France Dimanche > Actualités > Frédéric François : “Je partirai sur la pointe des pieds !”

Actualités

Frédéric François : “Je partirai sur la pointe des pieds !”

Publié le 20 décembre 2019

.photos:bestimage
© BESTIMAGE Frédéric François

À bientôt 70 ans, Frédéric François, cet éternel romantique, continue de vivre une relation passionnée avec son public.

Après cinquante ans de carrière, le cœur de l’interprète de Je t’aime à l’italienne bat toujours en rythme avec celui de son public. À 69 ans, il revient, comme toujours, la musique aux lèvres, avec un nouvel album collector, baptisée Juste un peu d’amour. Au programme : trois nouvelles chansons inédites, dont un duo avec Gabriella – la petite-fille de Linda de Suza –, et une tournée dans toute la France. Rencontre avec « la voix de l’amour », comme le surnomment ses admirateurs… 

France Dimanche : Vous sortez un album collector et commencez une nouvelle tournée !  
Frédéric François : C’est pour les fêtes de fin d’année ! Un CD et un vinyle à déposer au pied du sapin ! Et nous avons commencé ma tournée en célébrant mes cinquante ans de carrière au Grand Rex, à Paris. La salle était remplie. Il y a toujours une petite appréhension avant de monter sur scène… Je veux donner le meilleur de moi-même. J’ai d’ailleurs eu une très bonne surprise. Michel Drucker est monté sur scène et m’a félicité. Un message de Dave, Salvatore Adamo ou encore Hervé Vilard a également été diffusé… Je ne m’y attendais pas ! Le public était émerveillé. 

FD : Vous êtes-vous inspiré de votre vie pour ces nouvelles chansons ? 
FF : Je serais un surhomme si je devais vivre toutes les chansons que je chante ! Non, j’ai voulu raconter des histoires qui m’ont touché et qui parlent à tout le monde. La ligne directrice de cet album se retrouve dans sa première chanson, Juste un peu d’amour. C’est une main tendue vers les autres qui rappelle que le plus important dans la vie, c’est l’amour. On ne fait rien sans. Celui qui est seul, il n’a qu’une seule chose : un petit chien, un petit chat ou bien une bouteille de whisky ! 

FD : Quelle est la genèse de votre duo Me réveiller près de toi avec Gabriella ? C’est une chanson que vous aviez chantée seul dans votre précédent disque.
FF : Le chanteur se réveille un matin et se rend compte que c’est une chanson qu’il affectionne particulièrement. Alors, je me suis dit : « Pourquoi ne pas en faire un duo ? » Après tout, c’est un couple qui converse. La difficulté est qu’il fallait trouver une chanteuse avec la bonne tessiture de voix. Je voulais également une inconnue, pour lui tendre la main comme on l’a fait pour moi. Mon parolier m’a parlé de Gabriella. Elle a fait des essais et je me suis dit : « C’est elle. » Le plus drôle, c’est que je ne l’ai jamais rencontrée. Elle habite à Lisbonne, et les enregistrements se transmettent par Internet. Je connais juste sa voix, et cette dernière m’a fait dire : « Waouh, je prends ! » C’est après coup que j’ai appris qu’elle était la petite-fille de Linda de Suza. D’ailleurs, ça ne compte pas.


FD : Cinquante ans de carrière, ce n’est pas rien ! Quel est le secret de votre longévité ? 
FF : La première des réponses est : ne pas tricher, donner le meilleur de soi-même et ne pas se mettre à la mode pour « faire mode ». Mes chansons sont un point de repère dans la vie de mon public. Je suis un trait d’union entre la maman et la grand-mère… Et puis, la scène m’est vitale. À l’époque disco, tous les chanteurs ont été balayés. Cette distance avec mon public s’est traduite par des angoisses post-traumatiques [des crises de spasmophilie, ndlr]. J’ai tenu grâce à ma femme et mes enfants. À ce moment-là, je savais qu’il était important que je reprenne du poil de la bête pour redevenir le pilier de ma famille… Et finalement, la scène m’a rattrapé par le col ! Tant que j’aurai la passion, la voix, le public, l’inspiration et le physique, je continuerai. Et un jour, je partirai sur la pointe des pieds comme Frank Sinatra.    

FD : Il y a deux ans, vous avez été contraint d’annuler de nombreux concerts à cause d’un virus mal soigné. 
FF : J’ai fait l’erreur que font beaucoup de chanteurs. Prendre de la cortisone pour chanter malgré la maladie… Lorsque je suis rentré chez moi, je me suis écroulé. Chaque fois, je me persuade que je ne recommencerai plus. Chaque fois, je recommence. En fait, c’est tout bête : il faut avoir la force de reporter le spectacle et de dire non pour s’éviter des mois de tracas ! 

FD : Votre fils Anthony avait des problèmes de santé lors de votre concert anniversaire. Il avait perdu beaucoup de poids. Est-ce qu’il va mieux ? 
FF : Il va beaucoup mieux… Il m’accompagne à tous les spectacles ! Nous avons tous des problèmes de santé ! Une vie sans bobo, ce n’est pas possible. Je vais vous dire un truc : j’ai moi-même perdu six kilos. Ce n’est pas pour ça que je suis malade. 

FD : Cela fait quarante-neuf ans que vous êtes marié à sa mère, Monique. Comment va-t-elle ? Est-ce toujours l’amour fou ? 
FF : Elle va très bien ! Elle est fière et heureuse de faire partie d’une famille avec des valeurs. Avec le temps qui nous est donné, nous n’avons pas le temps de nous prendre la tête. Aujourd’hui, les gens se séparent pour un rien. Monique est un être intelligent et exceptionnel. Sans que je le lui demande, elle fait toujours ma valise avant mes tournées ou me demande si j’ai froid… À tel point que j’ai parfois l’impression d’être le cinquième enfant ! 

FD : D’ailleurs, que deviennent vos trois autres enfants ? 
FF : Chaque dimanche, ils viennent partager la pasta dominicale ! C’est une tradition. Gloria, l’aînée, est artiste peintre et participe au design de mes pochettes. Vincent est musicien, c’est lui qui s’occupe des orchestrations. Anthony travaille donc pour moi. Et Victoria, qui a fait des études de cinéma, réalise tous mes clips ! Tout ça n’était pas prévu. Je n’ai jamais voulu qu’ils travaillent avec moi. Si j’avais su, j’aurais aussi fait un manager ! [Rires.]

Julia NEUVILLE

À découvrir