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Fort de Brégançon : Présidents au banc d’essai !

Publié le 31 août 2018

De Giscard à Sarkozy en passant par Hollande et maintenant Macron, les habitants autour du rocher ont pu les approcher et… les comparer.

Juché sur un pic rocheux en bord de Méditerranée, en surplomb des baies d’Hyères et de Toulon, le fort de Brégançon a vu défiler tous les présidents de la Ve République.

Cette seigneurie érigée en forteresse militaire à partir du xie siècle, devenue la résidence d’été des chefs de l’État, fait en tout cas marcher le tourisme local.

Au plus fort de la saison, Bormes-les-Mimosas, le village varois où est située la propriété, attire des hordes de curieux qui espèrent apercevoir le patron de l’Élysée.


Arrivé vendredi 3 août, pour une quinzaine de jours, Emmanuel Macron, pour le moment, n’est toujours pas allé piquer une tête dans la Méditerranée.

Mais sur la plage de Cabasson en face du fort, on ne désespère pas de le voir en maillot.

Car même si les estivants savourent une eau à 27° C, tous les regards sont tournés vers le rocher.

Certains vacanciers équipés de jumelles sont à l’affût.

Mais pas de Manu en train de barboter, la faute à la piscine hors-sol de 34 000 euros que le couple présidentiel a fait installer pour plonger en toute confidentialité.

Tombé la veste

Pour le moment, notre studieux président préfère plancher sur ses dossiers de rentrée après avoir accueilli le dimanche qui a suivi son arrivée la Première ministre britannique, Theresa May.

Dans le jardin escarpé, une longue table avait été dressée pour profiter de ce court tête-à-tête par une chaleur qui avoisinait les 35 °C.

Mais même par temps de canicule, pas question pour Manu de se laisser aller.

Tout au plus avait-il tombé la veste, optant pour la chemise-cravate.

On est bien loin du style décontracté de son prédécesseur qui, sans complexe, paradait en short dans le village, au bras de sa compagne d’alors, Valérie Trierweiler !

À quelques kilomètres de là, l’ex-président a d’ailleurs dédicacé, pendant plusieurs heures ce même dimanche, son livre Les leçons du pouvoir dans une librairie de Saint-Cyr-sur-Mer, à l’ouest de Toulon.

Et sa présence a attiré pas mal de monde.

Ravi d’avoir retrouvé une cote de popularité au beau fixe, Hollande a même accepté d’être photographié avec sa compagne, Julie Gayet.

À croire qu’il prend un malin plaisir à voler la vedette à son ancien ministre de l’Économie qui, même en vacances, est toujours sur la brèche !

Débuter ses congés avec Theresa May : tout un symbole ! Ici, on bosse !

Pendant qu’ils évoquaient les relations franco-britanniques, leurs conjoints respectifs en ont profité pour s’offrir une escapade à Bormes-les-Mimosas en compagnie de la directrice de l’office du tourisme.

Et la première dame ne boudait pas son plaisir d’avoir pu échapper à la rencontre diplomatique qui accaparait son époux.

Pendant une demi-heure, elle s’est promenée autour des ruines de l’ancien château au cœur du village, sous les regards stupéfaits des habitants et des touristes

Le 7 août, les habitués de la plage de Cabasson, écrasée de soleil, retiennent toujours leur souffle et attendent.

Toute l’équipe du restaurant La Paillotte, sur la route du fort, est sur le qui-vive, espérant une visite surprise d’Emmanuel et de Madame.

Robert Duboisse, à la tête de l’établissement depuis dix-neuf ans, ne désespère pas de leur faire goûter ses salades et ses poissons grillés qui fleurent bon le Sud, à grand renfort d’aïoli.

Mais pour le moment, l’endroit, qui tient plus du snack que du trois-étoiles Michelin, accueille une nuée de paparazzis qui, a défaut d’immortaliser le chef de l’état en short et tongs, noient leur attente dans le pastaga.

Il est 17 h et Robert guette les allers et venues : « En ce moment, ça bouge un peu. Il va peut-être enfin se montrer. »

Mais il reste fataliste : « S’il vient, tant mieux, mais je n’ai pas besoin du président pour faire tourner mon restaurant ! » 

Aucune table n’a été préparée au cas où. Si Macron débarque, il sera logé à la même enseigne que les autres clients.

Va-t-il lui faire le coup de l’ex-président Nicolas Sarkozy, qui était arrivé à l’improviste ?

« Quand il rentrait de sa balade à vélo, il venait toujours me saluer, se souvient Robert. Un jour, il m’a fait la promesse de venir manger. Et un an plus tard, je l’ai vu débarquer un soir avec Carla, enceinte de Giulia. Je n’avais même pas été prévenu par le service d’ordre. Ils ont mangé une pizza sous les pins, en amoureux. Des gens très simples, comme vous et moi… » 

Coup de tonnerre à 18 h 30.

Alors que Bob, comme tout le monde l’appelle ici, s’apprête à débuter son service, le véhicule présidentiel s’arrête à quelques mètres de l’entrée de La Paillotte.

Enfin ! Emmanuel a décidé de s’offrir son premier bain de foule.

Mais Robert préfère rester en retrait. Il n’est pas du genre à lui forcer la main.

Le président, en polo Lacoste immaculé, serre des mains, Brigitte semble radieuse en tunique blanche, lunettes noires sur le nez. 

Une parenthèse qui aura duré vingt minutes.

Mais pour le moment, le couple présidentiel ne semble pas décidé à s’attabler à La Paillotte.

Bob est déçu.

Jusque-là, Manu, retranché sur son rocher, la jouait plutôt distant et cette apparition si attendue a ravi les badauds qui passaient le temps en faisant des selfies devant le portail du fort.

En toute discrétion

Au château de Brégançon, à 2 km de là, se trouve un vignoble réputé pour ses rosés très haut de gamme, tous bio, bien entendu.

Le maître des lieux, Olivier Tézenas, espère aussi recevoir Macron. 

Son père, Jean-François, faisait déjà goûter ses crus classés à Giscard et Anne-Aymone.

Le fringant chef de l’État avait, en effet, pris l’habitude de venir jouer ici au tennis, le vieux fort ne brillant pas par ses installations sportives.

Olivier, 15 ans à l’époque, battait à tous les coups Valéry : « Il était plutôt mauvais perdant, se souvient-il. Au début de chaque partie, je me disais toujours que j’allais le laisser gagner mais, ensuite, mon jeu reprenait le dessus et je remportais le match haut la main ! ». 

En 2012, la boutique du château a accueilli François Hollande pour une petite dégustation, mais Olivier, en vacances à ce moment-là, n’a pas pu le rencontrer.

La propriété viticole, qui vend la moitié de ses 200 000 bouteilles annuelles au caveau, a fait de l’accueil des amateurs une règle d’or et avoir Manu pour un de ses apéros jazz du mardi soir serait le top !

Olivier lui a même envoyé un carton d’invitation accompagné d’une caisse de précieuses bouteilles. 

On lui a raconté que Brigitte se serait laissé tenter par un verre de rosé de sa cuvée Isaure dans un bar à tapas de Bormes, – le Café de la cueva –, où elle s’est arrêtée en toute discrétion lors de sa virée avec Philip May.

Par conséquent, pour le châtelain-vigneron, tous les espoirs sont permis.

Ne reste plus maintenant qu’à attendre… 

Sophie MARION

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