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Francis Perrin : Révolté par les médecins de son fils autiste !

Publié le 17 août 2018

La diffusion du téléfilm consacré à ce drame familial, sur France 2, le 27 juin dernier, a été l’occasion pour Francis Perrin de mettre les choses au point.

Du jour où leur enfant a été diagnostiqué autiste, à l’âge de 3 ans, le comédien et son épouse Gersende ont eu à livrer un combat quotidien, non seulement contre ce mal, mais aussi face aux idées reçues qui lui sont associées.

Cette bataille, ils avaient choisi de la raconter en 2012 dans un livre témoignage bouleversant, Louis, pas à pas (éditions JC Lattès).


Son adaptation pour le petit écran, Presque comme les autres, a été rediffusée sur France 2, le 27 juin.

Dans cet ouvrage, le couple évoquait, entre autres, son déménagement près de Lille, en vue de se rapprocher du seul établissement pratiquant une méthode de soins adaptée à leur fils.

Mise au point aux États-Unis, et toute nouvelle en France à l’époque, elle repose sur la stimulation permanente des jeunes patients.

Or, ce traitement était loin d’avoir la faveur de la majorité des médecins et psychanalystes rencontrés par ces parents dévoués.

Comme si ceux-ci ne souffraient pas assez, eux qui avaient fait de leur fils leur priorité, ont dû endurer l’incompréhension, voire l’hostilité du corps médical à leur endroit.

Le téléfilm, lui, édulcore la violence de ces rapports.

C’est sans doute ce qui a poussé Francis Perrin à revenir sur le sujet dans une interview diffusée sur le site du magazine Télé-Loisirs.

Et ses propos traduisent à la fois le souvenir cuisant des odieuses attaques subies, mais aussi son indignation qui, semble-t-il, ne s’éteindra jamais vraiment à l’égard d’une certaine frange du personnel soignant : « On entend par exemple [dans le téléfilm, ndlr] un médecin dire : “Vous pouvez faire votre deuil de l’enfant idéal !”, explique le comédien, avant d’ajouter : en réalité, un ponte de l’hôpital Necker nous a annoncé : “Vous pouvez faire le deuil de votre enfant !” D’autres ont mis en cause la différence d’âge entre nous, le métier de comédienne de la maman et même ses cheveux roux. Gersende a été laminée. »

Et comme on la comprend, surtout lorsque l’on en vient à reprocher à une mère éplorée la couleur de sa chevelure, au nom d’une superstition remontant à l’Antiquité ! 

Ces « toubibs » ne semblent pas briller par leur bienveillance et leur psychologie ni par la pertinence de leurs arguments…

Gersende, même si sa légitime colère paraît apaisée, reproche pourtant aux dialogues de ce téléfilm d’être empreints d’une certaine mièvrerie : « Les parents d’autistes qui ont vécu cette expérience vont trouver ces répliques trop allégées. »

La retenue actuelle du couple s’explique sans doute par sa victoire sur tous ces prophètes de malheur, ces Cassandres au cœur de pierre.

Car Louis, né en 2002, va désormais beaucoup mieux.

Ce n’était pourtant pas gagné d’avance et, en 2016, dans Télé Star, Francis Perrin évoquait le souvenir de son aîné qui « s’automutilait, ne dormait pas, ne marchait pas, ne parlait pas. Il a fallu lui apprendre tout ça. »

À un moment donné, il l’avoue sans détour, l’acteur a craqué, plongeant dans l’alcool, tandis que sa femme tombait gravement malade.

Mais il n’a pas rejoint les 85 % de conjoints qui, confrontés à une situation similaire, quittent leur épouse ou leur compagne, la laissant seule avec leur enfant.

Et, à force de volonté, et avec l’aide des deux cadets de Louis, Clarisse et Baptiste, toute la famille est sortie de l’ornière.

« Aujourd’hui, il est autonome, on l’emmène partout, il est heureux, se réjouissait Francis dans ce même hebdomadaire. Le problème, c’est que cet accompagnement ne souffre d’aucune trêve. »

Espoir

La lutte ne finira donc jamais, mais ce papa de 70 ans n’est pas du genre à se démobiliser : « On le prépare dès aujourd’hui afin que son frère et sa sœur puissent mener leur vie », précisait-il encore.

Alors, si Louis est un adolescent presque comme les autres, Gersende est consciente des précautions nécessaires pour le protéger : « Louis sera sous tutelle, car même s’il est doué dans certains domaines, explique-t-elle, il est d’une naïveté et d’une gentillesse immenses qui en font une proie facile. »

Il n’empêche, cet enfant perdu dans son monde devient un homme qui pourra bientôt vivre sa vie.

Et c’est bien ce qui pousse ses parents à partager leur expérience, les joies comme les traumatismes, tout en militant au côté de personnalités comme Églantine Éméyé ou Marc Lavoine, pour aider tous ceux qui soutiennent les 650 000 autistes que compte notre pays.

Claude LEBLANC

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