France Dimanche > Actualités > Festival du film Grolandais : “Mes trois jours au Groland !”

Actualités

Festival du film Grolandais : “Mes trois jours au Groland !”

Publié le 13 octobre 2015

À Toulouse, l’émission culte de Canal + tenait sa semaine ciné présidée par � Benoît Poelvoorde. Nous étions conviés par Noël Godin au film grolandais.

« Mais où est donc Benoît Poelvoorde ? » Si le 4e Festival international du film grolandais de Toulouse (Fifigrot), organisé du 14 au 20 septembre dernier, avait eu un slogan, ça aurait été celui-là ! Après Bertrand Blier et Albert Dupontel, le jury était cette année présidé par l’acteur belge. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a donné des sueurs froides aux organisateurs !

Benoît Delépine avec notre reporter Benoît Franquebalme
Benoît Delépine avec notre reporter Benoît Franquebalme

Cocréateur de Groland et mythique Michael Kael de l’émission, Benoît Delépine ne le cache pas : « Jusqu’au dernier moment, on n’était pas sûr qu’il vienne. » Et Delépine sait de quoi il parle : il a réalisé récemment le film Saint-Amour avec Poelvoorde et Gérard Depardieu. « Une mission suicide », sourit-il.

Châtaignes

Finalement, le président du jury arrive le jeudi après-midi, au quatrième jour du festival qui en compte sept. Dans la cour de l’École supérieure d’audiovisuel (Esav), à côté des toilettes sèches, il est accueilli par un autre président, celui du Groland, Christophe Salengro.

Bières à la main, ils dissertent joyeusement entourés de Benoît Delépine, Noël « l’entarteur » Godin et Jean-Christophe Yanne, fils de Jean, venu assister à un hommage à son père. À l’ombre de la belle tour des Maurand, le jeu consiste à éviter les châtaignes qui tombent des arbres de la cour, mais aussi à esquiver les vannes. Vincent Bolloré (nouveau patron de Canal +) est affublé de divers noms d’oiseaux. Tandis que sur les affiches, le « c » de la chaîne est souvent effacé…

Membre du jury, Noël jubile : « Le festival est plus grolandais que jamais, assure-t-il, avec beaucoup de gaffes, des absents et des films déprogrammés. Poelvoorde a vu un seul film et décrété qu’il n’en verrait pas d’autres ! » « Je ne vais jamais à aucun festival, confirme l’acteur dans La Dépêche du Midi. Là je me suis fait cueillir. J’étais en plein tournage et j’ai dit oui. Ce que j’aime dans cette manifestation, c’est sa liberté de ton : on peut tout dire, il n’y a pas de tabou. »

Le lendemain, lors d’une conférence de presse à l’hôtel Crowne Plaza, Poelvoorde fait son show, interrompant le juré et ex-syndicaliste Xavier Mathieu : « Brûleur de pneus ! » Évoquant « une conférence de presse longue, lente et inaudible », l’acteur confie aussi son amour très personnel du septième art : « Des nanars, j’en ai fait. Je n’attends rien du cinéma. Je demande aux films que je tourne d’être courts pour que je puisse rentrer chez moi. »

Le fils de Jean Yanne, Jean-Christophe, 24 ans, était venu assister à un hommage à son père.
Le fils de Jean Yanne, Jean-Christophe, 24 ans, était venu assister à un hommage à son père.

« Arrêtez les Benoît ! » hurle Salengro, alors que Delépine se réjouit que « le Groland soit le seul pays où aucun migrant ne veut aller ». La conférence s’achève par un happening du comédien belge Jean-Luc Couchard, dans la peau d’un journaliste de Vendanges Magazine à l’haleine anisée.

Le soir même, le tube Mais où est donc Benoît Poelvoorde ? résonne dans la cinémathèque de Toulouse. Il y est attendu pour présenter C’est arrivé près de chez vous, le long-métrage qui a lancé sa carrière. Surexcité, le trublion débarque avec vingt minutes de retard.

Mais l’émotion affleure : « Ce film a porté malheur à tout le monde. Rémy Belvaux, son coauteur, s’est suicidé en 2006. Je ne comprends pas qu’on veuille partir plus tôt… À cause de sa mort, je n’ai plus jamais revu le film. » Et l’acteur s’est bel et bien éclipsé avant la projection.

Notre reporter avec Noël Godin qui était bien sûr de la partie.
Notre reporter avec Noël Godin qui était bien sûr de la partie.

Bombe à caca

Le lendemain, nous croisons un entarteur hilare. Il nous confie que Poelvoorde a appelé Delépine à 3 h du matin depuis un bar. « Il en avait marre et voulait rentrer à Bruxelles ! Benoît a dû quitter son lit pour aller le chercher ! »

Quelques minutes plus tard, c’est un Delépine épuisé que nous retrouvons à l’Esav. « La parade de clôture du Fifigrot commence dans une heure et je ne sais pas où sont les deux présidents. » Salengro finira par réapparaître et se hisser dans sa baignoire « Bain Force One » pour rallier la cathédrale Saint-Sernin, acclamé par la foule. Poelvoorde restera, lui, dans la cour du Crowne Plaza pour philosopher à voix très haute, entouré d’amis.

Mais il est tard et il nous faut, à regret, quitter le Groland. Non sans avoir embrassé Noël Godin qui nous résume son Fifigrot 2015 : « Le président n’a vu aucun film et le prix littéraire a été remis à mon ami Jacques Calonne, inventeur de la bombe à caca. » Comme le promettait un des organisateurs : « Après le Fifigrot, vous n’irez plus au Festival de Cannes ! »

Benoît Franquebalme
Photos : Jérôme Mars

À découvrir