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France Gall et Michel Berger : Leur pacte secret !

Publié le 28 mai 2016

  Lorsqu’ils ont découvert la maladie de leur petite Pauline, France Gall et Michel Berger se sont fait un serment solennel qu’ils n’ont jamais trahi. � Révélations.

Admiratrices de Michel Berger, amoureux de France Gall : à vos zappettes ! Lundi prochain, 30 mai, France 3 vous convie à une soirée spéciale, consacrée à ce couple emblématique des années 70 et 80, dans le cadre de ses Lundi en histoires. Durant près de deux heures seront retracés les principaux moments de ces deux existences hors du commun, d’abord séparées, ensuite unies ; puis, hélas ! solitaire pour France, après la disparition brutale de Michel.

Le tout abondamment illustré par des extraits de la plupart de leurs tubes immortels. Tout au long de ce remarquable film, on voit évoluer un homme et une femme avides de croquer la vie à pleines dents, et doués pour le bonheur. Mais aussi deux êtres que le malheur n’a pas épargnés et que la mort a pris dans ses sinistres filets.

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Ce qui surprend le plus peut-être, c’est que, presque toujours, le destin a choisi de les frapper cruellement, alors qu’un grand bonheur leur arrivait. Le premier coup leur est asséné dès le début de l’année 1982, alors que leur couple dure depuis huit ans et leur a donné leurs deux enfants : Pauline en novembre 1978, puis Raphaël en avril 1981.

En janvier, France Gall se produit au Palais des sports dans un gigantesque spectacle conçu par Michel Berger et intitulé sobrement Résiste. C’est l’apogée de sa carrière. Pour élaborer ce show somptueux, il a fait appel à son frère architecte, Bernard, véritable alter ego depuis leur enfance, avec lequel Michel entretient une relation d’autant plus fusionnelle qu’il sait que la vie de celui-ci est menacée par un terrible mal, la sclérose en plaques.

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Et c’est précisément au moment où France triomphe que Michel perd ce frère tant aimé. Ils ne savent pas encore que ce coup n’est qu’une semonce, par rapport au cauchemar qui les guette.

Après le Palais des sports, ils partent à la montagne avec leurs deux enfants, pour récupérer et retrouver un bonheur simple et tranquille. Tout serait parfait sans cette toux qui affecte Pauline et ne se décide pas à passer. Les parents ne s’inquiètent guère : ce n’est qu’une toux banale, n’est-ce pas ?

Ils consultent tout de même un médecin généraliste, pour être totalement rassurés. C’est alors que le ciel leur tombe sur la tête. Pensant qu’ils étaient déjà au courant du mal dont souffrait la petite fille qui n’a pas 4 ans, le praticien lâche sans grande précaution le mot qui crucifie France et Michel : mucoviscidose.

Passé le premier choc, atroce, Michel a tout de suite le réflexe de se tourner vers son père, le grand professeur Jean Hamburger. Ce que l’illustre médecin leur annonce anéantit les derniers lambeaux d’illusion auxquels se raccrochaient les malheureux parents. « Le seul véritable espoir pour Pauline, les informe-t-il, serait que la médecine fasse de grands progrès dans les quinze ans à venir. » Autrement dit : la maladie dont souffre l’enfant est, pour l’heure, incurable et mortelle.

C’est alors que, au plus fort de leur désespoir, France Gall et Michel Berger vont passer ensemble un pacte, que ni l’un ni l’autre ne rompra : pour que leurs deux enfants puissent continuer à vivre aussi normalement que possible, ils décident de tenir secrète la maladie de Pauline. Ils font le choix, très difficile, de garder pour eux seuls ce poids énorme, presque insupportable ; et, pour le reste du monde, de continuer à vivre comme si rien de rien n’était…

Et de nouveau, le malheur et le bonheur viennent se mêler inextricablement. Car, en avril de cette même année 1982, c’est au tour de Michel Berger de faire un triomphe, à l’Olympia cette fois. Et de répondre aussi naturellement que possible aux journalistes qui viennent lui parler de son étonnante joie de vivre…

Foudroyé

Le seul signe qui aurait pu mettre la puce à l’oreille des observateurs du couple, c’est que, désormais, ils vont mener leur carrière en alternance, afin de consacrer plus de temps à la petite malade : il y aura les années France Gall et les années Michel Berger. Et, toujours en vertu de leur pacte, ils afficheront le même bonheur.

Mais le drame est présent partout, comme en filigrane. Ainsi, en 1983, dans le nouvel album de Michel, Voyou, c’est bien le rire de Pauline que l’on entend, dans la chanson intitulée Mandoline. En 1988, alors que sa fille atteint ses 10 ans, France Gall décide d’arrêter de chanter, comme si elle ne voulait pas perdre une miette des années qui leur restent. Michel, lui, se plonge dans la musique, pour y puiser la force de se tenir debout.

En 1992 pourtant, jaillit entre eux une idée qui devrait parquer le début d’une véritable résurrection du couple : après dix-huit ans de carrières parallèles, ils vont faire leur album à deux ! Ils se jettent à corps perdu et en totale osmose dans ce projet, symbole de renouveau. Et, tout en travaillant à celui-ci, ils pensent déjà au prochain disque qu’ils feront…

Une fois de plus, ce devait être trop de bonheur : le 2 août, à Ramatuelle, Michel Berger est foudroyé par une crise cardiaque. À ce moment, France se retrouve seule pour affronter le désespoir. Mais, elle parviendra pourtant à ne pas rompre le pacte qu’ils ont conclu ensemble à propos de Pauline, dont la maladie ne cesse de gagner du terrain.

Où trouve-t-elle la force de surmonter le deuil, de tenir Pauline à bout de bras et bientôt de vaincre son cancer du sein ? Nul ne le sait. Elle va même plus loin : pour tenter de réinsuffler un peu de légèreté dans sa famille, elle renoue avec la chanson et la scène !

Hélas, en décembre 1997, à 19 ans, Pauline meurt à son tour. Anéantie, France met fin à sa carrière en cette année lugubre. Le combat pour sauver leur enfant a été perdu. Mais jamais France Gall et Michel Berger n’ont trahi le pacte qu’ils avaient passé ensemble, un jour d’hiver de 1982.

Jean-Louis Vinteuil

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