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Francis Cabrel : Les bouleversantes révélations de sa sœur !

Publié le 19 décembre 2019

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© BESTIMAGE Francis Cabrel

À 64 ans, Martine sort son premier album. Écrasée par le talent de son frère Francis Cabrel, elle a mis des années à réaliser son rêve.

ll a vendu des millions d’albums, s’est produit sur des scènes mythiques, est à 66 ans l’une des grandes stars de la variété française, et demeure malgré tout un mystère. De l’homme, on ne sait pas grand-chose, hormis ce qu’il livre dans ses chansons et les rares confidences que ses biographes ont réussi à tirer de lui. « Je suis assez romantique, assez rêveur : j’idéalise beaucoup. L’amour, pour moi, c’est le refuge, la douceur, le confort. La femme est le refuge qui me protège d’un monde qui ne me correspond pas beaucoup », avouait-il à Pascale Spizzo dans Cabrel par Cabrel, paru en 2012 aux éditions Le Cherche midi. Son refuge, c’est Mariette, qui est aussi sa muse et la mère de leurs trois filles, Aurélie, 34 ans, Manon, 29 ans, et Thiu, 16 ans, d’origine vietnamienne, que le couple a adoptée en 2004. 

Voilà près de cinquante ans qu’il aime à mourir cette lumineuse blonde rencontrée un jour d’avril 1970 dans le village de Buzet-sur-Baïse, dans le Lot-et-Garonne. Et deux ans seulement que le grand public a découvert son visage. C’était en août 2018, lors d’un concert organisé dans le cadre du festival de Ramatuelle. Ce soir-là, Francis avait fait monter sa tendre moitié sur scène, heureux de la présenter à ses fans et aux nombreux photographes présents.

Mais dans la vie de ce discret troubadour, il y a une autre femme. Comme lui, elle a la musique dans le sang… et pour cause, c’est sa petite sœur ! Martine est coiffeuse à Astaffort, fief du clan Cabrel, où Francis anime depuis 1993 l’atelier Voix du Sud, qui forme de jeunes auteurs à l’écriture de chansons, ainsi que le festival Les Rencontres d’Astaffort. 

Aussi extravertie que son frère est secret, cette mère de famille réalise enfin, à 64 ans, son rêve de gosse, avec la sortie d’un premier album intitulé Un peu de moi. Ne cherchez pas le nom de Cabrel sur la pochette, vous ne le trouverez pas. Comme elle s’en est expliquée dans une interview accordée le 26 novembre au Parisien, être la cadette d’une star n’est pas toujours un avantage. « Je suis fière de m’appeler Cabrel, mais quand j’ai lancé ma cagnotte Leetchi pour trouver des fonds, j’ai eu des commentaires d’une virulence ! »

C’est donc sous le pseudo de Sora (dont la sonorité évoque son lien familial avec Francis), qui signifie « oiseau chantant qui prend son envol » en amérindien, que la flamboyante rousse a choisi de se faire connaître. Et c’est seule qu’elle a réalisé ce projet qui lui tenait tant à cœur. Elle n’a pas voulu demander d’aide à son illustre frangin pour enregistrer ni même promouvoir son album, qu’elle distribue sur son site internet (sora-mc.fr). Comme elle le confie : « Chez les Cabrel, on ne veut pas dépendre des autres. » Une maxime qui s’applique aussi à leur frère Philippe, un excellent bassiste qui n’a pourtant joué qu’une seule fois avec Francis.


Pas évident non plus d’exister au côté de quelqu’un qui, tout antistar soit-il, a malgré lui pris toute la place ! Si cette énergique sexagénaire a attendu tout ce temps avant de se lancer, c’est parce que pendant des années elle s’est sentie écrasée par le talent de cet artiste si doué, auquel elle voue une admiration sans bornes. « Quand on a un frère comme Francis, la barre est très haute. (…) Cela a pris toute une vie pour me libérer de ce poids. J’ai fait une petite thérapie, j’ai eu des passages douloureux », reconnaît-elle.   

Il faut dire qu’à 15 ans le Gascon, sa guitare en bandoulière, possédait déjà ce petit truc en plus qui le distinguait des autres. Fan de Bob Dylan, il remportait un franc succès dans les bals de village, pour la plus grande fierté des siens qui ne manquaient aucune de ses prestations. Car dans cette famille modeste, issue de l’immigration de l’Italie du Nord, la musique a toujours occupé une grande place, comme le raconte Martine : « Nos parents chantaient, dansaient, mon père jouait de l’harmonica. » 

Mais si ces derniers ont vite compris que le talent précoce de leur fiston l’amènerait peut-être un jour à se faire un nom dans le show-business, pas question que la cadette suive ses traces ! Pour le papa, ouvrier dans une biscuiterie, et la maman caissière dans une cafétéria, il était important que leur fille ait un vrai boulot. « Ben non, on va la faire travailler ! » a déclaré sa mère lorsqu’elle leur a fait part de son désir de chanter. 

Martine, qui a eu son premier fils très jeune, n’a guère eu le choix. Elle a mis son rêve entre parenthèses et, au lieu du micro, a pris les ciseaux pour devenir coiffeuse. 

La tribu a beau vivre dans le même village, ils se voient peu. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne sont pas là les uns pour les autres aux moments importants. Ainsi, cette année, sur la scène d’Astaffort, c’est un peu pour les siens, tous présents dans le public, y compris sa maman, que Francis a chanté Le temps s’en allait, une chanson dédiée à leur père, disparu des suites d’une longue maladie. Un moment d’émotion partagé par tout le clan. Chez les Cabrel, c’est ainsi : pas besoin de parler pour savoir qu’on s’aimait, on s’aime et on s’aimera…

Lili CHABLIS

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