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de ma grand-mère !”

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Francis Huster : “J’existe grâce au vomi 
de ma grand-mère !”

Publié le 17 février 2018

En faisant des recherches pour sa nouvelle pièce, Francis Huster s’est aperçu que sa vie n’avait tenu qu’à quelques minutes de plus ou de moins… en 1912 !

Imagine-t-on le choc que l’on ressentirait si, alors que nous effectuons des recherches professionnelles n’ayant aucun rapport avec nous-même, nous découvrions soudain une chose incroyable nous concernant de très près ?
Qu’il a fallu un miracle sans lequel nous ne serions même pas venu au monde ? C’est l’expérience fort troublante que vient de vivre Francis Huster.

Le comédien était en quête d’informations pour la pièce qu’il voulait écrire et jouer – et qu’il joue depuis – retraçant la vie du grand pianiste Vladimir Horowitz. Au départ, il n’est pas très étonnant que Francis se soit penché sur la vie de cet immense artiste, né à Kiev, quand l’Ukraine faisait partie de l’empire tsariste.

Son parcours ressemble à celui emprunté par les grands-parents de l’acteur, une décennie plus tôt, comme celui-ci en témoignait la semaine dernière sur l’antenne d’Europe 1 : « Mon grand-père était polonais, ma grand-mère russe, a-t-il expliqué. Ils se sont enfuis. Ils sont passés par l’Allemagne mais ils ont vite compris ce qu’était ce pays à l’époque. Donc, ils sont finalement arrivés en France. Là, ils voulaient partir pour les États-Unis… »

Atlantique

En 1912, pour aller en Amérique, il existe une seule solution : le bateau !


Justement, il y en a un, tout neuf, qui doit prendre la mer très bientôt pour New York. Il partira de Southampton, en Angleterre, mais fait escale à Cherbourg avant d’aller affronter l’Atlantique. Le grand-père de Francis se hâte donc de prendre deux billets et, le 10 avril, à six heures et demie du soir, ils font partie des 274 personnes qui regardent le paquebot entrer dans la rade, très excitées à l’idée d’y embarquer.

À bord, l’ambiance est très joyeuse. Tout le monde attend que le capitaine Edward John Smith donne l’ordre de lever l’ancre. Ce sera fait à huit heures dix. De là, on fera d’abord un court voyage d’une douzaine d’heures, jusqu’à Queenstown, au sud de l’Irlande. Et, ensuite, cap sur l’Amérique ! La seule personne qui n’a pas l’air de se réjouir, et a même une mine de plus en plus défaite, c’est cette jeune femme qui se trouve être la future grand-mère de Francis Huster.

Souffrant de nausée, elle sait bien que ce n’est pas un avant-goût du fameux
« mal de mer »… Alors, elle se retient autant que possible… Mais, à un moment, elle n’en peut plus. Et, à sa grande honte, elle se met à régurgiter tout ce que son pauvre estomac contenait. On s’affaire autour d’elle, on la presse de questions pour savoir ce qu’elle ressent.

À tous ces gens bien intentionnés, la jeune Russe finit par avouer son secret :
« J’attends un bébé… Je suis enceinte ! »

C’est alors que son mari, le futur grand-père, va prendre en un éclair une décision dont il pourra se féliciter pour le restant de sa vie : « Si c’est cela, on ne va pas faire la traversée maintenant : on reste ici ! »

Et voilà notre gentil couple qui redescend à terre, avec sans doute un peu de tristesse dans l’âme. Ils ont tort d’être tristes car ils ne seraient probablement jamais arrivés à New York. Et on imagine bien la stupéfaction de Francis Huster lorsque, faisant ses recherches pour nourrir sa future pièce consacrée à Horowitz, il a soudain découvert que ses grands-parents avaient bien failli s’embarquer… à bord du Titanic !

Ce paquebot naufragé dont, on s’en souvient, seuls 700 passagers furent sauvés sur 2 344. Or, comme ils n’étaient pas riches, ils auraient voyagé en troisième classe, et il y aurait eu vraiment peu de chances pour que nos Russo-Polonais fussent parmi les rescapés de la noyade.

S’ils avaient été engloutis par les flots, l’enfant que la jeune femme portait n’aurait jamais vu le jour… et Francis encore moins ! « Je suis là grâce au vomi de ma grand-mère ! » concluait-il, avec humour, ce jour-là sur Europe 1.

L’extraordinaire histoire révélée par Francis Huster semble tomber à pic
(à défaut de « couler à pic »), puisque Titanic, le film, fête ses 20 ans cette année. Le moins que l’on puisse dire, c’est que lui non plus n’a pas sombré, avec près de 150 millions de spectateurs à travers les cinq continents. Et s’il a provoqué une vague géante, c’est celle des billets verts ; bien moins dangereuse qu’un iceberg.

Le film a si bien marché que je propose aux producteurs l’idée d’un second, toujours autour du fameux paquebot : l’histoire des grands-parents de Francis Huster, avec Kate Winslet dans le rôle de mamie et Leonardo DiCaprio dans celui de papy. On fera sûrement moins d’entrées, mais comme ils n’ont finalement pas embarqué, ça coûtera moins cher en effets spéciaux.

Didier BALBEC

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