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Fanny Agostini : “Je quitte Paris pour l’Auvergne !”

Publié le 26 avril 2019

L’animatrice de Thalassa Fanny Agostini et son mari s’installent à la campagne pour réaliser leur rêve.

Hier Miss Météo sur BFM, c’est avec succès que la pétillante journaliste succédait, il y a deux ans, à Georges Pernoud à la barre de Thalassa, sur France 3. Un métier qui lui permettait de se rapprocher de la nature. Mais c’est surtout sa rencontre avec Henri Landes, l’homme de sa vie, lui aussi fervent défenseur de l’environnement, qui a tout changé. Ces deux adorateurs de la terre viennent de donner naissance au magnifique projet « LanDestini », un fonds de dotation à but non lucratif qui a pour mission de relier l’homme à la nature. Pour ce faire, ils ont décidé de quitter la capitale pour une ferme à Boisset, en pleine campagne auvergnate, terre natale de Fanny. Le lancement de cette belle aventure a eu lieu le 16 avril à l’Aquarium de Paris, et à la fin du mois, l’heureux couple commencera sa nouvelle vie. En exclusivité, ils nous font partager leur immense bonheur. 

France Dimanche : Comment est née l’idée de ce beau projet ?
Fanny Agostini : De manière évidente. Nos deux parcours se sont croisés et ont trouvé un point de convergence. Henri a travaillé sur les questions environnementales, en tant qu’enseignant à Sciences-Po et ancien directeur de la fondation GoodPlanet ; et moi, bien avant d’être à la télévision, mon fil conducteur a toujours été la protection de la nature. Et pour nos 30 ans, on s’est posé la question de nos envies communes, en s’appuyant sur nos expériences respectives, nos compétences diverses et nos réseaux, et on s’est dit : « Pourquoi ne pas tenter l’aventure ? » On a quitté Paris pour l’Auvergne, ce qui avait beaucoup plus de sens pour nous. 

FD : Auriez-vous pu imaginer vous lancer, l’un sans l’autre ?
Henri Landes :
Non, pas du tout. Je me serais évidemment engagé dans l’environnement, comme je l’ai toujours fait, mais certainement pas dans un projet aussi complexe, et tellement magnifique. D’autant que je le réalise avec la femme de ma vie ! Ce n’est pas toujours facile de lier amour et travail, mais là, c’est une évidence. Et quelle joie d’aller mettre les mains dans la terre, d’être confronté au quotidien à cette biodiversité et essayer de la préserver. C’est mieux que de rester à Paris, derrière un bureau. Je n’aurais jamais pu réaliser ça sans Fanny, et je m’en réjouis tous les jours. 

FD : D’où vous vient cet amour de la nature ?
FA : C’est très ancré en moi. Je suis née et j’ai grandi en Auvergne, élevée par un grand-père apiculteur et boulanger qui m’a appris à ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure. Certes, on peut s’émerveiller de destinations lointaines et de choses extraordinaires, mais l’extraordinaire est aussi tout près de nous, dans notre quotidien. Cette beauté de la nature de mon enfance que j’ai vue se dégrader a bien sûr nourri mes convictions et mon indignation. En prenant conscience de la fragilité de notre planète, dont l’homme est un terrible destructeur, j’essaie, à mon petit niveau, de faire quelque chose. 

FD : Avant d’arriver aux commandes de Thalassa, vous regardiez l’émission ?
FA : J’étais une grande fan de Thalassa (d’Ushuaïa aussi d’ailleurs), je ne ratais jamais un rendez-vous. Depuis toute petite, je regardais ça avec mon grand-père et je n’avais pas intérêt à faire du bruit quand le générique démarrait. C’était à chaque fois beaucoup d’émotion, et c’est ça qui m’a donné envie de faire ce métier. Après, je me suis demandé pendant dix ans pourquoi je m’obstinais à rester à Paris, où je n’étais pas bien. Et puis, j’ai réalisé que tout ça était nécessaire à la construction de ce projet. Mais, après six ans à BFM, enfermée en studio, sous les lumières artificielles, quand je suis arrivée aux commandes de Thalassa et que je me suis retrouvée à l’extérieur, ça a été un bouleversement, même physique. Je l’ai ressenti sur ma peau, mes cheveux se sont mis à repousser, etc., vraiment. J’ai réalisé : « Ok, tu sais où tu es bien ! » Pas étonnant que des jeunes de notre âge quittent les grandes agglomérations. En 2017, le solde migratoire s’est inversé : il y a désormais plus de sorties que d’entrées à Paris. En tout cas, ce serait salutaire pour notre pays, et la planète, d’avoir des activités plus proches de la nature et de vivre moins dans des villes qui absorbent la matière et rejettent du déchet. 

