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Frédéric François : "Jamais je n'oublierai le cri de souffrance de ma femme !"

Publié le 5 novembre 2010

Cela s'appelle la loi des séries. Alors que le chanteur Frédéric François retrouvait l'énergie de travailler sur son nouvel album, sa femme faisait une chute...

Avec un nouvel album, Chanteur d'amour et une tournée qui commencera à l'Olympia en février, Frédéric François est bel est bien de retour ! Pourtant, après une année difficile, le chanteur s'était déjà remis au travail quand sa femme a été victime d'un terrible accident...

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France Dimanche (F.D.) : À quoi ressemble ce nouvel album ?

Frédéric François (F.F.) : Il comporte douze nouvelles chansons, travaillées avec Jean Renard, auteur entre autres de Que je t'aime, de Laisse-moi t'aimer, excusez du peu... Il y a même une chanson offerte par mon ami Salvatore Adamo. On se connaît depuis quarante ans et c'est la première fois que ça se produit. Il m'a dit : « Elle t'irait à merveille !» Cette chanson s'appelle Me tourner vers le bonheur. À 20 ans, on veut décrocher la Lune, on oublie d'être présent dans des moments très forts. On tombe, on se relève grâce au public, et on se demande : finalement, le vrai bonheur, où est-il ? Le vrai bonheur c'est quand on est ensemble, en famille, avec les enfants. Cette chanson, c'est mon histoire et c'est aussi la sienne. Elle est écrite magistralement. Chanter ces paroles est un cadeau extraordinaire car pour mon père, Salvatore, c'était l'exemple de la réussite. Symboliquement, c'est très fort.

F.D. : On peut envisager que vous la chantiez tous les deux un jour sur scène ?

F.F. : Qui sait, cela serait avec plaisir !

F.D. : Cet album semble un peu plus mélancolique que les précédents...

F.F. : C'est pendant cette année de convalescence et de remise en question que j'ai fait toutes ces chansons. Il y a nécessairement des « couleurs » liées à cette période, peut-être un peu plus mélancolique, en effet.

F.D. : Rassurez-nous, comment vous sentez-vous maintenant ?

F.F. : Bien. C'est vrai qu'avec ce syndrome d'épuisement, j'ai vécu un choc psychologique. Mon âme a souffert et ça s'est manifesté dans mon corps. J'ai toujours peur, mais je suis à nouveau bien dans ma peau et je retravaille beaucoup. L'envie de chanter, d'aller sur scène, est la plus forte. J'espère que mes proches, qui restent toujours très inquiets, n'auront pas à en souffrir à nouveau. Promis, je vais faire attention ! D'ailleurs, dès que j'ai trois ou quatre jours, je vais me reposer au soleil.

F.D. : Pour quelle raison la sortie de votre album a-t-elle été retardée de près d'un mois ?

F.F. : Il est arrivé un drame que je vais vous expliquer en détail. Nous étions, je crois, le 28 juin, quelques jours après mes 60 ans. Une journée ensoleillée : on était en famille, tranquille à la maison. Je suis allé sur mon court de tennis pour le préparer avant de jouer avec ma fille Victoria. Tandis que je nettoyais les lignes, ma femme, une grande bricoleuse, se dit qu'elle pourrait tailler nos glycines. Elle a alors pris un escabeau, est montée dessus, et a commencé à poser des petits crochets pour attacher la plante. Moi, j'étais toujours en bas, sur le terrain de tennis, et soudain, j'ai cru entendre pleurer un enfant, comme si on le torturait. Puis j'ai entendu hurler Victoria : « Papa, papa, viens vite, maman a un problème !» Ce n'est qu'à ce moment-là que j'ai compris que les premiers cris n'étaient pas ceux d'un enfant, mais ceux de ma femme. Elle était tombée de l'échelle sur les dalles de la terrasse. Et c'est elle qui, à moitié dans les vapes, hurlait à la mort. Jamais, de ma vie, je n'oublierai ce cri sinistre. Jamais non plus je n'oublierai les yeux effrayés de Victoria fixant sa mère.

F.D. : De quoi souffrait-elle ?

F.F. : Trois fractures, dont une ouverte. Son pied était quasiment sectionné. Il y avait du sang partout, c'était horrible ! J'ai essayé de rassurer Monique, mais je tremblais à l'idée que ses cervicales aient pu être touchées. À l'arrivée des secours, les médecins ont calmé sa douleur avec des piqûres. Soudain, une terreur m'a traversé l'esprit : « Vous êtes sûr qu'elle respire ?», « Ne vous inquiétez pas », m'ont-ils répondu. Un peu plus tard, sur la route qui nous menait à l'hôpital, les ambulanciers ont subitement accéléré. Comme je les suivais avec ma voiture, j'ai à nouveau cru au pire...

F.D. : Comment va-t-elle aujourd'hui ?

F.F. : Mieux. Elle est restée hospitalisée une semaine. On lui a posé des vis et on lui a dit qu'elle ne remarcherait pas normalement avant six mois. Nous sommes en novembre, et elle commence à peine, après cinq mois, à s'appuyer sur des béquilles. Le reste du temps, elle est en chaise roulante. On est loin de voir le bout du tunnel. Son moral n'est pas toujours très bon. J'essaie de la rassurer. C'est la moindre des choses. J'espère qu'elle aura récupéré à Noël.

F.D. : On comprend mieux maintenant que ce drame ait chamboulé votre agenda...

F.F. : Cela n'a, au final, que peu d'importance. On reste dans les temps, l'album a pu sortir... Et, surtout, il plaît à ma femme. L'essentiel c'est qu'en février, Monique puisse venir me voir à l'Olympia !

Philippe Callewaert

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