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Frédéric Beigbeder: Il a servi de cobaye !

Publié le 28 décembre 2017

Frédéric Beigbeder, l'écrivain fantasque connu pour ses excès, s’est lancé dans une aventure qui a radicalement changé sa vie.

On peut penser qu’écrire des livres est une activité de planqué, Et souvent, c’est le cas. Mais pour son dernier ouvrage, Une vie sans fin, qui sortira début janvier aux éditions Grasset, Frédéric Beigbeder a vraiment payé de sa personne. Il faut dire que l’écrivain avait une ambition de taille : faire le point sur les plus récentes découvertes en matière de longévité humaine. On entend en de plus en plus parler de techniques capables de prolonger notre durée de vie… indéfiniment ! Certains pensent même que très bientôt, ils pourront « tuer la mort ».

Dark Vador

Pour enquêter sur ce sujet brûlant, le romancier s’est rendu en Autriche, au centre médical de bien-être Viva Mayr, un endroit réputé pour rebooster les organismes mal en point. C’est « le lieu de détox préféré de Vladimir Poutine, Sarah Ferguson, Alber Elbaz et Uma Thurman », écrit-il.

Le terme « détox », dans cet établissement, signifie se nourrir exclusivement de légumes, en quantité réduite, purger ses entrailles avec du sel d’Epsom, subir des lavements du côlon, respirer de l’oxygène et diverses huiles essentielles, en passant par les cases yoga, sauna, hammam. C’est aussi suivre un traitement au laser de votre sang, un peu comme si Dark Vador devenait votre médecin traitant.

Le tout dans un lieu qui ressemble plus à un hôtel de luxe qu’à une clinique, situé dans un cadre idyllique, où les clients laissent de côté leur téléphone portable et, habillés d’un peignoir, mastiquent longuement leur betterave. Il faut préciser, s’il vous prenait l’envie d’aller vous affamer au bord du lac de Wörth, qu’il vous en coûterait quelque mille euros par jour.

Si Beigbeder s’est envolé en Autriche avec l’espoir de découvrir le secret de l’immortalité sans produire trop d’efforts, il a quand même été un peu surpris. À la place du restaurant VIP que le romancier s’attendait à trouver, il découvre « un réfectoire design qui sent la carotte fade, le céleri mou, le navet chiant, et la purée de pois chiches ». Il précise aussi que, régulièrement, un des convives quitte la table pour se ruer aux toilettes. Un effet du sel d’Epsom, connu pour ses vertus laxatives…

Mais si, jusque-là, l’auteur semblait s’amuser de la situation, une consultation va changer son humeur. Lors d’un examen destiné à détecter toutes les substances auxquelles il serait allergique, le couperet tombe : l’écrivain apprend qu’il est intolérant à l’histamine ! « Une substance qu’on trouve dans le vin vieux et le fromage qui pue. La vie est mal fichue : me voilà donc réfractaire à mes deux aliments favoris », écrit le noctambule. Mais ses déceptions ne se sont pas arrêtées là.

Après avoir trempé ses pieds durant cinq minutes « dans un bain de sel, muni d’une électrolyse bouillonnante », tandis que l’eau devenait marron, une opération supposée le débarrasser de ses toxines, il éprouve l’effet inverse et se sent « sali », avant même d’enchaîner par une nouvelle batterie d’examens : cette fois, on lui asperge la langue « avec tout un tas de poudres immondes », avant de lui prendre sa tension.

Et une nouvelle fois, le diagnostic n’est pas des plus réjouissants. Le foie gras, mets apprécié lors des fêtes, est cette fois sur le grill. Seulement, il ne s’agit pas de celui des pauvres canards et des oies gavés. Non. La doctoresse lui parle de son foie. C’est son organe à lui, trop nourri, qui est devenu « gras ». Nouveau coup de massue…

Cependant, à force de jeûner et de se ruer aux toilettes, Beigbeder reconnaît qu’il se sent « léger ». Et après s’être fait purifier le sang à l’aide de deux lasers de couleurs différentes, il voit la vie différemment.« Ma transsubstantiation en surhomme vient de démarrer », écrit-il pour conclure l’extrait de son livre qu’a publié Vanity Fair.

Nous devrons attendre le 3 janvier pour savoir si cette métamorphose est allée jusqu’à son terme. Si Beigbeder est devenu Superman. Si ce n’était pas le cas, il nous aura bien fait rire, et le rire est un des secrets d’une vie heureuse, sinon éternelle. 

Laurence PARIS

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