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Frank Michael : “Mon histoire avec Johnny”

Publié le 15 janvier 2018

Frank Michael, l’éternel amoureux, revient sur son
 amitié avec Johnny Hallyday et ses soucis avec des escrocs.

L’interprète de Toutes les femmes sont belles n’en finit plus de chanter l’amour et faire danser les foules. Son plus grand bonheur, à 70 ans, est de nous offrir son nouvel album, La Saint-Amour (Warner), tout en partant en tournée en 2018. L’artiste, qui a eu la douleur de perdre deux êtres chers en 2017 et vient d’être victime d’une arnaque, s’est confié sans détour.

France Dimanche : Avec la mort de Johnny que vous aimiez beaucoup, l’année 2017 se termine très mal…

Frank Michael : Oui, j’ai été très affecté. On s’était rencontrés au début de ma carrière, dans une émission présentée par Guy Lux, au cours de laquelle je lui avais remis deux disques d’or. Des années plus tard, il a composé une chanson spécialement pour moi. Un honneur d’autant plus grand qu’il n’a pas beaucoup écrit. Je n’oublierai jamais le jour où Michel Mallory, notre parolier commun, m’a présenté la mélodie que Johnny venait de composer en pensant à moi. J’ai immédiatement été séduit par cette musique, sur laquelle Michel a écrit un joli texte. C’est devenu Pour faire une chanson, qui figure sur mon disque Entre nous (2003). À cette occasion, j’avais d’ailleurs passé une merveilleuse journée avec Johnny, qui avait un très grand cœur. Sa disparition a été un vrai choc. On avait beau savoir ce qu’il endurait, on le croyait immortel.

F.D. : Vous êtes aussi meurtri par la disparition de votre maman adorée…

F.M. : Elle est partie le 17 février, après avoir souffert pendant de longues années de maladie d’Alzheimer. Pour rester près d’elle, j’ai raté de nombreux spectacles, comme en Australie ou au Canada. J’évitais de m’absenter. Lors de galas en Belgique ou en France, je m’arrangeais toujours, quitte à rouler toute la nuit, pour la retrouver au plus vite. Il y a d’ailleurs une chanson à sa mémoire sur mon dernier album, L’absence. Michel Mallory, qui me soutenait beaucoup dans cette épreuve, m’a envoyé ce très beau titre. J’étais en studio ce jour-là et, les larmes aux yeux, j’ai eu beaucoup de mal à l’enregistrer. Tous mes fans me la réclament lors de mes concerts.


F.D. : En parlant de vos fans, beaucoup sont aujourd’hui furieux d’avoir acheté des billets pour un de vos concerts à Orchies (Nord), le 14 janvier prochain, une date qui n’existe apparemment pas…

F.M. : Oui, et j’en suis catastrophé ! Mais, comme vous pouvez le voir sur mon site officiel, il n’y a jamais eu de spectacle prévu là-bas à cette date-là. Je suis victime d’une escroquerie, et ce n’est pas la première fois. C’est pourquoi je mets à nouveau mes fans en garde, comme je le fais souvent pendant mes galas : « Attention à ne pas acheter vos billets à n’importe qui et sur n’importe quel site ; passez par la Fnac, Ticketmaster ou directement par mon producteur, Enzo spectacles. » On a déjà eu droit une mauvaise blague de cet acabit il y a un an. Du coup, j’avais offert un spectacle pour réconforter mes fans escroqués et malheureux. Nous allons voir avec mon producteur ce qu’il est cette fois-ci possible d’envisager pour tous ces gens du Nord mécontents, ce que je comprends, bien sûr, car je sais que je suis très aimé et attendu là-bas. Mais je n’y suis vraiment pour rien…

F.D. : Vous sortez en moyenne un album par an, parfois deux, voire trois. Vous ne vous arrêtez jamais ?

F.M. : Non, j’aime être en studio, travailler en équipe, chercher, écrire, composer, échanger, modifier des arrangements qui font que, soudain, ça devient magique. Et j’adore être sur scène et partager toutes ces chansons avec mon public qui les reprend en chœur. Je peux avoir des trous de mémoire, on n’en saura rien ! [Rires.]

F.D. : Vous arrive-t-il de repenser au jeune homme que vous étiez, qui travaillait à l’usine ?

F.M. : Oui, bien sûr. Je me dis alors que j’ai eu beaucoup de chance, un merveilleux destin. Même si je rêvais de chanter, je ne m’attendais pas à tant de succès, à vendre plus de quinze millions de disques à travers le monde et faire autant de spectacles, de voyages… Mais, à 5 ans déjà, j’adorais monter sur la table de la cuisine pour faire le pitre. Et puis j’ai commencé la musique à 8 ou 9 ans. Dans la vie, je suis plutôt quelqu’un d’assez timide. Mais une fois sur scène, on est métamorphosé !

F.D. : Êtes-vous toujours fan de vitesse et de belles voitures ?

F.M. : Ah oui, c’est ma passion. Mais bien que j’aie des voitures puissantes, je ne roule jamais très vite, sauf sur des circuits, comme celui de Spa-Francorchamps, l’un des plus beaux du monde. Et là, je me fais plaisir ! Néanmoins, la police, et les douaniers surtout, ne manquent jamais une occasion de m’arrêter. Pas pour me verbaliser, juste pour me parler de ma voiture. La dernière fois, ils étaient deux et m’ont demandé de monter dans ma Ferrari. J’ai bien sûr accepté et ils étaient ravis. Ils m’ont laissé partir sans même me réclamer mes papiers.

F.D. : Il paraît que vous conservez tout ce que vos admiratrices vous offrent…

F.M. : En effet, j’ai trois annexes immenses, et je ne sais plus que faire de tout ce que je reçois sur scène. Ça devient inquiétant ! [Rires.] Je n’en reviens toujours pas, car ce sont souvent de magnifiques cadeaux : de somptueux bouquets de fleurs, des montres, des voitures miniatures de toutes sortes, des parfums, des écharpes, des chemises, des bouteilles de vin, de champagne, des disques d’Elvis et de Johnny. Ils savent que c’étaient mes deux idoles. D’ailleurs, il y a peu de temps, l’on m’a même offert une Harley-Davidson. J’ai vraiment un public fidèle et très généreux.

F.D. : Vous avez deux petits-enfants. Avez-vous réussi à leur transmettre votre passion pour la chanson ?

F.M. : Malheureusement, non. J’aurais pourtant adoré faire un duo avec l’un d’eux. Ça m’aurait beaucoup plu. J’y avais déjà pensé avec ma fille, Sandra, mais elle n’a pas la voix. Quant à Marine, 20 ans, et Marco, 14, ils préfèrent plutôt le foot et le vélo ! On se voit très souvent, car ils habitent tout près de chez moi. Et quand je suis en tournée, on s’appelle tous les jours.

F.D. : Quand vous êtes en tournée à l’étranger, vous chantez en français ou dans la langue du pays ?

F.M. : Comme ma pauvre petite maman n’est plus là, je vais pouvoir aller en Australie cette année, où je chanterai en français. Sinon, en Allemagne, je chante en français et en allemand ; en Espagne, en français, en italien et en espagnol. Mes fans adorent que j’interprète quelques titres dans leur langue.

Caroline BERGER

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