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Frédéric Deban : La série “Sous le soleil” ne lui a pas porté bonheur !

Publié le 4 avril 2016

Son personnage de Grégory lui a apporté la popularité mais pas la reconnaissance de ses pairs. Rencontre avec un quinqua, Frédéric Deban, qui a tourné la page.

Il ne se lasse pas de la popularité que lui vaut encore aujourd’hui le rôle de Grégory dans la série Sous le soleil, qu’il a tournée pour TF1 de 1996 à 2008. Frédéric Deban se prête même de bon cœur aux demandes d’autographes ou de selfies de ses admirateurs.

« Je suis toujours heureux de constater qu’ils n’ont pas oublié ce Grégory qui m’a occupé pendant dix ans », nous a-t-il confié quand nous l’avons rencontré à Paris, dans le quartier des Batignolles.

« À 51 ans, je dois passer à autre chose. Les beaux gosses, ce n’est plus pour moi. Je suis acteur depuis l’âge de 19 ans et je n’ai encore donné que 30 % de ce que je peux fournir. Avec ce livre [Sous le soleil… pas exactement ! éditions La Boîte à Pandore, coécrit avec le journaliste Dominique Lozac’h, ndlr], j’ai souhaité refermer la page de ces années d’ombre et de lumière. »

->Voir aussi - Frédéric Deban : Une terrible malédiction !

Il y raconte ses souvenirs de tournage et les confronte à ceux des interprètes qui ont partagé avec lui cette longue et belle aventure télévisuelle à Saint-Tropez. « J’y ai pris un certain plaisir. Avec l’équipe, les comédiens et les techniciens, je me suis même senti en famille », nous a-t-il révélé.

Certains sont devenus des amis. C’est le cas pour Roméo Sarfati, auteur de la préface. Ensemble, ils ont beaucoup ri, connu les mêmes angoisses, les mêmes chagrins, quelques déceptions aussi.

Articulé

Ils s’amusent encore de la rencontre de Frédéric avec la plus grande star française du cinéma, Brigitte Bardot. L’acteur a croisé sa route à deux reprises. La première fois, il circulait à moto près de la plage des Canebiers, située à dix minutes de La Madrague. Et ce n’est pas la Brigitte du film de Roger Vadim Et Dieu créa la femme, qui lui est apparue.

Au volant de sa Méhari vert caca d’oie, accompagnée de ses chiens, elle allait faire son marché. Et le fait que la série dérange ses habitudes l’a rendue furieuse. Alors que Frédéric a failli finir dans le fossé, pour éviter la collision, BB lui a lancé une réplique cinglante : « Connard, tu peux pas faire attention ? » bien articulée.

Lors de leur seconde rencontre, sur le port, près de chez Sénéquier, elle ne l’a pas raté non plus : « C’est pas Dieu possible, venir me faire chier à cent mètres de chez moi pour votre tournage de merde ! »

Dans un autre registre, tous les comédiens ont été un peu surpris par l’exiguïté des chambres réservées par la production dans une résidence de Port Grimaud, alors qu’ils tournaient dans des endroits luxueux. Et aucun d’entre eux ne s’est remis de la mort de Stéphane Slima qui avait partagé leurs soirées de folie.

Coup de gueule

Frédéric Deban profite aussi de son livre pour régler ses comptes avec lui-même. Il se remet en question avec lucidité et un vrai talent d’écriture. Il pousse un coup de gueule contre ceux qui ont affirmé que la série avait porté malheur à ses comédiens.

« On a parlé de malédiction après la mort de Stéphane Slima, la descente aux enfers de Mallaury Nataf. C’est faux ! Il n’y a aucune fatalité ! Avec les années, les gens changent, ils se marient, divorcent, ont des enfants, il leur arrive aussi de mourir, quoi de plus normal ? Il reste encore une chose qui me choque, c’est le mépris dans lequel le métier tient les comédiens qui tournent dans les séries télé. Ce ne sont pas des acteurs de seconde zone ! Et le public amateur de ces productions ne mérite pas non plus pareil ostracisme. »

Pourtant, bien qu’il s’en défende, la série ne lui a pas vraiment porté bonheur… Pour ne rien arranger, pendant la rédaction de cet ouvrage, l’acteur a dû mener un dur combat. En 2015, les médecins ont découvert chez lui une inflammation du labyrinthe (cavité de l’oreille interne). Comme elle n’a pas été diagnostiquée à temps, il est presque sourd du côté gauche, d’où il n’entend plus que 20 % des sons. Ce handicap est, hélas, irréversible !

Acouphènes

Écrire l’a sans aucun doute aidé à surmonter cette épreuve. Car, aujourd’hui, il en est réduit à lire sur les lèvres en attendant d’apprendre la langue des signes, et s’habitue difficilement à l’appareil que lui a prescrit son ORL. Mais il n’est pas du genre à renoncer.

« Je me prépare pour mes retrouvailles avec le public dans un spectacle en dix tableaux où je serai seul en scène. J’en ai rédigé six. Cela s’appellera Journal d’un malentendant et ses malentendus. Au mois de juillet dernier, j’ai participé à la lecture d’une pièce de théâtre en compagnie d’Albert Delpy, le père de Julie. Alors que j’ai l’impression d’entendre en permanence un tracteur dans ma tête à cause des acouphènes, pendant une heure et demie, ce jour-là, le bruit a cessé. Je suis impatient de me lancer dans cette nouvelle aventure ! »

Et, au lieu de pleurer sur son sort, Frédéric se sert de sa popularité pour aider les autres : pendant deux jours, Frédéric Deban a ainsi participé à un salon destiné aux sourds et malentendants à Reims. Un bel exemple de solidarité !

Dominique Préhu

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