France Dimanche > Actualités > Francis Lalanne : “J’habite le vent et la route”

Actualités

Francis Lalanne : “J’habite le vent et la route”

Publié le 20 août 2015

Nous avons rencontré le chanteur � globe-trotter, Francis Lalanne, alors qu’il faisait escale à Avignon, le temps d’un spectacle, avant de reprendre son périple autour du monde…

Avant de parcourir le monde pour son Cyber Tour, Francis Lalanne se produit au festival Off d’Avignon dans De mémoire amoureuse. Pour France Dimanche, le chanteur parle de sa nouvelle vie, loin de la France et du show-biz.

France Dimanche (F.D.) : Parlez-nous de votre spectacle De mémoire amoureuse.

Francis Lalanne (F.L.) : C’est l’adaptation sur scène d’un recueil de sonnets que j’ai publié aux éditions Fortuna. Une introspection sur l’état de mon âme amoureuse durant les cinq dernières années. Je suis accompagné par deux violoncellistes, Jade Saget et Veronika Soboljevski. Cela m’a demandé beaucoup de courage de me mettre ainsi à nu. Dans le spectacle, je lis mes textes et chante mes chansons, accompagné par les deux musiciennes. Ce passage à Avignon est une pause qui m’aide à recharger mes batteries pour la suite.

F.D. : La suite, c’est le Cyber Tour ?

F.L. : Exact. Même si je sens bien que le métier a du mal à comprendre ce que j’essaie de faire. Je pars autour du monde à la découverte des minorités culturelles dont je veux rencontrer les artistes. On me filmera tout au long de ce voyage*. Je donnerai des cyber concerts. Après le Groenland, les prochaines étapes seront la Chine, pour chanter en shanghaien, et le Mexique, où je m’exprimerai en maya. J’ai financé une partie du projet, pour le reste, il m’a fallu faire appel au crowdfunding [le financement participatif, ndlr]. Les gens peuvent faire des dons sur le site. Je devrais aussi sortir un album en 2016. Il pourrait s’appeler Ce soir, je joue demain.

F.D. On vous dit SDF…

F.L. : Il faut arrêter avec ça ! Je ne suis pas SDF, je suis globe-trotter ! C’est vrai, je n’ai plus de maison, j’ai repris ma vie de bohème car mes enfants sont grands et je ne suis plus obligé d’avoir un domicile fixe. J’ai vendu tout ce que j’avais et donné de l’argent à des œuvres et à mes enfants pour leurs études. J’habite le vent et la route. Je ne veux plus rien posséder. On n’est pas fait pour vivre une seule vie.

LalanneF.D. : Ces dernières années ont été marquées par votre séparation avec Stella, la mère de vos quatre enfants.

F.L. : C’est difficile de parler de soi sans tabou. Dans De mémoire amoureuse, je me livre comme jamais. La rupture, c’est quand tu ne te sens plus en accord avec tes sentiments et que tu t’aperçois que l’autre est dans le même cas. Je suis arrivé à un tournant de ma vie. J’ai perdu ma maman en 2013 et le monde s’est écroulé. C’est comme si j’étais arrivé à la fin d’un cycle.

F.D. : D’où vos voyages ?

F.L. : Oui, je suis parti me perdre dans des déserts pour mieux me retrouver. C’est un chemin solitaire avec les choix sentimentaux que cela implique. Je ne suis plus dans la construction d’un couple. Je suis un homme qui marche seul. C’est une autre façon de voir l’amour.

F.D. : Vous voyez toujours vos enfants ?

F.L. : Bien sûr. Tous les deux mois, je vais passer deux à trois semaines au Canada, où ils vivent avec leur maman. On peut changer de route en restant unis. Quand tu veux te retrouver sur un chemin solitaire, tu ne peux pas demander aux autres de t’accompagner.

F.D. : Être à la fois populaire et solitaire, c’est compliqué ?

F.L. : Non, parce que les gens sont toujours bienveillants. Ça me fait plaisir de leur faire plaisir : quand on me demande une photo, je suis content. Quand tu veux être seul, c’est facile. Il y a toujours des endroits où tu ne rencontreras personne.

F.D. : À 57 ans, comment voyez-vous l’avenir ?

F.L. : Je suis au début d’une nouvelle vie. Une voix me parle et me dit : « Francis, fais-toi confiance et suis ton instinct. » Ce qui est dur, c’est d’être séparé des gens qu’on aime par la mort. Je suis orphelin. La vraie solitude, c’est la disparition des proches. Je pense notamment à Jean-Louis Foulquier, parti en 2013 [fondateur des Francofolies et découvreur de Francis, ndlr]. J’avais ma main dans la sienne quand il a quitté ce monde. Il marche à côté de moi, je ressens sa présence.

"De mémoire amoureuse". Jusqu’au 26 juillet à 23 h 30, au théâtre des Vents, à Avignon.
* À suivre sur www.francis-lalanne.fr

Benoît Franquebalme

À découvrir