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Florence Foresti : Elle veut mourir sur scène !

Publié le 20 janvier 2019

L’humoriste Florence Foresti vient de faire une étonnante révélation.

Qu’arrive-t-il à la célèbre comédienne ? Des propos très sombres tenus à Paris Match laissent envisager le pire. Aurait-il lieu de s’inquiéter pour elle ? Côté professionnel, tout paraît pourtant lui sourire avec un nouveau spectacle, Épilogue, qu’elle présente au Paradis Latin et au Zénith. Concernant sa vie de famille, il semblerait aussi que tous les voyants soient au vert et que sa fille Toni de 11 ans la comble de bonheur. Alors, pourquoi évoquer un sujet qui n’a franchement rien de drôle : la mort ? Florence nous cacherait-elle quelque chose ? Souffrirait-elle d’un mal suffisamment grave pour qu’elle en vienne à évoquer sans détour sa propre disparition ? Cela ferait presque redouter le pire.

L’idée, insidieuse, la travaille depuis cinq ans déjà. À tout juste 40 ans, si elle choisit de se montrer fataliste face au temps qui passe, elle ne peut s’empêcher de penser qu’elle entame désormais le fatidique compte à rebours qui l’emmènera jusqu’à sa fin dernière. Pour conjurer le sort, son one-woman-show de l’époque, Madame Foresti, évoque ce qui va devenir pour elle une source inépuisable de questionnements : plus métaphysique que jamais, elle s’interroge sur le sens profond de l’existence en traitant dans un sketch la question de la mort avec sa petite fille. Aussi hilarant que glacial car, la Grande Faucheuse, dans notre société en proie au jeunisme, on l’ignore, on la fuit, on la cache.

Le temps a passé, mais à l’aube de cette nouvelle année 2019, Florence poursuit toujours et encore cette quête mystique, d’autant qu’elle a dû faire face récemment à la perte d’un être qui lui était très cher.

La disparition en mai dernier de Bernie, son bulldog adoré, qu’elle chérissait depuis plus d’une décennie, a constitué pour elle un choc violent. En vrai sage, celle qui pratique assidûment le yoga a décidé d’affronter ce deuil avec courage. Son constat, sensé, est simple : comme la mort surplombe notre existence, il suffirait, pour vivre mieux, de cesser de l’occulter. Méditer sur sa fin pour se sentir davantage exister, il fallait y penser ! Pour parvenir à prendre du recul, Florence s’astreint même à des petits exercices. Alors que la plupart des gens redoutent de se rendre à des obsèques, l’humoriste lyonnaise, elle, les apprécie énormément, comme elle vient de le confier à Paris Match. « J’adore les enterrements, j’adore dire au revoir, pleurer. »

Emportée par un lyrisme à la Chateaubriand, elle voit dans ces cérémonies funèbres une source d’élévation pour l’âme. « Je suis romantique, j’aime quand c’est beau, quand il y a du vent, de la musique », précise-t-elle. Au lieu de la déprimer, c’est au contraire, à ses yeux, une source d’apaisement. Elle en ressort regonflée à bloc, plus vivante que jamais ! 

Pour aller encore plus loin et se projeter dans ses derniers instants, elle fréquente aussi assidûment les centres hospitaliers. « Je suis la seule aussi à aimer les hôpitaux. À aller voir les gens malades », confie-t-elle, toujours dans Paris Match. Être confrontée à ces malheureux cloués au lit, pour certains d’entre eux condamnés, lui permet de dompter sa terreur de l’au-delà. « J’essaie d’apprivoiser ce qui va m’arriver un jour ou l’autre », dit-elle, bien résolue à tordre le cou à l’angoisse du trépas.


Bien sûr, ces penchants morbides peuvent parfois être mal interprétés par ses proches. Affolés, ces derniers la pensent en proie à une dépression. À tort, car ces expériences lui ont permis de grandir. Aujourd’hui, elle n’éprouve plus aucune tristesse à se savoir mortelle et a bien compris que rendre le dernier soupir était inhérent à la vie.

Et si, parfois, la mélancolie l’envahit, c’est pour une tout autre raison. Ne plus pouvoir « faire comique » est ce qu’elle appréhende le plus. « La tristesse serait que je ne puisse plus monter sur scène, avoue-t-elle. Tu crois que le facteur se demande s’il doit continuer à distribuer les lettres ? Non, il y va. Je suis en train de réaliser que je ferai toujours ce métier. Et cela me rend très heureuse. »

Pourquoi pas, dans ce cas, mourir sur scène, comme l’espèrent tous les grands artistes ? Cette proposition ne déplairait pas à celle qui affirme en toute lucidité : « Moi, je veux de vrais adieux ! »

Pour une jeune quadragénaire, il est peut-être encore trop tôt pour y penser, mais force est de constater que l’indomptable Florence Foresti ne fait décidément rien comme les autres.

Sophie MARION

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