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François Feldman : Avec Johnny, ils ont eu la même femme !

Publié le 18 février 2019

A ceux qui l’avaient déjà enterré, François Feldman entend prouver qu’il a encore de l’énergie à revendre. Au passage, il revient sur son étonnant lien avec le rocker.

L’inoubliable interprète des Valses de Vienne et de Joue pas semble, à 60 ans, retrouver une seconde jeunesse. Après un léger passage à vide de treize longues années, il a autoproduit l’an passé un album intitulé Vivant et entreprend une tournée qui démarre le 9 février à Bordeaux suivi de Marignane, Lille, Toulouse, Nantes… En pleine forme et plus motivé que jamais !

France Dimanche : Que devenez-vous, cher François ?
François Feldman : Contrairement à ce que certains pourraient penser, je n’ai jamais abandonné mon public, puisque je suis sur la route tout au long de l’année dans différents galas avec d’autres artistes de ma génération. Et si j’ai récemment décidé d’arrêter de participer à Stars 80, je démarre en ce moment ma propre tournée. J’en suis fier ! Je serai enfin seul sur scène avec mes musiciens, ainsi qu’une choriste pour les chansons en duo.

FD : Pourquoi avez-vous arrêté les concerts Stars 80 ?
FF : Avec 54 dates par an, ça me bloquait pour réaliser mes projets. Et puis j’en avais un peu marre. J’étais bloqué dans un mécanisme trop bien huilé. C’est assez frustrant de chanter toujours la même chose, à la seconde près. Je ne veux pas cracher dans la soupe mais, à la longue, j’avais ma dose. à force, j’en perdais mon identité. Or j’avais besoin de pouvoir m’exprimer librement. Cela devient une réalité avec mon nouvel album et la tournée qui s’annonce.

FD : à quoi vont ressembler vos concerts ?
FF :
J’ai prévu de chanter sept chansons de mon dernier album et, bien évidemment, les tubes qui m’ont rendu célèbre. Tout le monde pourra donc s’y retrouver. J’ai hâte d’y être ! C’est une belle victoire de pouvoir enfin jouer sur scène des chansons inédites. C’était loin d’être gagné. J’ai en effet eu beaucoup de mal à contacter mon ancienne maison de disques. Je tombais toujours sur une standardiste, personne ne voulait me prendre au téléphone… Un autre label m’a dit, sans avoir pourtant écouté un seul de mes nouveaux titres, que ça ne pourrait jamais passer à la radio. Jusqu’au jour où j’ai décidé de me débrouiller seul. Aujourd’hui, je gère tout moi-même. Mon disque est autoproduit, et en vente uniquement sur Internet (Amazon et Bandcamp).

FD : Quatorze années séparent cet album du précédent. Peut-on parler d’une traversée du désert ?
FF : Pas vraiment puisque je n’ai jamais vraiment arrêté de chanter. Mais il est vrai que j’ai clairement levé le pied. à cause notamment de problèmes personnels. La séparation d’avec ma compagne, les décès coup sur coup de ma mère puis de mon père m’ont littéralement mis à terre. J’ai mis du temps à faire mon deuil.

FD : Comment avez-vous réussi à remonter la pente ?
FF : Un jour, alors que je ne ressemblais vraiment plus à rien, une personne dans la rue m’arrête et me demande si je suis bien François Feldman. J’étais tellement maigre, tellement déprimé. Il semblait avoir pitié de moi et m’a demandé si j’étais malade. Ça m’a fait un électrochoc. Je vivais à l’époque à Paris et des amis m’ont mis en tête l’idée de venir vivre dans le sud de la France pour m’y ressourcer. J’y ai effectivement trouvé mon équilibre, loin de la grisaille parisienne. C’est là que je vis aujourd’hui, dans un environnement idyllique, non loin de Cannes.

FD : Vous semblez en effet aujourd’hui en pleine forme. Quel est votre secret ?
FF : A 60 ans, je me sens bien mieux qu’il y a vingt ans. à tel point que j’ai tendance à oublier mes années sombres. Aujourd’hui j’aime la vie et elle me le rend bien ! Il faut dire que je prends soin de moi. Si avant je fumais énormément, j’ai complètement arrêté aujourd’hui. Je fais attention à ce que je mange, diminué le sucre et je me suis mis à fond au sport : musculation, footing, tennis, ski nautique… Des séances d’environ deux heures, tous les deux jours. Je me couche et me lève aussi très tôt. à 22 h 30, je suis au lit ! Copine ou pas copine. Alors pour les câlins, c’est donc plutôt l’après-midi ! [Rires]

FD : Votre cœur est-il comblé ?
FF : Oui, je suis amoureux depuis trois ans d’une femme qui souhaite rester discrète. Vous ne saurez donc pas son prénom. Je peux juste vous dire que je l’appelle « bébé d’amour ».


FD : Avez-vous peur de vieillir ?
FF : Bien sûr, mais pas au point de faire de la chirurgie esthétique. Je suis coquet, mais sans exagération. Cela dit, quand je fais des selfies, j’essaie de faire attention à l’angle que je prends ! J’ai aussi cédé à l’opération des yeux pour améliorer ma vue. Je ne me voyais pas trop vivre avec des lunettes. Et puis, j’ai la chance de ne pas perdre mes cheveux, même s’ils virent de plus en plus au gris…

FD : Vous avez tourné le clip d’une de vos dernières chansons avec votre fille, Joy…
FF : C’était génial. On a filmé sur la plage, dans une crique près de chez moi. J’étais très content qu’elle accepte de jouer son propre rôle, dans le clip de la chanson Vivant. Elle a 28 ans et vit à Paris, on ne se voit malheureusement pas souvent. Elle est prof de français et se passionne pour la comédie. Je suis très fier d’elle. Elle vient de trouver un amoureux mais ne parle pas encore de mariage ni d’enfant. J’avoue ne pas avoir hâte d’être grand-père. Je n’ai jamais été papa-poule et je ne pense d’ailleurs pas l’être plus avec mes futurs petits-enfants…

FD : Vous êtes très actif sur les réseaux sociaux et postez régulièrement des photos de vous, seul ou avec des stars comme Annie Girardot ou encore Johnny Hallyday…
FF : J’ai rencontré Annie par hasard lors d’une cure thermale à La Baule dans les années 90. J’ai adoré cette femme. Je lui ai dit que je rêvais qu’elle tourne dans un de mes clips et elle a accepté. Je n’en revenais pas. Elle a joué le rôle de l’ouvreuse dans Magic Boul’vard. Elle est venue me voir quand j’ai fait Bercy en 1991. à ce même concert, Johnny Hallyday m’avait aussi fait l’honneur de venir. On se voyait à l’époque parce qu’il voulait que je lui écrive un album. Malheureusement, ça n’a pas abouti, je le regrette. Je lui avais notamment proposé deux chansons (Lou et L’amnésie) qui figurent dans mon nouvel album. Alors forcément, quand je les chante aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de penser à lui. Pour l’anecdote, Johnny a vécu quelques mois avec Caroline Gardel [dont le nom d’artiste est Fanny Gardel, ndlr], la maman de ma fille. Je me souviens être allé chercher Joy plusieurs fois chez lui, puisqu’elle vivait dans son appartement dans le XVIe arrondissement de Paris. Ça m’a d’ailleurs fait bizarre quand j’ai appris quelques années plus tard, qu’il avait baptisé sa deuxième fille adoptive du même prénom que la mienne. Il n’avait sans doute pas pu l’oublier…

Philippe CALLEWAERT

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