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Fort Boyard : Éclaboussé par un trafic de drogue !

Publié le 8 octobre 2019

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© BESTIMAGE Fort Boyard

La liste de stupéfiants dont faisait commerce l’un des personnages de Fort Boyard donne le tournis.

Trente ans que l’émission culte de France 2, Ford Boyard, fédère tous les étés un public familial avide de découvrir les nouveaux défis du Père Fouras. Un succès qui ne s’est jamais démenti. Avouons qu’au fil des années, ce jeu à sensations fortes a su renouveler les redoutables épreuves auxquelles se prêtent, pour la bonne cause, personnalités et anonymes, désormais à grand renfort d’avancées technologiques. 

Mais la finalité de ce programme décoiffant est restée la même : les candidats doivent relever des dizaines de défis très physiques dans le seul but de collecter des clefs qui leur permettront d’ouvrir la légendaire salle du trésor et d’emporter le plus de pièces possible. Le tout est tourné dans un joyau du patrimoine : une imposante forteresse, construite au large de La Rochelle au début du xixe siècle.

Mais Fort Boyard ne serait rien sans ses mythiques personnages : le Père Fouras, bien sûr, mais aussi Passe-Partout, Félindra ou encore Mister Boo. Ce catcheur impressionnant aux muscles dignes d’un superhéros était d’ailleurs devenu au fil du temps le chouchou des plus jeunes avec l’approbation de parents pas mécontents de voir leur progéniture s’emballer pour un sportif visiblement très soucieux de son hygiène de vie.

Mais le dicton l’affirme : il ne faut jamais se fier aux apparences… Comment imaginer effectivement que ce bodybuilder de 34 ans au physique d’athlète s’est livré pendant des années à une activité fortement réprimée par la loi : la revente de drogue ! Accusé de trafic de stupéfiants classifiés comme psychotropes ainsi que la pratique illicite de la profession de pharmacien, Cyril André-Chassagnon a comparu le 17 septembre dernier, devant les tribunaux de Valence (Drôme). Car, quand ce Drômois ne tourne pas en Charente-Maritime, il gère une boutique de diététique sportive à Valence. C’est là qu’il revendait, de manière illicite, des stéroïdes, anabolisants et dopants destinés à d’autres adeptes de musculation, qui souhaitaient prendre de la masse musculaire plus rapidement qu’en suivant des entraînements traditionnels… Il s’improvisait « pharmacien » pour conseiller ses consommateurs en matière de posologie, en l’absence de tout diplôme. Ces activités illégales très lucratives lui auraient permis d’acheter deux maisons. Des propriétés qu’il aurait été forcé de céder après avoir été démasqué par les autorités fiscales.

Prônant l’esprit d’aventure et le dépassement de soi pour la bonne cause (les gains reversés à 218 associations depuis la création du jeu totalisent 3 139 283 euros), Fort Boyard en prend un sacré coup en termes de réputation. 

Le « trafiquant » mis en cause a ainsi tenu à rassurer les téléspectateurs dans un message posté sur son compte Facebook. Mister Boo tente de faire amende honorable, plaidant une erreur de jeunesse bien antérieure à sa participation au jeu de France 2. « À l’époque de mes compétitions de bodybuilding 2011-2013, j’ai été débordé par ma passion et j’ai commis une erreur que j’ai toujours regrettée », a-t-il ainsi expliqué.


Mais il y a un détail que l’homme a oublié de préciser. Pour alimenter son business hors la loi, « Cyril André-Chassagnon s’approvisionnait auprès de la mafia », a révélé le tribunal. Il passait avec ce « milieu » de grosses commandes, alimentant ainsi ce dangereux fléau qu’est devenu le trafic de stupéfiants.

Condamné à un an d’emprisonnement avec sursis et à cinq ans de mise à l’épreuve, le personnage invincible qui exhibait ses muscles sur le service public s’en sort plutôt bien.

Pas sûr en revanche que le programme présenté par Olivier Minne ne parvienne de sitôt à redorer son image. D’autant que cette « pause douceur en famille » tant vantée par l’animateur fait déjà l’objet de nombreuses critiques, certains téléspectateurs très en colère ne se gênant plus pour accuser, sur les réseaux sociaux, ALP (Adventure Line Productions), la maison de production dirigée par Alexia Laroche-Joubert, de tricherie.

Les organisateurs n’ont donc pas fini d’être pointés du doigt. À moins qu’ils ne décident de frapper fort et procèdent à un grand ménage. Ce qui ne serait sans doute pas de trop dans cette forteresse si riche en cachettes propices à accueillir des produits illicites. Et drôle de coïncidence, cet hiver, Olivier Minne sera aux manettes de Boyard Land, toujours produit par ALP, qui – cela sans doute afin de couper court à la polémique – se tiendra dans un parc d’attractions de la région parisienne. Un choix radical pour tenter de faire oublier cette sale affaire de dopage…

Valérie EDMOND

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