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Fernandel : Maria Callas l’a rendu fou !

Publié le 1 décembre 2014

L’inoubliable interprète de Don Camillo, Fernandel, ne supportait pas le mode de vie de la cantatrice qui habitait juste en dessous de son superbe duplex à Paris.

Avec sa voix d’or, au timbre inégalé, reine de l’art lyrique, Maria Callas avait des millions d’admirateurs. Mais aussi de célèbres détracteurs, comme Fernandel. Car si la sublime prima donna a rendu l’acteur fou, ce n’est pas d’amour, mais bien de colère! C’est vraiment peu de dire que l’inoubliable interprète de Don Camillo ne portait pas Maria dans son cœur !

Cela semble incroyable ! Pourquoi ce comédien, qui fut lui-même chanteur, avait-il la dent aussi dure contre la diva ? Pour quel motif cet homme bon et généreux aurait-il pris en grippe une femme qui, malgré son succès, était si malheureuse ? Et enfin quel pouvait bien être est le lien entre le comique marseillais et l’étoile du firmament grec ?

La seule certitude dans cette affaire, c’est que de 1963 à 1968, Fernandel a été très proche de la célèbre cantatrice. Du moins géographiquement : au cours de ces cinq années les deux stars ont en effet habité le même très bel immeuble de six étages, situé dans l’un des quartiers les plus cossus de la Capitale, au 44 avenue Foch !

Un voisinage qui, pour le comédien, a très vite viré au cauchemar ! À peine avait-il posé ses valises dans son somptueux appartement sur deux niveaux, tout en marbre, que Fernandel n’a en effet pas tardé à vivre un véritable enfer à cause de sa très bruyante voisine du dessous.

Fernandel CallasIl faut dire que, pour ne rien arranger, en cette année 1963, l’idylle entre Maria Callas et Aristote Onassis est en train de tourner vinaigre. Après trois ans de bonheur avec le richissime armateur grec dont elle est tombée follement amoureuse en juillet 1959 pendant une  croisière sur son yacht, le Christina, Maria se sent trahie, abandonnée par l’homme pour lequel elle a tout sacrifié.

À cette époque, le Washington Post se fait en effet l’écho d’une liaison entre Onassis et Lee Radziwill, la séduisante sœur de Jackie Kennedy. Au cours de l’été 1963, les deux sœurs embarquent même sur le Christina, pour une croisière dont Maria est exclue. Et c’est à Paris, en lisant la presse, que la compagne répudiée découvre des photos compromettantes qui lui brisent le cœur.

Folle de jalousie, Maria fait alors des scènes épouvantables à Onassis lorsqu’il vient la voir le soir. «  Fernandel était réveillé au beau milieu de la nuit par des cris, des injures et les objets que se lançaient à la figure les deux amants qui avaient tous deux le sang chaud, comme beaucoup de Grecs », révèle Eve Ruggieri sur Radio Classique.

Pire encore ! Un soir, Maria, désespérée, ferme à clé la grille de l’immeuble pour empêcher son armateur de rentrer. Qu’à cela ne tienne ! « Onassis a défoncé la grille avec sa Rolls », poursuit la journaliste. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ! Malgré sa gentillesse naturelle, Fernandel est aussi un sanguin qui pouvait entrer dans des colères noires. Et ce soir là, excédé, il appelle la police.

Plainte

Mais la diva n’avait pas fini de lui en faire voir de toutes les couleurs ! En mai 1964, Maria doit en effet chanter La Norma de Bellini à l’Opéra de Paris. Un rôle magnifique pour lequel cette grande artiste, qui ne s’est pas produite sur scène depuis 1960, se prépare à toute heure du jour et de la nuit. Pour le plus grand malheur de Fernandel.

« Les vocalises de Maria Callas qui se prolongent tard dans la nuit indisposent très sérieusement ses voisins. À telle enseigne que les habitants de l’immeuble viennent de faire tenir à leur gérant une protestation en bonne et due forme », peut-on lire dans les colonnes du journal L’Aurore le 21 mai. Une protestation, à laquelle s’est naturellement associé Fernandel.

Fernandel chapeauIl faut dire que la diva a une voix puissante qui casse les oreilles du malheureux et l’empêchent de dormir. La plainte restera malheureusement pour lui, sans effet. « Je répète La Norma, je vais me produire à l’Opéra. C’est suffisant à mon avis pour qu’on me laisse en paix », se défend Maria, sûre de son bon droit.

S’il y en a un qui, en revanche, n’est pas en paix, c’est Fernandel ! Non content de faire participer tout l’immeuble à ses vocalises, la prima donna fait en effet venir chez elle des invités mal-élevés qui, sans aucun respect pour le repos des copropriétaires, vont et viennent en pleine nuit dans les couloirs de l’immeuble.

Un tapage nocturne qui met encore plus en rogne son malheureux et illustre voisin. « Elle commence à me taper sur les nerfs ! », déclara-t-il alors avec son merveilleux accent du midi.

 Catherine Venot 

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