a été extraordinaire. C’était un petit peu de la télé-réalité avant l’heure. On était un couple dans une maison avec des copains, on se tutoyait, ce qui était rare à l’époque, et cela reste un formidable souvenir », évoquait Évelyne Dhéliat, à l’occasion des 40 ans de la Une.

En 1988, la Maison ferme ses portes. La jeune femme part animer C’est bon à savoir, et son copain à la main verte se voit offrir par TF1 sa propre émission : Le jardin de Nicolas.

S’ils ne tournent plus dans le même studio, ce n’est pas pour autant qu’Évelyne et Raymond cessent de se voir… Moins souvent, peut-être, mais toujours avec bonheur. La graine de l’amitié, semée six ans plus tôt, a porté ses fruits.

Après la Une, c’est sur la Cinq et les ondes d’Europe 1 que notre médiatique jardinier officie. Et quand il ne prêche pas, il écrit. Il a en effet publié six ouvrages, dont le dernier, Mon jardin, est paru en 1999 chez Rustica éditions.

Dans les années 2000, il se retire de la vie publique pour savourer une retraite active dans la demeure familiale de Romainville, dont il a hérité à la mort de ses parents. Trois bâtiments et trois lopins de terre où il a fait pousser avec amour ces fleurs, légumes et fruitiers dont il parlait si bien.

Évelyne avait-elle récemment revu Nicolas ? L’un comme l’autre cultivant la discrétion, il est difficile d’en être certain. Malgré sa peine, il doit être sans doute doux à l’animatrice de savoir que Raymond espérait, depuis quelque temps déjà, « le jour béni où je vais enfin retrouver ma sœur, ma mère et mon père. Et puis tous les autres. Je sais qu’ils m’attendent ».

Lili CHABLIS

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