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Florence de Koh Lanta : “Je dédie cette édition à mon frère disparu”

Publié le 10 novembre 2014

Malgré le peu de temps que lui laissent les intempéries, cette éducatrice  dans l’Hérault, maman de deux grands enfants, est revenue sur son aventure en Malaisie.

C’est une Florence débordée que nous avons au bout du fil. Si sa maison n’a pas été touchée par les inondations qui ont ravagé son Hérault d’adoption, elle met un point d’honneur à aider ses voisins sinistrés. « Je garde leurs enfants pendant qu’ils évacuent la boue et rangent », explique cette belle âme. Bref, quelques mois après, la tornade blonde retrouve des conditions presque aussi dantesques que celles rencontrées en Malaisie sur Koh-Lanta !

France Dimanche : Qu’êtes-vous devenue après votre Koh-Lanta 2011 où vous aviez été éliminée après vingt-sept jours ?

Florence : J’ai maintenant 43 ans, je suis toujours éducatrice pour jeunes et je donne des cours de danse urbaine. J’ai aussi quitté le centre-ville pour une petite maison que je loue en pleine nature. Mon fils de 20 ans et ma fille de 13 ans grandissent. La vie continue !

F.D. : Vous dites ne craindre personne sauf vous-même…

Florence : C’est vrai que je ne craignais personne en arrivant. Mais je me méfie de mon caractère car je suis émotive et impulsive. J’avais un double objectif : ne pas me mettre en colère et aller le plus loin possible en surveillant mes émotions et en privilégiant la stratégie. Mais il ne faudrait pas me pousser à bout non plus !

Florence KL verticalF.D. : Moundir s’est d’ailleurs un peu moqué de votre caractère.

Florence : [Rires] Il a dit : « Elle n’a pas arrêté de chialer. Si du pétrole sortait de ses yeux, on serait milliardaires. » J’ai trouvé la vanne super bonne et j’ai éclaté de rire. Moundir, je l’adore. C’est mon ami, un peu mon grand frère. On est très proches. Depuis qu’on est rentrés, on s’envoie régulièrement des messages. Avant la diffusion, il m’a prévenue qu’il avait dit ça. Lui, il n’est pas du genre à se cacher.

F.D. : D’où vous vient ce tempérament de feu ?

Florence : Ma mère nous a élevés seule, mes deux frères, ma sœur et moi. Nous étions en banlieue parisienne et on ne roulait pas sur l’or. Ensuite, j’ai moi-même éduqué seule ma fille et mon fils. Mais je ne me plains pas. Jouer la guerrière dans Koh-Lanta, ça me va, je le fais tous les jours à la maison ! J’ai vécu des choses très dures dans ma vie. Ma mère souffre de handicaps. Mais il y a toujours eu beaucoup d’amour chez nous. Sur cette édition 2014, j’ai beaucoup pensé à mon frère qui est mort juste après mon premier Koh-Lanta. Il a eu le bonheur de me voir participer en 2011 et je lui dédie cette deuxième aventure. Il était dans mon cœur…

F.D. : Avec les Jaunes, vous vous êtes très vite retrouvée à camper dans la jungle…

Florence : On mangeait peu car il n’y avait pas de noix de coco. Et la chasse était impossible, à cause des trombes d’eau de la mousson. Pour couronner le tout, je passais mon temps à me faire piquer par des insectes. Par rapport aux Rouges, c’était un peu L’île aux enfants contre La jungle maudite ! On voulait absolument quitter cet endroit. Là-bas, même les singes nous envoyaient des fruits pourris pour nous faire décamper !

F.D. : Ce n’est pas trop dur de revoir ces moments en famille ?

Florence : On a parfois les larmes aux yeux le vendredi soir devant sa télé. On replonge brusquement dans des souvenirs très forts. C’est dur de regarder avec mes enfants et ma mère mes moments de doute et mes grosses crises de larmes. Me voir si mal les a touchés. Surtout que je ne leur ai rien raconté, et qu’ils découvrent tout en direct. Mais ils me connaissent. Ils savent que je suis une optimiste. Notre vie ne dépend que de nous. Il faut s’accrocher.

Florence KL déçueF.D. : Avoir déjà participé était un plus ?

Florence : Pas forcément. Je n’étais pas plus sereine car, cette fois-ci, je savais très bien ce qui m’attendait ! On a passé douze jours sans manger. Dans ces cas-là, on se dit : « Qu’est-ce que je fais là ? » Pourtant, je repars demain s’il le faut comme les trois quarts des candidats. C’est peut-être du masochisme. Il faut avoir un grain pour faire Koh-Lanta. Et un noyau pour le faire deux fois ! Je n’aurais jamais cru avoir la chance de revenir.

F.D. : Pour l’instant, seules des femmes ont été éliminées.

Florence : J’ai refusé de marcher dans leur stratégie d’opposer les filles aux garçons. Moi, je me sens proche de Teheiura, Martin et Moundir. J’étais contente quand Isabelle est revenue. En revanche, Sandra a été complètement dépassée par l’aventure. Sa première participation remontait à 2001, quand Koh-Lanta était moins dur. Quant à moi, je suis prête pour un troisième.

Benoît Franquebalme

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