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Évelyne Thomas : “Personne ne doit vous dire ce que vous devez faire !”

Publié le 15 mars 2018

Toujours célibataire, Évelyne Thomas n’en reste pas moins une animatrice dans le vent et, surtout, une 
maman solo.

Elle est l’une des dernières véritables stars de la télé. Figure emblématique du service public entre 1999 et 2004 avec C’est mon choix, Évelyne Thomas était devenue la meilleure amie des Français. Enterrée trop vite par certains dans les années qui suivirent, l’animatrice de 54 ans est depuis 2015 aux commandes d’une version new-look de son émission mythique.

Désormais sur Chérie 25, où elle officie du lundi au vendredi à 17 h, elle ne cesse de battre des records d’audience ! Et, du 8 au 11 mars, pour la Journée de la femme, elle présentera vingt portraits inédits à ne pas manquer…

France Dimanche : Quelle a été la recette miracle pour remettre C’est mon choix au goût du jour ?

Évelyne Thomas : Quelques ajustements ont suffi. Le public intervient beaucoup plus, par exemple, puisqu’il descend sur le plateau pour participer. Les thématiques ont changé aussi. Avec toute l’équipe, on s’est adaptés à la nouvelle case horaire, qui est passée de 14 h à 17 h. Ça ne peut pas être la même émission ! J’ai une fille de 16 ans, Lola, ce qui m’aide beaucoup à me renouveler. J’essaie de comprendre ce qu’elle et ses copines ont envie de voir à la télévision. Je suis un peu leur confidente. Donc je n’hésite pas à leur demander conseil [rires] ! Ça me permet de rester en prise avec la jeunesse d’aujourd’hui.

FD : Conquérir les jeunes était votre objectif ?

ET : Oui, c’était mon vœu le plus cher ! Désormais, C’est mon choix nouvelle formule touche les jeunes de 15 à 24 ans comme les ménagères. Avoir réussi à conquérir depuis 2015 un public qui n’a pas connu l’ancienne version, j’en suis vraiment super fière ! Mon plus beau cadeau, c’est d’être arrêtée dans la rue par des gamines de 16 ans qui trouvent mon émission géniale.


FD : Et vous, en quoi avez-vous changé ?

ET : Avec la maturité, je me sens plus libre. Je contrôle moins mon image. Je marche plus à l’instinct et à l’envie qu’avant. Aujourd’hui, je veux m’amuser avant tout, en animant un vrai talk-show à l’américaine, grâce à la liberté qui m’est laissée. Cela ne m’empêche pas d’être toujours aussi émue par les gens qui viennent nous raconter leurs histoires, parfois bouleversantes. On passe souvent du rire aux larmes. C’est très touchant. Et cela donne de la saveur à mon métier.

FD : À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, vous présenterez sur Chérie 25 des portraits, dont ceux de la journaliste Tina Kieffer ou de l’actrice Stéfi Celma. Racontez-nous…

ET : La direction a voulu réaliser une série de vingt portraits et m’a demandé de m’en occuper. C’était formidable. Chacune de ces femmes a réussi dans son domaine et a tout tenté pour aller au bout de son rêve. C’est une attitude qui me correspond et que je recommande à tous : personne ne doit vous dire ce que vous devez faire !

FD : Cette journée aura une saveur un peu particulière, après tout ce qui s’est passé en 2017 à propos du harcèlement…

ET : [Elle coupe]… Mais cette libération de la parole devait bien finir par arriver ! La leçon à retenir, c’est qu’il faut désormais que l’on cesse de considérer les individus en termes de genre. Aussi bien les hommes que les femmes. Le sexisme, j’en ai aussi été victime, je connais. Dans le journalisme, ça existe, bien sûr… J’ai démarré en 1984, donc vous imaginez ce que ça pouvait être à l’époque ! Mais je vous avoue que je m’en fichais un peu.

FD : Quinze ans après avoir été choisie pour incarner Marianne, qu’en pensez-vous ?

ET : J’en suis toujours aussi fière ! C’était la première fois qu’une femme de télévision était choisie. J’ai trouvé ça bien car les valeurs que je portais étaient celles de mes compatriotes. Ça m’a toujours beaucoup touchée. Le fait que
« République française » soit inscrit sur ces bustes, ce n’est pas rien… J’en ai d’ailleurs gardé un exemplaire ! Au moment où je vous parle, il est juste en face de moi. Dans mon salon, sous la télévision !

FD : Pourquoi avez-vous choisi, en 2015, de vous installer en Corse ?

ET : J’en ai eu marre de Paris. Je me suis dit que la vraie vie n’était pas là. J’avais découvert la Corse avec mon premier amour quand j’avais 17 ans… Puis, il y a une dizaine d’années, des amis m’ont invitée ici, sur l’île Rousse, pour un trophée de pétanque, et cet endroit m’a fascinée ! Toute la Corse est belle, mais il y a ici une couleur, un parfum, quelque chose de différent. J’y suis retournée en vacances plusieurs fois, et j’en revenais toujours les larmes aux yeux. Un jour, mes amis corses m’ont invitée à venir m’y installer, alors j’ai foncé. Aujourd’hui, ma fille est ravie et ne veut absolument pas rentrer ! On est super bien intégrées et très heureuses toutes les deux. Enfin, tous les quatre ! Car nous avons tout plaqué avec notre chat [une femelle, ndlr], et en arrivant, je me suis dit qu’elle avait bien besoin d’un petit compagnon de route, alors j’ai décidé d’adopter un jeune chat corse roux ! Je l’ai trouvé à Monticello, la commune où vit Jacques Dutronc. Et à cause de la couleur de son poil, je l’ai appelé « Prince Harry » [rires] ! C’est désormais le mâle de la famille !

FD : À quoi ressemble votre quotidien ?

ET : Quand je ne suis pas à Paris pour tourner mes émissions, je suis une maman comme les autres. Je fais le ménage le matin, des lessives, je change la litière des chats, même si ce n’est pas très glamour [rires], et quand ma fille rentre du lycée à midi, je lui prépare à manger… Voilà, quoi, j’ai une vie très simple ! Quand j’ai envie de faire du sport, je m’y mets à fond.

FD : En parlant de votre Prince Harry comme du « mâle de la maison », vous me tendez une perche… Êtes-vous toujours célibataire ?

ET : Oui. Ce n’est pas par choix. Vous savez, j’ai acquis une maturité qui me donne une certaine indépendance. Je suis une femme qui élève seule sa fille, dans un métier exposé, avec tout ce qui va avec, et il n’est pas toujours facile de trouver quelqu’un qui accepte ça. Une femme de caractère, on dit souvent qu’elle en a trop… ce qui m’insupporte ! Parfois, c’est fatigant, j’aimerais bien pouvoir me reposer sur quelqu’un, mais voilà… pour l’instant ce n’est pas le cas. Un jour viendra où il y aura à nouveau un homme dans ma vie. Mais il faut me prendre comme je suis.

FD : Pour conclure, une question toute simple… Êtes-vous bien dans votre peau ?

ET : Oui ! À une époque, j’avais beaucoup grossi, ensuite j’ai maigri, puis, là, j’ai un peu repris… Mais, à un moment, j’essaie de me dire que si les gens doivent m’aimer, ils m’aimeront comme je suis. Le plus important, c’est l’image que j’ai de moi-même. Quand je me regarde aujourd’hui à la télé, par rapport à la femme que j’étais il y a quinze ans, je me dis que je n’ai pas à rougir de celle que je suis devenue. Mais je ne vais vous mentir, je me préfère dans un pantalon taille
38 que dans un 42 [rires] !

Florian ANSELME

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