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Franck Dubosc : Dévoré d’angoisse pour sa famille !

Publié le 14 octobre 2019

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© BESTIMAGE Franck Dubosc

Sa maman, Janine, sa sœur Corinne et ses nièces habitent près de l’usine chimique Lubrizol, dévastée par un terrible incendie.

«Tout va bien chez moi… jusqu’à quand ? », n’est pas le titre de son prochain spectacle. Cette question, l’humoriste l’a postée sur son compte Facebook, le 26 septembre dernier, accompagnée d’une photo, effrayante, mais hélas bien réelle. Sur le cliché, un énorme panache de fumée noire s’échappe d’un site industriel : celui de l’usine chimique Lubrizol, à Rouen. Si l’on ignore encore les causes du gigantesque incendie qui s’est déclenché dans la nuit du mercredi 25 septembre, on sait près d’une semaine après que le feu est maîtrisé, qu’il continue de diffuser dans toute la région, et même au-delà, jusqu’en Belgique, cendres, suie, doutes et angoisses…

Une catastrophe écologique qui touche intimement Franck Dubosc. L’enfant du Petit-Quevilly, commune située à moins de cinq kilomètres de Rouen, a une partie de sa famille qui habite toujours là-bas. Sa sœur, Corinne, ses nièces, et sa maman adorée, Janine, 85 ans, qui est, depuis des années, clouée sur un fauteuil roulant. Comment ne serait-il pas, à l’instar des milliers de personnes de l’agglomération rouennaise et de leurs proches, pétrifié de peur ?

Vingt-deux kilomètres de long et six de large, c’est la taille du nuage issu de la combustion du bâtiment et des produits hautement toxiques qui s’y trouvaient – qui a plané de longues heures au-dessus de l’usine classée Seveso, un bien joli mot pour désigner un site abritant des substances dangereuses… Un nuage chargé d’une odeur âcre, pestilentielle et qui, partout où il passe, laisse des traces inquiétantes comme en témoignent les clichés postés sur les réseaux sociaux par de nombreux Rouennais au lendemain du drame : pare-brise, fenêtres, mobilier de jardin, tous couverts d’une épaisse poussière noire, potirons du potager, dont la peau orange est striée de suie grasse, ou encore ces flaques irisées sur les trottoirs, comme celles que laisse une fuite d’essence ou d’huile…


Certes, le gouvernement et les autorités de la région ont aussitôt pris des dispositions. Ainsi, jeudi et vendredi, la plupart des établissements scolaires de l’académie de Rouen ont été fermés, comme de nombreuses administrations, transports et commerces. Un no man’s land hanté de fantômes bardés de masques, voilà à quoi ressemblait la préfecture de Seine-Maritime en ce triste matin de septembre…

Des équipes de professionnels ont tout de suite été envoyées pour nettoyer les lieux et de nombreuses analyses ont été ordonnées dans la foulée dont, bien sûr, celle mesurant la pollution atmosphérique. Les premiers résultats, annoncés samedi par le préfet de Normandie, Pierre-André Durand, se voulaient rassurants. à propos de la pollution de l’air, ce dernier a évoqué « une situation normale », hormis sur le site lui-même, où la présence de benzène avait été détectée. Des annonces qui n’ont hélas, pas suffi à rasséréner une population déjà échaudée par une catastrophe similaire, quoique de moindre ampleur, en 2013. Cette année-là, en effet l’usine avait connu une grosse fuite de gaz, heureusement non-toxique…

Les autorités ont beau se montrer sereines, les habitants eux s’interrogent. La situation est peut-être « normale », il n’empêche. Si l’eau a été déclarée potable, la récolte des cultures et des denrées alimentaires d’origine animale est depuis jeudi toujours interdite. Simples mesures préventives ?

Depuis jeudi aussi, les cabinets médicaux de la ville sont débordés. Les gens se plaignent de problèmes respiratoires, de maux de tête, de diarrhées et vomissements inexpliqués. Comme en témoigne Nicolas, médecin au CHU de Rouen, dans 20 minutes : « Les relevés et analyses communiquées par la préfecture n’ont mesuré l’air qu’à un instant donné et en seulement six lieux différents. Les odeurs restent envahissantes en ville. J’ai personnellement emmené mon fils chez mes parents en région parisienne tant que les explications apportées ne seront pas plus cohérentes. »

Delphine Batho, ex-ministre de l’écologie, déplore quant à elle dans Le Parisien « le “tout va très bien Madame la Marquise” [qui] est la pire des communications dans ce genre de circonstances. Les risques de pollution par les suies et les hydrocarbures sont loin d’être anodins. »

Ce lundi, Rouen offrait le visage d’une ville presque normale. Mais, l’ombre de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl et de son célèbre nuage resté bloqué aux frontières françaises plane dans toutes les têtes, dont sans doute celle de Franck Dubosc. Janine, Corinne et ses nièces font partie des milliers de personnes qui ont inhalé les fumées nocives de l’incendie. Elles étaient même aux premières loges, puisque Lubrizol est plus proche encore de Le Petit-Quevilly que Rouen…

Lili CHABLIS

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