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Fabien Lecœuvre : “Je dois tout à Line Renaud !”

Publié le 23 janvier 2019

Fabien Lecœuvre, grand spécialiste de la chanson française se confie à cœur ouvert sur ses multiples activités et projets.

Aussi à l’aise aux côtés de Patrick Sébastien, dans Les années bonheur, sur France 2 que sur le plateau de CNews où il raconte jusqu’au 6 janvier l’histoire des plus belles chansons de Noël, le chroniqueur de 60 ans, est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, et ses deux derniers livres, 50 tubes de Johnny Hallyday racontés par Fabien Lecœuvre (Éditions du Rocher) et La véritable histoire des chansons de Michel Sardou (Hugo Image), font un carton en librairie. Interview.

FD : C’est vraiment le clap de fin définitif pour les Années bonheur ? 
FL : Le samedi 15 décembre, face aux Miss France, on a quand même réuni 2 700 000 personnes. Il n’y a que Sébastien pour réussir une telle performance. Mais, c’est vrai, l’émission devrait s’arrêter fin août 2019, à moins que France 2 ne nous accorde une petite rallonge…

FD : On vous sent très complices avec Patrick Sébastien…
FL : Oui, on s’entend vraiment très bien. On n’a même plus besoin de se parler pour se comprendre. Un simple regard suffit ! Il y a une sorte de fraternité entre nous. Il m’impressionne. Il travaille comme une fourmi avec dix idées à la minute. À chaque fois que l’on se retrouve pour les besoins des tournages, on s’embrasse, on s’étreint tout simplement parce que l’on s’aime bien ! C’est marrant, c’est comme si l’on était aimantés l’un par l’autre… en tout bien tout honneur, bien sûr… [Rires]

FD : Vous êtes écrivain, chroniqueur télé, attaché de presse : comment avez-vous débuté ?
FL : C’est une très longue histoire ! J’ai eu mon bac très jeune, à 15 ans et demi. Pour faire plaisir à mes parents, j’ai intégré l’école de la chambre de commerce et de l’industrie de Paris. J’y présentais un journal télévisé en interne. Un jour, j’ai reçu Line Renaud. Elle entamait sa quatrième saison au Casino de Paris avec son spectacle Paris-Line. Lorsqu’elle a su que j’avais des origines ch’tis – je suis né à Paris mais toute ma famille est originaire de Vitry-en-Artois –, on a sympathisé. J’avais 18 ans et je devais bientôt partir au service militaire en Allemagne alors que je venais de décrocher un boulot de stagiaire dans une maison de disques. J’étais ennuyé. Sensible à mon histoire, elle a appelé un général de l’armée de l’Air à Balard. Du coup, grâce à ce piston, j’ai pu devancer l’appel et je me suis retrouvé dans ce ministère au service « sport et spectacle » tout en étant quelques heures par semaine stagiaire dans une maison de disques. La grande qualité de Line Renaud, c’est qu’elle a passé sa vie entière à rendre service aux gens. C’est une femme exceptionnelle…

FD : D’où vous vient cet amour pour la chanson française ?
FL : Enfant, je passais mes vacances chez ma tante Simone à Paris qui me traînait tous les soirs au spectacle. Elle adorait le music-hall, avec un faible pour les opérettes. J’ai vu Luis Mariano dans La Caravelle d’or, mais aussi Marcel Merkès et Paulette Merval. Grâce à elle, j’ai pu applaudir de grandes légendes de la chanson : Annie Cordy, Claude François, Charles Trenet, Les Compagnons de la chanson, Georges Brassens, Marcel Amont… À chaque fois que j’étais dans un théâtre, je rêvais de pousser la porte « Entrée des artistes » pour découvrir ce qui se passait dans les loges…


FD : Vous vouliez être chanteur ?
FL : Non, pas vraiment. Mon rêve de gosse, c’était de devenir imprésario. Ma mère était abonnée à France Dimanche et je dévorais les articles consacrés aux agents des stars : Mireille Mathieu et Johnny Stark, Sheila et Claude Carrère, Dalida et Eddie Barclay. Ça m’intriguait…

FD : Vous êtes depuis quatorze ans l’agent de Michel Polnareff. Comment va-t-il ?
FL : Il va très bien ! Il est ravi du succès de son album Enfin ! et s’entraîne toujours comme un fou pour rester au top. Il fait plusieurs heures de musculation par jour et il aimerait beaucoup partir en tournée.

FD : Pourquoi avoir attendu vingt-huit ans avant de sortir un nouvel album ?
FL : Michel fait un album quand il estime avoir des choses à dire, à la manière de Jacques Brel, qui n’a jamais respecté les cadences imposées par les maisons de disques. Mais depuis Kâmâ-Sûtra, sorti en 1990, il n’a pas cessé d’enregistrer dans son studio personnel, chez lui, à Palm Springs. En Californie, il a trouvé son équilibre auprès de sa femme, Danyellah, et de leur fils de 8 ans, Louka.

FD : Vous vouliez être un personnage de l’ombre et vous voilà en pleine lumière. Paradoxal, non ?
FL : Oui. L’époque est ainsi faite. Je suis à la fois dans l’ombre et la lumière. Mon bureau de presse gère la communication de nombreux artistes, mais à force de squatter les plateaux télé pour parler, comme ces derniers temps, de Johnny ou de France Gall, mon visage est devenu familier. J’ai d’ailleurs une anecdote très marrante à ce sujet. Tout récemment, je me trouvais à Los Angeles avec Michel Polnareff. On avait pris un verre au bar du Beverly Hills Hotel. En sortant, on est tombés sur des Français qui m’ont apostrophé : « Vous êtes bien Fabien Lecœuvre ? Si ma mère savait ça… Je peux faire une photo avec vous pour la lui envoyer ? » Ce jour-là, Polnareff avait tiré ses cheveux et ne portait pas ses lunettes blanches. Les types qui ne l’avaient donc pas reconnu ont même osé lui demander : « Monsieur, monsieur, vous pouvez nous prendre en photo avec Fabien Lecœuvre, s’il vous plaît ? » Sans broncher, Michel s’est exécuté, mais je sentais que ça le faisait marrer. « J’ai un attaché de presse plus célèbre que moi ! » raconte-t-il depuis, avec son second degré habituel. Cette histoire n’a pas fini de le faire hurler de rire…

Sophie MARION

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