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François Hollande : Sa nuit en enfer !

Publié le 26 septembre 2021

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À l'occasion de l'ouverture du procès des attentats du 13 novembre 2015, l'ex-président de la république raconte pour la première fois, heure par heure, le cauchemar qu'il a vécu.

En cette soirée du 13 novembre 2015, François Hollande a pris place dans la tribune présidentielle du Stade de France à Saint-Denis pour assister au match de football opposant les Bleus à l'équipe nationale allemande. Son fils Thomas, féru de ballon rond tout comme lui, est aussi présent dans les gradins. Après un quart d'heure de jeu, à  21 h 17 très précisément, le président entend une détonation sourde.


Stade de France

Étonné, il pense alors, comme bon nombre de spectateurs qui assistent à cette rencontre amicale, qu'il s'agit d'un gros pétard ou d'une bombe agricole. Mais une deuxième explosion secoue le stade quatre minutes plus tard. Pour le chef de l'État, ça ne fait plus aucun doute : « C'est clair pour moi. Il se passe quelque chose de grave », se souvient François Hollande dans Le Parisien Week-end au cours d'une longue interview où il se livre sur ce cauchemar qu'il a vécu de l'intérieur.

Terrasses

Ce sont les deux premiers attentats suicides du funeste 13 novembre à Saint-Denis et Paris. Quelques minutes après, on lui confirme ce qu'il présageait. Alors que des kamikazes se sont fait exploser aux abords du stade, un carnage se déroule dans le centre de Paris. « Des terrasses sont prises pour cible. Je comprends que la France est attaquée… », confie François Hollande. Pétri d'angoisse, il doit se résoudre à abandonner Thomas pour se rendre au ministère de l'Intérieur, place Beauvau. « Mon fils Thomas est dans le stade, je lui dis d'y rester. Ici, le public ne craint rien. Je fais sécuriser les abords. Et je pars en voiture avec Bernard Cazeneuve. »

Bataclan

En chemin, il apprend que des terroristes sont entrés dans l'enceinte du Bataclan dans le XIe arrondissement de Paris pendant le concert des Eagles of Death Metal, un groupe de hard rock californien. Pour François Hollande, c'est un coup de massue d'une violence inouïe. « Je pense aussi à mes enfants qui auraient pu assister à ce concert de métal. Ils habitent dans ce quartier, et c'est la jeunesse qui était visée cette nuit-là. Il faisait tellement doux. »

23 h 55 . La mine défaite, le chef de l'État prononce une allocution en direct depuis l'Élysée, alors que l'est de la capitale est en proie à un véritable massacre. « Je n'ai pas de discours écrit, pas de prompteur, seulement deux trois phrases griffonnées sur un papier. Spontanément je lâche : “C'est une horreur”. »

Carnage

Un peu plus tard dans la nuit, alors qu'on l'informe du nombre de morts qui ne cesse d'augmenter – au total, 131 personnes périront dans ces attaques terroristes d'une rare barbarie –, le prédécesseur d'Emmanuel Macron convoque sans attendre un conseil des ministres, avant de déclarer l'état d'urgence. Malgré les larmes qui coulent sur les joues dans l'assistance, il déploie méthodiquement son plan de bataille. « En vingt minutes, l'affaire est entendue », se remémore-t-il comme si c'était hier.

Riposte

N'écoutant que son cœur, il prend la folle décision de se rendre au Bataclan, où l'assaut final a été donné par la BRI à 0h18, afin de soutenir les survivants de cette effroyable tragédie. Au péril de sa vie – des tueurs sont encore susceptibles de se trouver à proximité –, il remonte à pied le boulevard Voltaire jusqu'au Bataclan. Autour de lui, c'est le chaos. Sur le trottoir errent des cen-taines de rescapés en état de choc qui ont vu la mort en face. « Je vois encore des personnes abasourdies qui sortent de la salle. Je croise leurs regards hagards… Les couples se tiennent par le bras, ils se serrent, s'accompagnent mutuellement. Je les vois pleurer, courir, tituber… » Puis d'une voix blanche, il poursuit : « J'étais tellement concentré sur l'action à mener que je ne pouvais pas pleurer… »

Hommage

Mais lors de la cérémonie d'hommage aux Invalides le 27 novembre 2015, alors que Camélia Jordana, Yael Naim et Nolwenn Leroy chantent Quand on n'a que l'amour de Jacques Brel et que sont diffusés les portraits des victimes, il s'effondre : « J'ai été submergé par l'émotion. Comment ne pas pleurer ? Aujourd'hui encore, quand j'entends cette chanson, je repense à ce moment-là et j'ai la gorge nouée… » Le compagnon de Julie Gayet n'est pas près d'oublier sa nuit en enfer…

Valérie EDMOND

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