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FAITS DIVERS : Oradour-sur-Glane, l'effroyable témoignage du dernier survivant !

Publié le 29 juin 2022

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Le 10 juin 1944 survient l'une des dernières tragédies de la Seconde Guerre mondiale sur le sol européen, avec la mort de 643 Français, dont 450 femmes et enfants. Robert Hébras y était.

Dans le village d'Oradour-sur-Glane (Limousin), ce matin du 10 juin 1944, il y a du monde dans les rues. Les rations de tabac sont distribuées. Quatre jours auparavant, les Alliés ont débarqué en Normandie. Et si les tactiques allemandes se sont radicalisées contre la Résistance française depuis le début de l'année, avec le Débarquement, la population reprend espoir et espère en sa libération prochaine.

Robert Hébras, qui va sur ses 19 ans, a l'insouciance de sa jeunesse. Il pense aux bals clandestins, aux jeunes filles, aux balades à bicyclette… Mais le destin ne tarde pas à le rattraper quand, en ce début d'après-midi du 10 juin, pénètre dans le bourg le 1er bataillon du 3e régiment de Panzergrenadier Der Führer de la division blindée SS Das Reich.

Très vite la colonne militaire allemande rabat l'ensemble de la population sur le champ de foire. Robert ne s'inquiète pas trop et rassure sa mère sur ce qu'il pense n'être alors qu'un simple contrôle d'identité. Mais ces troupes aux abois cherchent autre chose. Des caches de munitions, des maquisards en armes prêts à attaquer ce qui reste de leur arrière-garde… Quand soudain, c'est l'engrenage. Infernal. Les soldats allemands séparent les hommes des femmes et des enfants. Les hommes ? Une cinquantaine est parquée dans une grange. Robert Hébras est de ceux-là : « D'un geste, un soldat me fait signe et aux autres, assis au fond, de se relever. Les hommes obtempèrent. Tous, face aux SS, restent dociles et silencieux. À peine le soldat a-t-il regagné l'entrée de la grange qu'une détonation assourdissante retentit dans le village. C'est le signal. Allongés derrière leurs mitrailleuses, les SS ouvrent le feu. Des rafales partent et les hommes tombent comme des fétus de paille. Ils sont fauchés, principalement atteints aux jambes, et s'écroulent les uns sur les autres, comme des poupées de chiffon. »

“Des rafales partent et les hommes tombent comme des fétus de paille.”

Avec le président Macron en 2017, lors de la cérémonie du 73e anniversaire du massacre d'Oradour-sur-Glane pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ce récit existe grâce au livre Le Dernier Témoin d'Oradour-sur-Glane (éd. HarperCollins) que Robert, 96 ans aujourd'hui, a coécrit avec sa petite-fille, Agathe, et Mélissa Boufigi. Ce passage de témoin, nécessaire à la transmission de cette mémoire douloureuse, comprend des pages poignantes : « Tétanisé par la terreur, mon grand-père se laisse sombrer. Il a la sensation de disparaître sous les corps, de s'enfoncer dans le sang et la poussière. Les gémissements se font de plus en plus rares, laissant place au seul bruit des bottes. Les bourreaux vont et viennent. Ils recouvrent les corps de foin, de paille et de bois. De tout ce qu'ils trouvent et qui est susceptible de brûler. » Malgré tout, il réussira à prendre la fuite : « Il valait mieux être abattu que brûlé vif », écrit-il. Seuls cinq autres miraculés survivront à ce carnage.

“Il valait mieux être abattu que brûlé vif.”

Classées monument historique en 1946, les ruines du village martyr reçoivent chaque année 300 000 visiteurs.

Fils d'un héros de la Grande Guerre, Robert Hébras est né dans une famille où tout manque, sauf l'amour, celui des parents et de ses frères et sœurs. C'est un brave gars, bon camarade et plutôt assidu à l'office dominical. Longtemps toutefois, il conservera « la haine » en lui…

Quand le procès des bourreaux d'Oradour commence en 1953, soit huit ans après les faits, 65 personnes sont accusées d'avoir pris part au massacre, mais seules 21 sont présentes au tribunal. Les offi-ciers responsables sont absents. Parmi les Français inculpés se trouvent quatorze Alsaciens : un volontaire et treize « incorporés de force ». Des monstres ? Ou de simples « malgré-nous » contraints, du fait de leur origine alsacienne, à servir sous l'uniforme ennemi ?

Invité en 1985 par le chancelier allemand Willy Brandt à une conférence de la paix tenue à Nuremberg – où furent jugés les criminels de guerre nazis –, Robert Hébras se souvient : « J'y ai rencontré des êtres humains comme moi. […] Si je n'ai pas oublié, si je n'ai pas pardonné, eux ne sont pas responsables. » Puis, le survivant de l'enfer temporise : « On n'est pas naïfs. Ça fait 80 ans qu'on prône le “plus jamais ça” et que des drames se produisent partout ». Néanmoins faire « passer un message de paix et de fraternité » reste selon lui ce qu'il y a de plus important.

• Le Dernier Témoin d'Oradour-sur-Glane, de Mélissa Boufigi, Robert Hébras et Agathe Hébras, éd. HarperCollins, 18 €

Jacques Bouthier Richissime prédateur sexuel !

Patron d'une des plus importantes sociétés de courtage en assurances, Assu 2000, Jacques Bouthier faisait partie des cinq cents Français les plus riches du pays. Il aimait à entretenir le mythe de l'homme parti de rien pour se hisser au sommet. Derrière les feux de la rampe se cache une vie privée des plus troubles. Tout bascule quand une adolescente de 16 ans porte plainte pour viols à répétition. Ce septuagénaire milliardaire l'entretenait à grands frais, exigeant en échange une disponibilité sexuelle de chaque instant. Ayant compris qu'elle n'était qu'une « esclave », la victime se rebiffe, filme leurs ébats et tente de faire chanter son « bienfaiteur ». L'homme monte alors un commando de cinq personnes, dont son épouse et un ancien du GIGN, afin de récupérer le film et d'exfiltrer la gêneuse à l'étranger… Ceux-ci sont aujourd'hui sous les verrous, tout comme leur commanditaire, écroué ce 21 mai. Sept autres victimes ont depuis été identifiées, la plupart mineures au moment des faits. L'occasion de mettre au jour un système de prostitution pédophile à grande échelle, dont des cadres d'Assu 2000 auraient été les bénéficiaires. 

Nicolas GAUTHIER

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