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Françoise Hardy : Elle veut mourir !

Publié le 6 mars 2015

Dans son dernier ouvrage, la chanteuse Françoise Hardy, de 71 ans, atteinte d’un � cancer � des ganglions, évoque la douloureuse épreuve de vieillir à laquelle elle souhaite parfois ardemment mettre un terme.

Françoise Hardy n’a jamais eu la langue dans sa poche, jamais cherché non plus à se faire passer pour ce qu’elle n’était pas. Ainsi à 18 ans, elle chantait sa solitude dans Tous les garçons et les filles ; aujourd’hui, à 71 ans, elle prend la plume pour raconter l’éprouvante réalité qui est la sienne et celle de bien des garçons et des filles de son âge !

Dans cet ouvrage, au titre bien choisi, Avis non autorisés…, sorti le 5 mars, aux éditions Équateurs, l’artiste laisse en effet parler son cœur. Un cœur meurtri, parfois désespéré, mais ô combien lucide !

« Maintenant que j’ai atteint cet âge dit respectable, vénérable ou avancé, je découvre à mon tour l’épreuve du vieillissement. C’est une telle dévastation à tous les niveaux que si la conscience en existait quand cet ultime passage obligé semble encore loin, personne ne souhaiterait mourir le plus tard possible. » Dès la première page, le ton est donné.

Bien loin de l’image d’Épinal de fringants septuagénaires profitant des joies de la retraite que l’on voit partout, pour l’égérie des sixties, vieillir est un désastre. Et assister, impuissante, à cette dégradation touchant aussi bien le corps que les facultés mentales, un supplice ! Surtout qu’elle est de santé fragile.

Dépendance

En effet, Françoise Hardy est atteinte d’un lymphome [cancer des ganglions, ndlr], diagnostiqué en 2004. Accepter la souffrance ? Oui, jusqu’à un certain point. Car au-delà, vivre devient une torture à laquelle l’artiste songe parfois à mettre un terme : « Actuellement, chaque fois que mon état de santé s’aggrave d’une façon quasi insupportable, je souhaiterais ardemment ne pas me réveiller, tout au moins que cela soit possible quand cet état empirera de façon encore plus handicapante et durable. »

Que pourrait lui inspirer sa peur manifeste de la dépendance ? Lorsque la douleur deviendra par trop intolérable, comment réagira la chanteuse ? Une chose est sûre, si, par malheur, celui qu’elle appelle, non sans humour « mon veuf imminent », Jacques Dutronc, partait avant elle, l’artiste n’y survivrait pas : « L’épreuve de sa disparition serait tellement au-dessus de mes forces […] qu’elle me précipiterait dans la tombe en même temps qu’on l’y mettrait lui-même ! »

Tombés amoureux en 1967, mariés en 1981, vivant chacun de son côté depuis des années, mais toujours profondément attachés l’un à l’autre, Françoise Hardy et Jacques Dutronc partagent ce même humour grinçant qui est la politesse des désespérés. Ainsi, chaque fois que le chanteur connaît des pépins de santé qu’il parvient finalement à surmonter, il fait à son épouse cette émouvante déclaration : « Désolé, ce n’est pas pour cette fois ! »

Un répit dont lui sait gré l’interprète de Message personnel : « Je ne cesse de m’alléger sur le plan matériel, alors que Jacques accumule un nombre incroyable de choses sans intérêt. Je n’aimerais pas me retrouver à devoir vider la maison de Corse de tout son barda », vient-elle en effet de confier à nos confrères du Journal du Dimanche.

Plus sérieusement, c’est moins son propre chagrin que celui de leur fils Thomas Dutronc, qui serait insupportable à Françoise Hardy si son « vieux mari » venait à mourir le premier : « Léguer à mon fils tout ce que je pourrai fait partie de mes priorités », écrit-elle. Comme sa mère, dans un ultime geste, l’avait fait pour elle et sa sœur. Sa façon d’exprimer tout l’amour qu’elle leur portait.

Nul doute que Thomas sait à quel point il compte pour sa mère Françoise Hardy. Reste qu’à tout héritage, il préférerait sûrement que celle-ci reste en vie le plus longtemps possible…

Lili Chablis

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