FD : Le déménagement est pour bientôt ?
FA : Oui, à la fin du mois. Dès lors, notre résidence principale sera en Auvergne, et la secondaire, un tout petit pied-à-terre à Paris. Cette idée me plaît beaucoup !
HL : Dans notre ferme, il y aura une partie pédagogique où l’on accueillera des groupes scolaires et des adultes qui souhaitent se sensibiliser à la permaculture, être en contact avec l’animal et la nature. Tout ça dans le domaine de la biodiversité et de l’alimentation durable. On souhaite proposer une méthodologie à travers l’éducation, les comportements et l’activité professionnelle, pour une reconnexion à la nature. Moi, en tant que Franco-Américain, j’arrive en Auvergne avec beaucoup d’humilité, mais ce territoire me tient particulièrement à cœur car c’est la terre natale de Fanny.
FA : Notre erreur première est de séparer l’homme et la nature, au lieu d’être dans une logique de complémentarité avec les autres espèces et le vivant en général. J’aime cette phrase : « Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend. » On doit être conscient de faire partie d’un tout, et qu’en soignant la nature, on se soigne soi-même.


FD : Quels sont vos petits gestes quotidiens face à tout ça ?
FA : En île-de-France, malgré ce qu’on peut penser, il est possible de manger local, bio et de saison. Car il y a une belle ceinture maraîchère autour de Paris avec des agriculteurs qui font très bien les choses et c’est la raison pour laquelle les Amap [Association pour le maintien d’une agriculture paysanne, ndlr] sont pleines à craquer. J’en ai moi-même créé une pour les journalistes de BFM, à l’époque où j’y présentais la météo, et j’étais hier soir encore à la distribution. J’adore, c’est ma respiration. Ces moments d’échange me mettent vraiment du baume au cœur. On pense bien sûr aussi à la réduction des déchets. L’habillement est aussi un volet sensible qui m’intéresse fortement. Je n’ai plus envie de porter des vêtements confectionnés dans des conditions épouvantables, des fibres synthétiques bourrées de substances nocives pour le corps et tout notre écosystème. C’est l’un des gros enjeux de notre avenir.

FD : Mariés en juin dernier, vous projetiez de faire votre voyage de noces en Alaska…
HL :
C’est vrai, mais on s’est arrêtés au Canada ! Arrivés à 4 heures de Vancouver, en pleine campagne, on a trouvé une ferme biologique, où l’on s’est installés en wwoofing [travailler bénévolement sur une exploitation agricole bio, en échange du gîte et du couvert, ndlr] durant quinze jours. Voilà donc ce qu’a été notre voyage de noces : les mains dans la terre, au milieu de dizaines de brebis, vaches, poules, chevaux, etc. Un vrai déclic ! À tel point qu’en rentrant, on n’a pas cherché d’appartement plus grand à Paris, mais une ferme à la campagne. Donc non, on n’a pas vu l’Alaska, mais ce voyage a changé notre vie. Grâce à Una et Ernest, qui avaient eux-mêmes décidé de changer de vie il y a dix ans, et qui nous ont permis de vivre cette expérience géniale à leurs côtés. Vraiment, merci à eux. 

FD : Fanny, en 2015, vous étiez balayée par une grosse vague lors d’un tournage ; et dernièrement, à bord d’une montgolfière, vous vous êtes fait une belle frayeur en tombant violemment dans l’eau… Vous exercez un métier à haut risque finalement ?
FA : Oui, à croire que je suis vraiment attirée par l’eau. Heureusement, à chaque fois, j’ai eu plus de peur que de mal, mais je dois dire que ça pimente un peu. Et puis, comme on dit « Jamais deux sans trois », je me prépare à la prochaine ! (Rires)

FD : Désirez-vous des enfants ?
FA : Bien sûr. Et j’espère qu’ils seront sensibles à la beauté du monde, en tout cas ce qu’on aura pu épargner. Mais oui, on souhaite être dans cette transmission, et ne surtout pas se priver d’avoir des enfants sous prétexte qu’une poignée d’hommes, qui pilote l’industrie, n’a pas compris quel était le sens de l’Histoire. Nous, on espère être capable de redresser la barre. Je comprends que mon grand-père, face à tous ces bouleversements, se dise : « Quel monde de fous ! » et parte finalement pas très serein. Mais nous, à 30 ans, on a bien conscience que ce xxie siècle est crucial pour la suite des événements. Et malgré tout, on est dans le feu de l’action et pleins d’espoir.

Caroline BERGER

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