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Frédéric François : “C’est le plus beau cadeau de ma vie”

Publié le 1 septembre 2019

Les larmes aux yeux devant sa maison natale qui porte désormais une plaque à son nom, Frédéric François se souvient du petit Francesco qui traversait son village à dos de mule.

Depuis quelques jours, le plus sicilien des chanteurs de charme a du mal à redescendre de son petit nuage. Le 19 juillet, Frédéric François a été accueilli comme un roi à Lercara Friddi, le village de Sicile où il a vu le jour. L’enfant du pays a été mis à l’honneur avec l’inauguration d’une plaque commémorative apposée sur sa maison natale. Tout comme Frank Sinatra, des années plus tôt ! Fredo nous raconte avec des trémolos dans la voix ces moments d’émotion qu’il a vécus aux côtés de sa femme et de ses deux filles.

France Dimanche : Qui a été à l’initiative de cet hommage ?
Frédéric François : C’est le maire du village qui m’a contacté en me disant qu’il souhaitait mettre en lumière ma carrière en tant que natif de Lercara Friddi pour avoir fait connaître mon village natal par-delà les frontières. Cela m’a bouleversé, et j’ai eu le trac, la boule à l’estomac la semaine qui a précédé. J’ai revu tout le fil de ma vie et les souvenirs d’enfance m’ont submergé.

FD : Quand vous avez quitté la Sicile pour la Belgique, vos souvenirs se sont effacés…
FF : On ne quitte jamais son enfance, d’où nous viennent nos souvenirs les plus réconfortants. Je me rappelle des parfums, des odeurs, de la campagne lercaraise, de l’abreuvoir de mon village, du lopin de terre de mes grands-parents et de leur mule dans les ruelles de Lercara Friddi. C’était une époque divine pour moi, celle de l’innocence. C’est ce qui constitue mon identité, mon patrimoine intime. Je reste à jamais l’enfant de ce village.


FD : Ce village de Lercara Friddi, quand l’avez-vous quitté ?
FF : La première fois, j’avais 1 an et demi. Mes parents aspiraient à une vie meilleure en Belgique qu’ils voyaient comme l’Amérique. Or, cet eldorado fut la mine. J’y suis ensuite retourné à plus de 4 ans car l’un de mes frères souffrait de problèmes respiratoires et pulmonaires, et mes parents avaient déjà perdu un enfant. Nous sommes donc retournés dans mon village car le climat y était plus clément, chaud et sain. Ma mère disait d’ailleurs à propos de la Belgique : « On est arrivés dans un pays où le soleil ne se lève jamais » [rires].

FD : Vos parents décédés ont dû être très présents lors de cet hommage…
FF : Ils auraient été si fiers de leur fils. Mon père clamait toujours au café du village que je deviendrais une star et tout le monde rigolait. Mais il avait pressenti en m’écoutant jouer de la guitare, mes prédispositions pour la musique…

FD : L’autre star du village, c’est Frank Sinatra. Ce n’est pas rien d’être associé à “The Voice”…
FF : Oui, ses racines sont les mêmes que les miennes. Il a sa plaque aussi. Je connais tout de lui. Je suis le deuxième artiste à être mis à l’honneur. C’est un cadeau du ciel incroyable. C’est historique dans une vie, un tel hommage.

FD : Comment s’est déroulée la cérémonie ?
FF : Il y avait une foule enthousiaste et immense, avec des visages connus, des tantes et des cousins, mais aussi des inconnus, des gens qui venaient de loin. Même de France et de Belgique. J’ai été véhiculé et escorté comme un président par les carabinieri. Le maire a alors fait un discours et a dévoilé la plaque commémorative où l’on peut lire : « Ici est né Francesco Barracato, le célèbre chanteur international Frédéric François, orgueil de Lercara dans le monde. » Quand est venu mon tour de prononcer un petit mot, je me suis écroulé en larmes tant l’émotion était forte et m’étreignait. Le maire m’a du coup serré dans ses bras. Ma fille Gloria pleurait encore plus que moi. Ce sont des moments inoubliables. Trop de souvenirs ressurgissaient. Je suis fier que mes deux filles et ma femme aient vu d’où je venais. C’est touchant de connaître cela de son vivant.

FD : Avez-vous revu votre maison d’enfance ?
FF : Oui, elle n’a pas changé. Le nouveau propriétaire n’a rien touché. C’est un Sicilien qui habite la Belgique. Cette plaque est la deuxième distinction que je reçois après celle de commandeur de l’ordre du Mérite de la République italienne.

FD : Vous fêterez vos 50 ans de carrière au Grand Rex le 12 octobre à Paris, puis commencerez une vaste tournée…
FF : Il faut que je me réveille ! Tout cela est d’autant plus magique qu’ils veulent désormais faire également un musée sur ma carrière avec des archives, des photos, des effets personnels… Pour moi, c’est l’apothéose.

Dominique PARRAVANO

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