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Faustine Bollaert : Elle a sauvé son frère !

Publié le 3 mai 2021

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Sans Faustine Bollaert qui l'a arraché à la mort, Charles, de trois ans son aîné, ne serait sans doute plus de ce monde.

Son sens de l'écoute et la formidable empathie qu'elle manifeste tous les après-midi sur France 2 ont fait d'elle l'une des animatrices les plus populaires du moment. Rien ne prédestinait pourtant Faustine Bollaert à devenir cette bonne fée du Paf, toujours si bienveillante et prodigue en solutions pour les âmes en détresse qui se confient sur son plateau.


Celle qui a grandi dans un milieu très bourgeois, fille d'un chasseur de têtes et d'une mère au foyer, aurait très bien pu ne pas avoir envie de se frotter à la vraie vie, celle des gens qui souffrent et dont elle s'applique à soigner les plaies dans Ça commence aujourd'hui. Écouter, conseiller, questionner lui va pourtant comme un gant ! « Mes invités me donnent des leçons de vie tous les jours. », reconnaît-elle. Et si elle se montre si douée pour comprendre le malheur des autres, c'est qu'elle aussi en a eu son lot.

La quadra ne s'en est d'ailleurs jamais cachée. Depuis toute petite, la mort rôde autour d'elle et lui arrache ceux qu'elle aime. Élevée dans les très chics VIIIe et XVIe arrondissements de Paris où l'on cultive l'entre-soi, elle a fréquenté les écoles privées les plus huppées du secteur comme La Tour et Saint-Jean de Passy. Un monde doré où, en apparence, la vie s'écoule comme un long fleuve tranquille. Et pourtant… Un matin de novembre 1987, Faustine ne voit pas sa meilleure amie à l'école. C'est le prêtre de l'institut, le père Escudier, qui lui annonce la terrible nouvelle : « Alexandra a eu un accident ».

Pour Faustine, c'est le choc. Un traumatisme énorme qui va se traduire par la solitude, les pleurs et les cauchemars. Elle se raccroche alors aux « petites choses de la vie » et finit par surmonter sa détresse.

Mais à l'âge de 18 ans, la future épouse du romancier Maxime Chattam doit affronter le décès brutal de son premier amour dans un accident de moto. Là encore, elle parviendra à dépasser cette terrible tragédie. Mais il lui aura fallu une sacrée dose de courage car, alors qu'elle s'applique à refaire surface, elle doit aussi veiller sur un être cher, prénommé Charles.

Ce garçon à qui elle tient comme à la prunelle de ses yeux n'est autre que son grand frère, aux prises avec de lourds problèmes de santé. Cette maladie qui a littéralement transformé son « héros », comme elle le considérait quand elle était adolescente, elle n'en avait jamais vraiment parlé. Il aura fallu attendre la longue interview que la présentatrice de 42 ans vient d'accorder à Psychologies Magazine pour connaître ce terrifiant drame intime qui a bousculé sa jeunesse : « J'ai grandi auprès d'un frère que j'ai adoré, de trois ans mon aîné. Au lycée, il est tombé gravement malade après une erreur d'anesthésie. Il s'est mis à faire des crises de tétanie, son corps se métamorphosait, ses yeux se révulsaient, il fallait lui donner la becquée… Dans ma tête de petite sœur, c'était un cataclysme. »

Sa maman, désespérée par l'état de son fils, déserte parfois la maison quand la situation lui devient intolérable. C'est alors Faustine qui s'occupe du jeune homme. Un rôle qu'elle prend très au sérieux. Petit à petit, elle va même jusqu'à se transformer en véritable infirmière, dorlotant Charles comme un bébé, avec une seule idée en tête : qu'il guérisse au plus vite. « Quand ma mère n'en pouvait plus, je prenais la relève : mon frère était devenu mon fils », confie-telle. La famille vit recluse tant l'adolescent semble effrayant. « Plus personne ne venait à la maison. Il faisait peur et il avait peur », se souvient Faustine. Mais dans ce huis clos étouffant, le pire reste à venir. Charles, qui a « arrêté ses études » et « perdu tous ses amis », a des pensées suicidaires. Et sans sa sœur qui l'a empêché juste à temps de faire un geste fatal, il ne serait sans doute plus de ce monde aujourd'hui. « Il a coulé. Il voulait mourir, je l'ai rattrapé in extremis à plusieurs reprises », a-t-elle expliqué.

Au fil des années, avec l'aide précieuse de Faustine, Charles va un peu mieux, au point d'envisager de reprendre ses études. Il part donc aux États-Unis. Faustine, qui s'inquiète toujours pour lui, décide de lui rendre visite pendant les grandes vacances.

Lorsqu'elle débarque sur le sol américain, Charles l'attend. Miracle ! Ce voyage l'a complètement changé. Souriant et sûr de lui, il n'est plus le même. « Six mois plus tard, je le rejoins et je vois arriver un type bronzé, beau comme un dieu : mon frère, le mec le plus populaire du campus. J'avais retrouvé mon héros, on a retrouvé notre complicité. Mes plus beaux souvenirs me viennent de cet été-là… Cette fois, la vie avait gagné. »

On comprend mieux pourquoi la si sensible présentatrice peut être émue aux larmes lorsqu'elle entend de bouleversants témoignages de résilience…

Valérie EDMOND

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