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Francis Cabrel : "Ça me tue !"

Publié le 31 octobre 2020

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Alors qu'il sort un nouvel album, “A l'aube revenant”, Francis Cabrel révèle être frappé par un mal incurable…

Installé à Astaffort, dans le Lot-et-Garonne, loin de la grisaille et des rumeurs de la capitale, Francis Cabrel pensait sans doute pouvoir échapper aux mirages. C'est d'ailleurs son ami Jacques Dutronc qui lui avait conseillé de se tenir en marge du système, comme le chanteur vient de le confi er à nos confrères du Parisien. « J'ai retenu la leçon : c'est un métier dangereux si on s'en approche trop. Alors, je suis un peu l'ours solitaire reclus loin de Paris. Et content de l'être. »


Mais même en veillant au grain, en faisant bien attention à ne pas être dévoré par les démons de la notoriété, Francis Cabrel n'a pas pu totalement échapper à son destin… Aujourd'hui en effet, il y a quelque chose dans son existence qui le détruit un peu plus chaque année, au point que le chanteur a déclaré que cette activité le tuait ! De quoi s'agit-il ? Eh bien des vendanges, auxquelles il participe régulièrement, d'autant plus que son frère, Philippe, est viticulteur sur le domaine familial ! « On a vendangé il y a quinze jours, a-t-il ainsi expliqué. J'ai eu les reins cassés pendant trois jours ! Ça me tue chaque année ! »

Toutefois, cette participation aux travaux de la vigne n'est pas la seule chose à miner l'artiste. En effet, lorsque l'on écoute son dernier album, le quatorzième, on se dit que Cabrel n'a peut-être jamais été aussi loin dans l'intimité. Jamais auparavant, par exemple, il n'avait évoqué avec autant de netteté son père et les liens qui les unissaient. Ni la grande culpabilité qui l'habite à l'idée que ce dernier a trimé toute son existence pour faire vivre les siens. « Je culpabi-lise tous les jours d'avoir une vie trop simple et trop facile, avec une guitare, un cahier, un crayon, par rapport à celle de mon père. L'argent gagné, ça a toujours été encombrant… Je n'en parle pas facilement d'ailleurs… », a-t-il avoué à Laurent Delahousse, le 11 octobre dernier, dans 20 h 30 le dimanche, sur France 2.

Mais s'il a du mal à « en parler », Francis Cabrel a réussi à écrire une magnifi que chanson à la mémoire de son père, Te ressembler : « J'aurais voulu te ressembler, je le jure. Mais voilà, il ne suffi t pas de vouloir, c'était pas dans ma nature. T'as vraiment dû t'interroger, je suis sûr. Et un jour, j'ai croisé une guitare, j'ai vécu comme on s'amuse. T'avais les pieds sur terre. Et j'étais tout le contraire… »

Une sublime déclaration d'amour et d'admiration, qui doit libérer le fi ls et toucher le père, s'il peut l'entendre, de « là-haut ».

Laurence PARIS

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